Baz'art : Des films, des livres...

mardi 25 février

Le Cas Richard Jewell : un bon Eastwood des familles

En 1996, Richard Jewell fait partie de l'équipe chargée de la sécurité des Jeux d'Atlanta. Il est l'un des premiers à alerter de la présence d'une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté... de terrorisme, passant du statut de héros à celui d'homme le plus détesté des Etats-Unis.  Clint Eastwood, à 90 ans, emprunte une histoire qui est du pain bénit pour lui.

A baz'art on se déchire sur les films de Papy Clint, mais pour celui ci on a préfèré laisser la parole au grand défenseur de Clint devant l'éternel, on a nommé Michelio : 

  

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Le cas Richard Jewell est film cent pour cent Eastwood...je défends la veuve et l' orphelin, soit-Il un beauf, contre les méchants ...et les méchants dans cette affaire ont réellement été les médias et le FBI..

 Bien sûr, le film nous montre des agents du FBI trop heureux d' avoir un coupable 'idéal :"un gros lard au passé merdique qui vit chez sa mère"...bon mais c' est visibllement assez proche de ce qu' Il s' est passé dans la réalité. à part peut être avec le personnage de la journaliste de la Tribune d'Atlanta jouée par Olivia Wilde et assez grossièrement caricaturé par l'ami Clint  ..

 

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Les médias et le FBI de méchants opportuniste contre le bon citoyen américain, autant dire du gâteau pour l'"Amérique Great again", ce slogan que Clint n'arrête pas de marteler à longueur de films. Mais hélas les électeurs de Trump ne vont pas au cinéma, ils risqueraient d' apprendre quelque chose, et le film s'est ramassé au box office américain..

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Dommage car au-delà de la polémique, le film, bien écrit, offre de beaux rôles à de bons acteurs....

Et puis on  adore Kathie Bates et en maman prête à tout pour défendre son rejeton elle est formidable .

Un film dossier à l' ancienne, efficace, un peu en pilotage automatique mais en tout cas beaucoup moins polémique qu' On ne le dit...

Oui la presse est montrée comme une machine à scoop opportuniste, toujours  prête à fabriquer des héros ou des salauds...une vision un peu simpliste mais pas totalement fausse, au vu de la soupe que dispensent quotidiennement les chaînes d' infos en continu .  Bref, .pas de quoi vraiment se scandaliser.. mais on l'admet aussi, pas forcément de quoi s'enthousiasmer non plus ...

Les fans de Clint seront aux anges, les autres passeront leur chemin..

 

LE CAS RICHARD JEWELL Bande Annonce VF (2020) Clint Eastwood

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" Vive la gravité filmée avec légereté" : Interview d'Antoine de Bary, réalisateur du film "Mes jours de gloire "

  Que faut-il faire ;pour devenir  un homme adulte  et responsable quand on a peu envie de l'être? 

 "Mes jours de gloire",  chronique existentielle agréable et touchante,  nous apporte une réponse assez pertinente à cette problématique, une réponse  à découvrir dès demain  dans les salles (voir notre critique du film ici même).  

On avait rencontré son cinéaste - et acteur principal Vincent Lacoste- lors de leur passage sur Lyon, voici une partie de cet échange : 


Photo Antoine de Bary

  Baz'art : Le personnage d'Adrien, qui est le personnage principal du film, d'où vient il exactement, de votre imagination ou de votre expérience? 

Antoine de Bary : ’" Adrien, il provient de  mes observations, de celle de mes amis, de pas mal de choses en fait .

J’ai toujours eu une belle bande de copains, ça regorgeait d’anecdotes, j’ai toujours eu envie de broder un scénario autour de ces histoires .

Prenons un exemple concret:  cette scène de l’arnaque aux pompiers en ouverture du film , c’est  vraiment arrivé à un ami,  Thomas qui joue dans le film d'ailleurs, je trouvais cette histoire tellement forte et drôle qu'elle s'intégrait parfaitement dans mon scénario .

 Baz'art : Et du coup, comme avec "l'enfance d'un chef", votre court métrage, la part autobiographique est plus importante que la part fiction, non? 

Antoine de Bary  : En effet, les liens entre les deux est évident : j ai commencé à travailler sur le personnage il y a trois ans avec Vincent  (Lacoste), quand on a fait ce court-métrage ensemble " l'enfance d'un chef " qui  a été présenté à la semaine de la critique .

Dans ce court, Vincent incarnait le personnage principal, un acteur qui joue Charles de Gaulle, alors il y a beaucoup d’échos et de similarités entre ces deux rôles., mais mon court était quand même moins  proche de la fiction,  l'acteur que jouait Vincent portait son prénom et était plus proche de ce qu'il était, il avait même un peu écrit certaines des anecdotes .

