Baz'art : Des films, des livres...

mercredi 27 octobre

Rencontre cinéma : Interview de la géniale Valeria Bruni Tedeschi, actrice toujours en mouvement !

 On en a longuement parlé lundi dernier: un des événéments cinéma de cette semaine, c'est assurément le nouveau film de Catherine Corsini, en sélection lors du dernier festival de Cannes, plongée en apnée dans un hôpital public en pleine déliquessence.

Parmi les comédiens que la réalisatrice a convoqué pour son film, Valeria Bruni Tedeschi trône tout en haut, offrant une prestation absolument ébourrifante de femme toujours dans l'excès, sans cesse au bord de la rupture et continuellement en mouvement, même immobilisée sur un brancard.

On a eu la grande chance d'échanger récemment avec elle au sujet de son rôle, et plus largement de sa carrière et de ses projets, et ce fut forcément un moment rare et précieux :

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Bonjour Valeria. J'ai eu la chance de voir La fracture et Les amour d’Anaïs quasi à la suite l'un de l'autre, et on peut dire que dans ces deux films, vous montrez une diversité étonnante de jeu avec deux personnages qui sont quand même complètement à l'opposé l'un de l'autre est-ce que cela qui vous plait particulièrement dans le fait de jouer: passer comme cela d'un rôle aussi différent d'un autre et ouvrir le curseur de toutes vos possibilités de jeu ?

Valeria Bruni-Tedeschi :  Oui, c'est évident, je trouve cela très excitant de faire des choses aussi différentes d'un rôle à l'autre.. 

Ce qui m'intéresse avant tout et ce qui me motive dans le choix d'un film,  ce sont en premier lieu les réalisatrices et réalisateurs qui ont une vision du monde puissante qui m'interpelle, mais en effet pouvoir jouer successivement deux personnages aux énergies aussi opposées, c'est quelque chose qui me plaisait bien...

J'ai tourné ces deux films très proches l'un de l'autre, c'était donc assez amusant de pouvoir jouer l'un et son parfait contraire dans un seul et même élan...valeria

Pour La fracture, j'ai cru comprendre qu'en raison du confinement,il n'y avait eu presque pas de préparation, Vous êtes quasiment entré dans l'arène de ce tournage, sans filet, n'est-ce pas ? Est-ce quelque chose qui vous plait dans l'absolu de travailler dans cette sorte d’urgence ? 

 C'est vrai  : on a fait une ou deux lectures préalables, mais aucune répétition pour ce film. 

Pour savoir si cela vous plait, je vous dirais que cela dépend vraiment du film : pour certains, je trouve que c'est important d'avoir une préparation solide en amont et pour d'autres ou l'insécurité convient pas mal...

Sur certains films,  il m'est arrivé de ne pas trop apprendre mon texte pour me sentir pas très confortable, afin d'être en phase avec le personnage, alors que sur d'autres,  je connaissais ma partition au cordeau car le rôle appelait cela.

Chaque film, chaque travail demande une méthode particulière à mon sens...

Et pour La fracture, vous le connaissez bien votre texte ? Le film donne tellement l'impression d'être parfois si improvisé que rien ne semble vraiment figé dans le marbre.

 Si si, je connaissais très bien mon texte sur le film de Catherine,

Vous savez, le texte était très précis, très bien écrit : les rares improvisations qu'il a pu y avoir étaient à la fin des scènes, mais quand tout le reste avait été parfaitement calé avant.

On se sentait le droit d'improviser tout en restant bien dans les rails du texte.

Si on avait des choses à proposer pour améliorer tel ou tel dialogue, on se sentait parfaitement accueillis par Catherine pour pouvoir le faire.

Ce rôle me semble d'autant plus particulier à jouer que Raf, que vous incarnez est directement inspirée par la réalisatrice. Vous jouez une sorte d'avatar de Catherine Corsini,  si j'ose m'exprimer ainsi. Est-ce quelque chose qui vous stimulait pas mal, d’avoir à composer un personnage qui prenait à la fois un peu de vous et un peu d’elle ?

Oui, tout à fait... Réaliser une sorte de travail de mimétisme n'est pas quelque chose qui me déplait.. ( réfléchissant) ..et en même temps, je ne l'ai pas fait tant que cela, il me semble. 