J'ai  l’impression que les premiers films- courts et longs--  condensent souvent des choses qu’on a vécu ou vu et qu’on essaye de sublimer dans un récit cohérent, pour qu’on se sente capable de raconter une histoire et  s’autoriser ensuite de plus en plus de fiction.

 Baz'art : Pourquoi alors faire d'Adrien un comédien déchu, quitte à en oter le coté universel du personnage?
Antoine de Bary  :J’ai tenu à faire d’Adrien un ex-enfant star et donc un peu couvé,  parce que moi-même,  je dois l'avouer, j’ai été un enfant ultra protégé. Quand on grandit en étant le centre du monde, on a envie de s’échapper de ça pour apprendre et comprendre.
Adrien est inspiré de ce genre d’ado-enfant, et çela rejoint des problématiques que beaucoup de personnes peuvent ressentir, au delà de la question liée au statut d'acteur  : qu’est-ce que grandir, devenir un homme ? Que faut-il faire ; quoi, comment, où, pour devenir adulte ?

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Baz'art : Le coté "mélancomique" de votre film, c'est quelque chose que vous avez en vous?
Antoine de Bary  : Oui bien sûr,  tout cela a beaucoup à voir avec mes influences de cinéphile; j'ai toujours adoré par exemple les comédies italiennes des années 1960 , comme ceux de Dino Risi ou de Luigi Commencini ou encore ce film allemand "Oh boy" de Jan-Ole Gerster .
Ce qui est assez impressionnant dans ces films, c’est que le ton de la comédie se superpose sur des histoires  dont le potentiel dramatique est prégnant, et mon personnage Adrien à cela aussi, il cherche à tout prix à trouver l'humour comme parade aux situations les plus dramatiquement fortes .
Mes jours de gloire, c'est une ode aux branleurs à des  individus  qui fuient leur responsabilités, mais si je les filme au premier degres, ca manque de générosité à mon sens ca devient lourd alors que si j'y mets un peu d'humour, cela me semble plus digeste pour le spectateur ..
En ce sens, le vecteur d'émotions et d'identification pour un spectateur, à mes yeux, c'est vraiment la comédie qui l'incarne .
La situation, aussi grave soit elle au demeurant doit toujours conserver cette part de legereté lorsqu'on la filme ... 
 Baz'art :  Le film sonde beaucoup la masculinité d'aujourd'hui, un peu comme le faisait votre ami et également cinéaste Felix Moati dans Deux fils. Pourquoi ce sujet là vous osbède t-il tous les deux?
Antoine de Bary  : Ah ça, si on est amis, je pense que c'est assez logique qu'on ait les mêmes obsessions et les mêmes pistes de reflexion. 
En effet, nos deux films tentent de répondre à la question de  ce que ça signifie être un homme aujourd’hui.
Nous avons tous grandi avec l’image de l’homme qui a besoin d’être  viril et puissant,  une image qui ne correspond pas vraiment aux hommes que je fréquente, et encore moins à celui que je suis  .
Adrien se sent bafoué dans sa virilité, c'est d'ailleurs cela que critalise ses problemes d'érection dans le film, sa qualité de male alpha se voit un peu déconstruite mais il va justement apprendre à assumer cela et en faire finalement une force à la fin du film. 
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 Baz'art :  Le choix de Christophe Lambert, jadis super héros (dans Tarzan ou Highlander) et désormais, bien plus vulnérable dans son jeu, va dans ce sens ?
 Antoine de Bary  : Tout à fait, Christophe était une vraie légende , l'icone de la virilité quand j'étais plus jeune.
  Pendant l'écriture du scénario  au moment que se posait le choix du casting, et notamment du père d'Adrien,  j'ai vu une interview delui où je l'ai vu  fragile , les cheveux blancs, très touchant qui lui donnait beaucoup   d’humanité, que je lui ai demandé d'avoir dans le film.
  Et évidemment, on note un parallèle fort  entre le parcours de Christophe  avec l’histoire d’Adrian, qui était célèbre auparavant mais qui, maintenant, peut se promener dans les rues sans que personne ne l'aborde.

 Baz'art : C'était important de s'entourer quasi exclusivement d'amis pour réaliser votre premier long, Vincent Lacoste évidemment mais également votre producteur ou votre co scénariste que vous connaissez depuis longtemps ?

 Antoine de Bary  : Tout à fait, j'avais vraiment envie de m'entourer de personnes en qui  j'ai entièrement confiance et en même temps c'est encore plus de pression pour ne pas décevoir ses amis, alors que des inconnus finalement ils n'attendent rien de nous car ils ne nous connaissent pas.

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Pour Vincent, c'était incontournable qu'il joue le premeir rôle je ne voyais personne d'autre que lui.

Vincent possède ce pouvoir de rendre les choses meilleures qu'elles ne le sont à l'écrit, et j'en connais peu comme lui capables de ce génie là.. 

Faire ce film avec lui, ou avec Elias (coscénariste et producteur) et  Mourad (producteur), c’était vraiment un sentiment magnifique, je les aime, c’est comme ma famille en fait ( sourires).. 

Et outre le fait que ce soient des amis, qui évidemment avaient une vraie  bienveillance pour ce que je proposais, c'étaient aussi pour le plupart des gens qui commencaient comme moi dans la profession, donc il y avait un côté un groupe qui en train de réaliser un premier gros projet ensemble et c'était aussi exaltant qu'excitant et même une dimension assez magique qu'on ne pourra retrouver dans un second long ! 

On a eu envie aussi au montage de retrouver cette sensation du début, des intentions de départ..

 

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Crazy Brave /la tragédie amérindienne vue par une très grande poétesse !

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"Autrefois, j’étais si petite que je pouvais à peine voir au-dessus de la banquette arrière de la Cadillac noire que mon père avait achetée avec l’argent du pétrole extrait en terre indienne. Il astiquait et entretenait sa voiture tous les jours . Moi je voulais tout voir.» 

Ainsi commence Crazy Brave, superbe récit autobiographique de Joy Harjo paru en janvier dernier  aux éditions Globe. 

Née d'une mère cherockee et d'un père creek, Joy Harjo , connue aux Etats Unis en tant que saxophoniste , plasticienne et poétesse ( sacré poétesse de l'année en 2019 ) y livre ses souvenirs inspirants et inspirés ety  fait défiler lentement mais avec une audace incontestable  le parcours et le cheminement  de celle qui est aujourd'hui tout à la fois une voix importante du féminisme aux États-Unis et une fervente défenseuse du peuple amérindien.

« Ma génération incarne aujourd’hui notre mémoire. C’est pourquoi je fais défiler mes souvenirs ».

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.Quel récit inspirant et inspiré que celui d’une femme  en prise directe  avec l’héritage historique de son peuple, femme éprise de liberté dans une  société américaine des années 60 aussi machiste que raciste.
Entre son enfance difficile avec un beau-père violent qui a rendu sa mère fantômatique, et une vie de femme perdue dans l'alcool et les maris violents et/ ou absents, la vie de Joy Harjo fut un combat de tous les instants .
Ce véritable parcours initiatique, plein de pertes et de mythification montre que Joy Harjo est une femme au parcours chaotique et complexe mais qui a fait preuve d'une determination et d'un talent sans faille.
 Joy Harjo  fut une femme qui comme toutes les femmes possède ses  ses forces et ses faiblesses, ses épreuves et ses bonheurs, mais son talent d'écriture aussi incontestable que profondément touchant la rend totalement singulière et unique. 

Joy Harjo, Crazy Brave. Trad. de l’anglais (États-Unis) par Nelcya Delanoë et Joëlle Rostkowski. Éditions du Globe, 176 p., 19 € 

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lundi 24 février

Mon coeur restera de glace : une fable poétique sur la barbarie humaine

  

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"C'est à l'aube que l'enfant pénètre dans les bois, leurs tronc alignés dressent une muraille que peu de villageois franchissent et le coeur de la forêt demeure un refuge ."

On avait plus trop de nouvelles du cinéaste et romancier Eric Cherrière que j'avais rencontré en 2015 au festival du film policier de Baune pour son long métrage  "Cruel "mais il revient en force en cette année 2020  .

Il a finalisé il y a peu ," Ni dieux ni maitres, un  film d'aventures médiéval qui devrait arriver sur nos écrans au cours de l'année, et surtout il a publié un formidable roman "Mon coeur restera de glace", qui vient de sortir chez Belfond et qu'il viendra défendre dans un mois à Quais du polar.

Ce roman  traite de l'horreur de la guerre et de la barbarie à visage humain, mais sous la forme d'un conte poétique et naturaliste  qui se déroule au fond d'une foret sombre et dense de Haute Corrèze.

 

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En jouant sur  trois temporalités différentes : 1918, 1944 et 2020,  et sur un personnage de légende,  le  Croquemitaine, figure du mal par excellence hante cette forêt qui traque les soldats allemands, Eric Cherrière fait de son récit une sorte de film très visuel qui joue avec les montages et les temporalités sur plusieurs générations . 