Certes, on l'a fait physiquement : je me me suis rapprochée de l'apparence de Catherine avec les cheveux foncés, courts, ou bien en empruntant sa façon de s’habiller.

Et puis les répliques étaient écrites par elle, les mots lui ressemblaient :  cela me semblait assez naturel d'avoir un peu son phrasé. 

Mais je n'ai pas travaillé en me disant sciemment que j'allais imiter Catherine.

Peut-être qu'en fait,  le mimétisme est quelque chose qui vient naturellement.

Autant l'imitation ne m'intéresse pas, autant le mimétisme, lorsqu'il est organique, qu'il vient de façon instinctive, je trouve cela très intéressant.

 Ce qui est formidable avec votre prestation dans le film c'est que vous êtes immobile, car sur un brancard environ 90% du temps, et vous arrivez à insuffler un sentiment de mouvement permanent…Est-ce que parce que vous êtes metteuse en scène vous même que vous savez mieux qu'une autre comédienne, comment mettre de la vie même dans des moments d’immobilité ?

Immobile, oui,  je le suis souvent dans le film, mais comme vous avez vu le film vous savez qu'on peut tomber d'un brancard (rires).

Pour répondre plus sérieusement à votre question, peut être que oui, je ressens, de par mon expérience de mise en scène des choses de façon assez naturelles : je peux proposer des positions différentes pour éviter cet immobilisme, c'est possible...

Même quand on reste dans cette position allongée, on a envie que les choses évoluent ,on a envie d'être surpris, et même de nous surprendre nous-même.

 En tant qu'actrice, je n'ai pas envie de me retrouver dans la même position, donc tout changement est bon à prendre et à proposer.

Ici, il était important de se rasseoir, se relever, tomber, s'éloigner du brancard autant que possible  : tenter de marcher, mais en même temps,  tout ce que je vous dit était écrit dans le scénario initial

Sincèrement,  je ne pense pas réfléchir en tant que metteuse en scène lorsque je suis simple actrice pour une réalisatrice.

J'aime bien l'idée d'être à disposition de la metteuse en scène et de ne pas vouloir amener un point de vue de metteuse en scène.

Si propositions il y a pu avoir de ma part, c'était plutôt celles d'une actrice, qui en raison d'un certain nombre de films que j'ai pu faire, sent un peu mieux les choses.

Je parle de la façon d'évoluer, de se positionner, ou de comment faire évoluer la scène dans les répliques et les émotions  pour  en l'occurence, faire avancer la scène et éviter le surplace.

Tout cela, avec le temps, on l'a intégré plus ou moins malgré nous, si je peux dire ( sourires).

Et le côté caméra à l'épaule de la mise en scène de Catherine Corsini, très immersive, c'est quelque chose qui vous a séduit  dans le projet ?

Oui j'aime beaucoup,  ca met constamment en éveil..

De toute façon, pour ce film là, et pour ce sentiment d'urgence qu'elle voulait donner à cette plongée dans l'hôpital , il était important de trouver le bon tempo, le rythme adéquat, et cela passait par cette mise en scène là.

Photo 9 LF © CHAZ Productions

 Dans "la Fracture", "Les amours d’Anaï"s, mais aussi dans le très beau mais sous-estimé "Seules les bêtes" de Dominick Moll, vous incarnez des femmes qui aiment les femmes. Est-ce lié au simple hasard de vos choix de rôles ou est-ce que cela dit quelque chose de vous à ce moment-là de votre carrière ?  Est-ce qu’à vos yeux ce ce sont des personnages, qui sont dramaturgiquement plus forts que les personnages hétéros ?

Je pense que rien n'est coïncidence dans la vie et que tout fait sens.

Donc il doit y avoir un sens dans ce constat là, mais je ne sais pas précisément lequel... 

Il se trouve qu'on m'a proposé de jouer des personnages amoureux de femmes trois fois de suite.  

Même quatre, si on compte dans le lot la pièce Les larmes amères de Petra von Kant.

Pour moi, cela ne change absolument rien, c'est une histoire d'amour qu'on me propose , ce sont simplement des femmes qui vivent des histoires d'amour, que ce soient avec des femmes ou avec des hommes importent bien peu ...

Après,  pourquoi les metteurs en scène me proposent ces personnages-là,  pourquoi je renvoie cela à leur yeux à ce moment de ma vie, je peux, comme vous le faites, me poser la question.

Dans ces cas-là vous ne questionnez pas pas les réalisateurs? Vous préférez laisser faire l'implicite?... 

Je les questionne, si, mais je n'ai pas forcément de réponse satisfaisante à mes yeux (rires).

En tout cas,  je vous le répète, cela ne change rien à mes yeux dans ma façon de jouer ces personnages là...

Peut-être d'ailleurs que je devrais plus le prendre en compte, jouer ce genre de personnages différemment travailler l'homosexualité mais non avec les trois comédiennes de ces trois films je n'ai joué que la question de l'amour et du désir et j'aurais travaillé exactement de la même façon avec un partenaire masculin.

Pour moi ce sont des objets d’amour, c'est tout ! 

A ce propos, le personnage de Raf de la Fracture est vraiment formidable car elle est passionnée et on lui passe tout, ses agacements, ses crises d'angoisse : c'est un personnage tellement plein de vie et  surtout jamais blasée...

Oui, tout à fait, merci de l'avoir remarqué (rires)...

Quand on est passionnée comme cela et qu'on est sincère dans son amour, on est pardonnée pour toutes ses excentricités et ses égarements.

Ce que j'aime beaucoup dans ce personnage, c'est son côté sans filtre, son lâcher prise permanent, cela, on peut se l'autoriser au cinéma et pas toujours dans la vie (sourires).

J'ai vu que vous ce personnage de Raf, vous avez trouvé des réminiscences avec certains de vos autres personnages, comme celui que vous jouez dans Folles de Joies de Paulo Virzi ou bien  encore votre premier grand rôle, celui des gens normaux n'ont rien d'exceptionnel de Laurence Ferreira Barbosa...c'est quelque chose que vous aimez bien faire, tisser des passerelles entre vos personnages à travers les films et les époques ? 

  Cela me plait bien, en effet...comme si j'étais la grande sœur ou la mère d’un des personnages...

Ce sont des sensations, ce n'est pas un pas un travail intellectuel purement réfléchi, mais plus de l'ordre du sensitif.

Sur le film de Laurence, même si ce n'était pas mon vrai premier film, puisque j'avais tourné Hôtel de France avec Chéreau, il y avait quelque chose d'une grande responsabilité, celle de porter un film entièrement sur ses épaules.

Il fallait le faire avec une énergie que je n'avais pas connu jusqu'à alors : un mélange de joie, de désespoir, de vitalité et que j'ai un peu retrouvé sur le film de Catherine Corsini. 

Je me suis sentie comme à nouveau jeune et c'était très plaisant.

Il y a quelque chose de profondément juvénile dans le fait de courir après quelqu’un qu’on ait 20 ans ou 50 ans, c'était quelque chose de profondément joyeux !

Et dans les questionnements plus politiques du personnage, et notamment dans le fait que les manifestations d'aujourd'hui sont plus violentes et moins passionnelles que celle qu'elle a connu à l'époque, vous pouvez aussi vous retrouver ? 

Oui, disons que ce qui m'interpelle c'est son absence de profondeur dans ses pensées sur ce ce qu'il se passe autour d'elle...

Elle reste un peu trop focalisée sur son nombril et ça, moi aussi, je peux parfois m'y retrouver ( sourires)... 

J'ai pu ainsi me tourner en dérision, de creuser un peu cette sorte de honte de ne pas assez réfléchir à ces questions-là..., de ne pas plus les mettre au centre de ma vie. 

Je ne mets sans doute pas assez d'énergie dans toutes ces questions politiques et sociétales, et tourner dans ce film m'en a un peu fait prendre conscience.

Disons que cette honte que j'ai pu ressentir, j'en ai fait cadeau en quelque sorte à mon personnage ...

Ma nullité en la matière a permis d'apporter le rire:  je pense donc cela a servi au moins à quelque chose (rires). 

Le cheminement de Catherine Corsini est un peu le même que le vôtre, puisqu’il y aussi beaucoup d'elle dans ce personnage, et dans ce détachement par rapport à la politique, non ? 

Ah, je pense que sur ce sujet, elle est bien plus politisée que moi.