Usant de la métaphore poétique pour contrer le réalisme le plus cru , "Mon coeur restera de glace " a la grande originalité de tisser en fonction de ces trois histoires parralèles et sa mécanique narrative parvient à lever progressivement les mystères qui lient ces trois récits entre eux. 

"Régénéré à l'idée de combattre un véritable ennemi, Papa Von Wissen donne l'ordre de continuer et voit Stolker porter la main sur son coeur, là où il range ses photos de famille .Là où il se réfugiait pour pouvoir éxécuter les ordres dans les villages de Bilérorussie. Un territoire ou rien ne l'atteint, sauf un avant."

De quelle sauvagerie sont capables les hommes? Inspiré par le livre de  Christopher Browning "des hommes ordinaires", Eric Cherrière tente de sonder l'animalité qui se cache derrière le soldat le plus lambda pour arriver au crime le plus barbare.

Gardant sa part de mystère à la fin de la lecture, "Mon coeur restera de glace " raconte la fabrique des bourreaux mais le fait non pas de manière frontale, mais avec la poésie et le sens de la mépahorie qui réussisent à nous tenir  à distance et en même temps à nous forcer l'admiration.

Mon coeur restera de glace d'Eric Cherrière, Belfond, Janvier 2020

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LA VIE EST BELLE, JE ME TUE À VOUS LE DIRE : les intimes expériences de Patrick Chesnais

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 "Voilà : la caméra, la scène me distraient, me divertissent au sens de Pascal. Le ronronnement délicat de la caméra numérique qu’on prépare, le rire de ma partenaire, l’angoisse du preneur de son (« Ah, y a un frottement »), la mystérieuse plénitude ressentie quand une prise est réussie, la satisfaction d’avoir surpris (moi le premier) et surtout l’explosion de rire de huit cents personnes suspendues à vos lèvres, sont un évitement des tentations dépressives qui nous hantent."

Patrick Chesnais est un acteur que l'apprécie tout particulièrement à Baz'art,  probablement, parce que, sous son humour pince sans rire et  air encore plus bougon que celui de Bacri se cachent des failles et des souffrances à vif.

Des blessures qu'il avait dévoilé dans son premier livre Il est ou Ferdinand  il y a douze ans, correspondance post mortem avec son fils Ferdinand décédé en 2006 à 20 ans d'un accident de voiture.

Il a repris la plume en ce début d'année 2020 avec un nouvel ouvrage ( avec changement d'éditeur à l'appui) qui s'intitule  LA VIE EST BELLE, JE ME TUE À VOUS LE DIRE !. 

Dans ce livre, qui ressemble plus à des mémoires classiques que le précédent,  Patrick Chesnais distille sur un ton qui n’appartient qu’à lui ses plus intimes expériences : la vie, l’amour, la carrière, la création mais aussi ses passions.

On y croise pas mal de souvenirs de tournées et de pièces de théâtres, de vaudevilles qu'il joue assez souvent à des textes classiques comme le Tartuffe et des souvenirs de films pas toujours terribles auxquels il semble participer sans y prêter énormément d'attentions.

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"La perspective d’aligner trente jours de vacances de suite à Ré m’inquiète. Je les saucissonne, avec un spectacle à Nice, une interview à BFM, un petit séjour au festival d’Avignon, et puis surtout un petit voyage traditionnel d’une bonne dizaine de jours."

Chesnais nous livre des souvenirs à la fois poignants et souriants sur ce parcours ses anecdotes de tournage et de pièce de théâtre  et ses moments de vie  plus souvent ciblés  entre 2006 et 2019 .

LA VIE EST BELLE, JE ME TUE À VOUS LE DIRE !.  n'est certes pas  forcément un grand moment de littérature ( Chesnais, qui dit avoir refusé le concours d'un nègre ne se revendique pas pour autant romancier et nous livre un peu ses pensées comme elles viennent)

Cependant, ce récit s'avère souvent à l'image de son comédien, à savoir  chaleureux et émouvant,  surtout lorsqu'il reparle de  Ferdinand, cet ange qui n'est resté que 20 ans sur terre, mais à jamais dans le coeur de son père et de tous ceux qui l'ont aimé.

Patrick Chesnais confesse en effet à cet égard qu'il n'a pas été un bon père car selon lui " un bon père ne laisse pas partir son fils dans un cercueil à 20 ans".  Bien entendu,  ce genre de confidences ne peut que nous faire fondre et trouver son auteur aussi touchant que sincère... 

LA VIE EST BELLE, JE ME TUE À VOUS LE DIRE ! Editions de l'archipel/ 23 janvier 2020

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