D'ailleurs, c'est un film qui porte une vraie portée politique et la politique revet une grande importance dans sa vie et dans son œuvre, pour le coup ! Pour moi aussi, sans doute mais d'une façon bien moins réfléchie...

Jouer dans ce film m'a fait prendre conscience que le vrai problème est dans le fait que ces personnes ont le sentiment de ne pas être entendu...

Le film parle vraiment de cela, de gens qui ne sont pas entendus que cela soit au regard de la société, ou au niveau amoureux. 

A mon sens, s’il y a quelque chose à retenir du film c'est de se dire que ça serait pas mal d'écouter et d'entendre les protestations des autres...  

Vous donnez la réplique à la formidable Aïssatou Diallo Sagna qui est soignante dans la vie et non comédienne. Est-ce que le fait de jouer avec des non professionnels est quelque chose qui vous séduit, notamment car cela vous aide à sortir de votre zone de confort ?

Ah oui c'est très fertile, je trouve cela merveilleux dans les deux sens.

D'ailleurs, dans les films que je réalise aussi j'essaie aussi de mélanger comédiens professionnels et non professionnels.

Pour les non professionnels je trouve que c'est pas mal de se confronter à des comédiens car ils peuvent s'agripper à quelque chose.

Alors que pour le comédien professionnel, cela pousse celui-ci à trouver une sorte de vérité absolument bénéfique, c'est aussi le cas lorsqu'on joue face à des enfants.

Vous avez mentionné le nom de Patrice Chéreau, je ne peux pas m'empêcher de vous poser une petite question sur le film que vous êtes en train de réalisez les Amandiers, sur l'école que vous avez suivi à Nanterre... D'où vient ce désir de vous replonger dans vos années de formation ?

Les Amandiers, c'est le titre de travail car on est en plein tournage : je ne sais pas si on va conserver ce titre qui est encore provisoire ...

C'est un ami à moi,  le réalisateur et comédien Thierry de Peretti, qui m'a plusieurs fois conseillé de faire un film sur cette école, plusieurs fois j'ai refusé j'ai même  détourné  viollement les yeux sur cette idée. Il n'était pas entendu pour  rebondir sur ce qu'on vient de dire ( rires).

Et un jour en y réfléchissant à nouveau à l'idée, j'ai trouvé que c’était une évidence:  j'avais une vraie nécessité et un réel besoin de faire ce film.

J'éprouve ainsi  beaucoup de gratitude envers Thierry de m'avoir donné l'idée et surtout d'avoir donné le droit de le faire!

Vous avez besoin, vous, Valeria Bruni Tedeschi, que des personnes vous donnent le droit de faire des films ? 

 Non pas toujours, je vous rassure (rires)...

Mais là par rapport à Chéreau, j'avais besoin qu'on m'autorise...

Et d'ailleurs Thierry n'était pas le seul dont j'attendais cette permission. Il y a aussi Pascal Grégory, forcément très attaché à Patrice Chéreau, qui a lu le scénario et qui m'a répondu dans une lettre que j'ai trouvé bouleversante et très importante dans mon cheminement personnel.

Là encore , ce fut quelque chose de très précieux pour moi qui m'a poussée à me lancer corps et âmes dans ce projet...

Bon je ne vais pas vous questionner plus sur ce film car le tournage n'est pas encore fini : j'espère avoir l'occasion de vous en reparler...Merci beaucoup chère Valeria et ravi d'avoir pu échanger un peu avec vous ! 

 

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Le bal des folles, le roman graphique d'après le roman best seller de Victoria Mas

 

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J'ai beaucoup entendu parler du roman Le bal des folles au moment de sa sortie mais je ne l'ai lu à l'époque.

Au moment où l'histoire est portée à l'écran (pas au cinéma mais sur la plateforme Amazon Prime Vidéo) par la comédienne et cinéaste Mélanie Laurent, une bande dessinée adaptée du roman est aussi  publiée. 
C'est par ce support que j'ai suivi l'histoire de ces femmes dites folles.
A l'époque, c'est à dire à la fin du XIXème siècle, on est ainsi diagnostiquée qu'on soit épileptique, hystérique (encore aujourd'hui dès qu'une femme crie trop fort, n'est elle pas traité d'hystérique ?), maniaque ou comme c'est le cas de l'héroïne qu'on ouvre un peu trop sa bouche pour dire des choses qui paraissent insensées.
Bien-sûr ce qui frappe avec notre regard contemporain c'est la façon dont la femme est objectivée sous prétexte d'être folle.
Examinée sous toutes les coutures sans respect et comme si elle n'était qu'un cas et pas un être humain; utilisée comme cobaye par la médecine et en particulier par Charcot; et plus choquant encore déguisée et moquée, livrées comme des esclaves au regard du Tout-Paris (celui des puissants et des riches) lors du bal des Folles qui a lieu à la carême.

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Je ne pourrais pas me prononcer sur ce que cette adaptation illustrée apporte au roman initial mais j'ai beaucoup aimé le parti graphique des autrices : proposer des dessins comme des aquarelles pour mettre en lumière une facette de l'histoire pas particulièrement connue. 
le bal des folles bande dessinée bd albin michel véro cazot arianna melone victoria mas Salpêtrière
Impossible de ne pas penser à la façon dont les hommes ont toujours pensé qu'ils avaient le droit de contrôler le corps des femmes. La lutte pour le droit à l'avortement toujours d'actualité en est un des exemples. 

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Un roman graphique  écrit et dessiné par Véro Cazot et Arianna Melone. ALBIN Michel

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mardi 26 octobre

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête : Gilles Paris sonde les affres d'une adolescence tourmentée

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 . "Et tous ces vilains petits boutons qui s'éparpillent un peu partout, surtout sur le visage, qui nous font presque regretter toutes les sucreries dont on est maboul. Les percer revient au pire, ils grossissent, tournent au violet et se voient encore plus. Et cet air dégingandé, qui se veut super cool, alors qu'on ne sait pas où poser nos pieds et encore moins se tenir debout, ne sachant pas quoi faire de nos bras qui se balancent, un peu comme ceux d'un singe."

On avait laissé le romancier Gilles Paris avec son témoignage émouvant et sincère sur la maladie qu'il a connu, on le retrouve en cette rentrée avec un roman  jeunesse  qui s’adresse également aux adultes, Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, paru chez Gallimard depuis le 09 septembre dernier .

Le nouveau roman de Gilles Paris commence par une séquence très éprouvante : la jeune Iris est retrouvée pendue parce que ses camarades de classe la harcelaient…

Tom, Emma, Sarah, Timothée, Solal, Aaron et les autres ont désormais en eux  le poids de la culpabilité de leurs actes, de leur de leur inaction, de leurs silences respectifs.

Car tous les personnages ont une part de responsabilité dans ce drame terrible ; conséquence directe du harcèlement.

Gilles PARIS décrit ainsi une  histoire forte et sans fioriture d’adolescents confrontés au harcèlement, à la violence, à l’abus des réseaux sociaux et à leur sexualité naissante. 

Ces  jeunes de 15 ans  multiplient les partenaires et les expériences sexuelles et l'auteur décrit cette valse des sentiments dans un rythme enlevé , une langue très contemporaine et quelques  touches d’amour et d’amitié.

 De ce portrait choral d'adolescents en perdition, on ressent beaucoup de vrai et une belle finesse dans l’analyse des sentiments sur les tourments et les bouleversements de l’adolescence!

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Rencontre avec Lucie Cariès , réalisatrice du film Trintignant par Trintignant ( film inclus dans l'article )

 

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Lucie Cariès est réalisatrice de documentaires depuis une vingtaine d’années.

Elle explore notamment la création théâtrale, la psychologie et la politique.

En témoignent ses films comme La Vie de la troupe (1999) ou La Mémoire en miettes (2006).

On l"a rencontré lors du dernier festival Lumière pendant la présentation de son beau documentaire sur Jean Louis Trintignant .

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Mais qui est vraiment Jean-Louis Trintignant ? Lucie Cariès, épaulé par Yves Jeuland, qui devait réaliser le film avant d'être appelé ailleurs, notamment sur son récent film sur Yves Montand,  tente de répondre à ce mystère par l’autoportrait.

Elle laisse le soin au comédien de se dévoiler au travers de nombreux extraits de conversations dans lesquelles il se confie parfois à cœur ouvert.

Par un savant travail de montage de ses confidences et de séquences issues de ses partitions parmi les plus célèbres, la cinéaste Lucie Carriès invite chacun à se forger sa propre opinion.

« En me plongeant dans ses archives, je me suis rendu compte qu’il avait été interrogé un nombre de fois incalculable à différents moments de sa carrière. Il paraissait naturel de lui donner la parole et que sa voix accompagne le spectateur. Bien sûr, on ne sait jamais vraiment à quand il est totalement sincère et à quel moment il nous promène un peu », 

Pour illustrer son insondable ambivalence, le documentaire rappelle notamment que c’est au cœur d’une tragédie personnelle, la mort de sa fille cadette Pauline à la veille du tournage du Conformiste, de Bernardo Bertolucci (1970), que Jean-Louis Trintignant va puiser l’essence de ce qu’il considère encore aujourd’hui comme son plus grand rôle. Celui qu’il choisira tout du moins pour révéler à l’écran toute sa complexité d’homme.

« Dans cette archive-là, il est d’une franchise folle et se met complètement à nu », estime Lucie Cariès. « Le tournage du Conformiste a constitué le pivot de sa vie ».

Il faut savoir que la réalisatrice, s’est également entretenue avec l’acteur en 2019 lors d'un festival de théâtre à Uzes, afin de  « créer un dialogue entre le Trintignant d’hier et celui d’aujourd’hui ».

"Si il est aujourd'hui dans une phase un peu amère dans lequel il a tendance à renier l'immense acteur qu'il fut, il conserve encore pas mal de fulgurance et de lucidité sur son oeuvre et la trace qu'il a laissé derrière lui"

Dans le cadre de cet entretien, on  vous propose le film grâce à arte, il est disponible jusqu'en avril 2022 :

 

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Propos recueillis le 12 octobre dernier lors du dernier Festival Lumière 

 

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Le Sniper, son wok et son fusil : un polar d’espionnage plaisant & gourmand!

  

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  «  Les oreilles ! disait Tête-de-fer. Il n’y a pas deux personnes dont les oreilles soient identiques.

 – Les oreilles ? Ce ne sont pas les empreintes digitales qui sont toutes différentes ? »

Face à Tête-de Fer, on était uniquement censé crier «  Oui, chef ! ». Mais il avait eu un doute et l’avait exprimé.

« -Gros malin. Comment tu vérifies les empreintes de ta cible avant de tirer ? ».

 Cadavres à Taïwan et périple meurtrier en Europe. Une enquête et une course poursuite sanglante qui pourrait bien être au centre du même imbroglio politico-financier.

Le surintendant Wu, policier à dix jours de la retraite, se serait bien passé de la découverte d’un militaire « suicidé »dans une chambre d’hôtel et d’un autre corps rejeté par la marée sur la plage des Perles des Sables.

 Wu ne sera pas au bout de ses surprises, Ai Li, sniper taïwanais de retour d’une mission en Europe qui a plutôt mal tournée, va bientôt croiser son chemin.

Quand un flic opiniâtre, rencontre un  tueur à gage maitre queue, il va y avoir forcément du cauchemar en cuisine chez la  grande muette Taïwanaise.

Wu et Ai Li vont  se retrouver mêlés à un scandale militaire autour d’un conflit d’intérêt dans l’achat de sous-marins américain par la Chine. Tiens, tiens l’actualité a-t-elle rattrapé Chang Kuo-Li ?

Militaire intègres ou corrompus, tueur à gage manipulé, tout cela fricassé dans le grand wok du secret défense, mais il y aura aussi la recette de riz sauté dans un restaurant touristique des Cinque Terre et un très instructif cours d’idéogrammes mandarins.

Chank Kuo-Li, qui s’est souvenu de l’affaire de la vente des frégates à Taïwan par la France au début des années 90, nous embarque dans un polar d’espionnage rythmé, plaisant, gourmand et surtout très dépaysant.
Il nous livre un polar vraiment sympathique, un peu vintage peut être, mais qui a l'élégance de ne pas trop se prendre au sérieux et qui nous ballade de Florence à Rome et dans les Cinque Terre pour se terminer à Taipei..

Dépaisement assuré...
Le Sniper, son wok et son fusil ;Chang Kuo-Li; Gallimard série noire; septembre 2021

 

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