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mardi 26 mai

Cinéma : Le colocataire : Marco Berger explore la montée du désir... et ses conséquences !

 

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 Depuis quelques films déjà  (ABSENT, PLAN B....) le cinéaste argentin Marco Berger creuse un sillon autour d'une  même thématique- le désir souvent empeché et réprimé entre deux hommes dans une Argentine où l'homosexualité n'est pas toujours très bien accueillie - en troussant des fictions souvent drôles, qui ont souvent conquis un public assez large  de fidèles.

Alors que son précédent film "Taekwondo" sondait sur un versant plutôt léger et très bavard cette intimité masculine  qui peut virer à l'attraction, son dernier film en date, "Le colocataire" - Uno rubio pour le titre original, qui insiste plus sur la blondeur inhabituelle d'un de ses protagonistes- reprend les obsessions  du cinéaste mais les amène sur un terrain différent en y confèrant une dimension plus tragique, et beaucoup plus taiseuse.

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Le blond du titre,  Gabriel- Gaston Re,  pour qui le cinéaste a écrit le film et qui offre une prestation toute en retenue vraiment remarquable- est un employé dans une scierie dans la banlieue de Buenos Aires.

Veuf, il est papa d'une  petite fille  qui vit loin avec sa grand mère . 

Au début du film, il trouve une co location chez un de ses collèges de bureau, Fabio et ce qui devait être au départ une colocation normale va finalement s'avérer un lieu  de toutes les tensions sexuelles et les désirs difficiles à réprimer dans une Argentine où il vaut mieux être homosexuel dans un autre milieu que dans la classe ouvrière.

Marco Berger n'a pas son pareil pour filmer la montée du désir et toute la première partie du film nous montre comment va s'instaurer un jeu de regards  et une tension sensuelle et sexuelle entre les  deux colocs, qui passe avant tout par le langage non verbal.

Il faut dire que si  Juan est plutôt à l'aise avec son corps et sa sexualité, Gabriel est un être très introverti, effacé qui a beaucoup de mal à exprimer ses émotions et ses désirs.

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Mais une fois que la pulsion charnelle sera assouvie, à mi film ( ce qui est rare dans le cinéma de Marco Berger où les héros se sont tournés autour jusqu'à la toute fin qui se conclut souvent par un baiser), il est désormais temps de constater les dégats et de  nous montrer la confusion des sentiments. C'est l occasion de voir  également l'impact de cette relation sexuelle impromptue sur les deux protagonistes de l'histoire...

 Car il semble bien difficile, dans le cinéma de Marco Berger, de s'afficher comme ouvertement gay dans un milieu de classe populaire encore très patriarcale et où l'on ne peut décevoir sa famille qui s'est beaucoup sacrifiée pour soi.

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Et on s'apercevra finalement que c'est Gabriel, le moins déluré  et plus complexé  en apparence,   qui assumera plus son identité sexuelle, au contraire de Juan, qui vivra mal cette virilité mise à mal par cette relation torride et le fera payer à un Gabriel qui avalera beaucoup de couleuvres.

Suggestive, parfois frontale- le cinéaste n'hésite pas à filmer l'entrejambe et les bassins des acteurs- la caméra de Marco Berger préfère quand même rester dans le hors champs et finalement sait rester bien plus pudique que voyeuriste.

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Les deux comédiens (Gaston Re, dont on a déjà parlé, mais son partenaire  le danseur Alfonso Barón  est également formidable dans un registre bien différent ) semblent pleinement s'adonner à la caméra de Berger qui leur rend bien et les magnifie totalement.

Un cinéma à fleur de peau qui prend le temps de raconter son histoire - certains pourront reprocher un manque de rebondissement voire d'actions- et  nous montrer l'évolution plus ou moins prégnante de ses beaux personnages, à la fois forts  en apparence et cachant une incroyable vulnérabilité qui émeut profondément .  

LE COLOCATAIRE (Trailer) from OPTIMALE Distribution on Vimeo.

Le Colocataire doit sortir en salles à la réouverture des salles de cinéma, normalement le 1er juillet 

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Sélection spécial littérature nord américaine : Maisons de famille et fantômes du passé.

 Une semaine après notre mardi conseil spécial exotisme oriental, celui de ce mardi va chercher dans les rives outre Atlantique sur la base de maisons de famille qu'on va habiter, souvent suite à un héritage ou à un décès et qui va devoir confronter son héros(ïne) aux fantômes et à ses secrets  enfouis du passé.

Trois excellents romans sortis récemment nous montrent l'exemple :

1/ Villa Chagrin : la très belle histoire de fantômes et de résilience de Gail Godwin  

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"Un pied devant l'autre. Rappelle toi, chaque fois que l'eau s'avance, tu te rapproches de ton but. Est ce un mirage ce minuscule camion blanc qui cahote au loin? Non, c'est lui qui roule vers le sud . Son salut d'homme à la peau tannée. T'es pas arrivé mon pote. Les vagues viennent se briser au plus près. L'honneur est sauf."

Voilà déjà six ans de cela , on avait beaucoup apprécié Flora, de Gail Godwin, une auteur américaine  de 75 ans qui a publié 14 romans mais dont peu ont été traduits en français.

Un récit initiatique et un très beau roman sur l'enfance, sur le fil ténu qui sépare l'innocence de la cruauté à travers les yeux d'une adolescente.

Pour son dernier roman publié en France, "Villa Chagrin," publié juste avant le confinement chez Joelle Losfeld, Gail Godwin creuse la même crête avec un nouveau récit d'apprentissage à la fois doux et cruel mais vu par le regard d'un jeune garçon.

Marcus, 11 ans, dont la mère qui l'éelevait seule difficillement,  a disparu suite à un accident de voiture, se retrouve élevé du jour au lendemain par sa tante Charlotte, une artiste peintre bourrue et excentrique qui vit sur une petite ile de Caroline du Sud..

Certaines des toiles de la tante fascinent particulièrement le jeune Marcus, notamment celles qui représentent une villa à moitié détruite, située à l'autre bout de l'île... la Villa Chagrin, lieu d'un drame survenu 50 ans plus tôt...

Le jeune garçon profondément tourmenté,  va être attiré par cette maison et ses habitants fantômes qui pourraient bien lui venir en aide dans son travail de deuil. Ce récit d'un chemin vers la  reconstruction d'un jeune préadolescent brisé par la vie se déroule le temps d'un été  est très beau car il évoque les fantômes d'un passé  aussi douloureux que salutaire et montre comment ce garçon et sa tante, personnellement a priori totalement dissemblables, vont apprendre à s'apprivoiser et à s'aimer. 

Cette histoire de secrets de famille et de deuil impossible pourrait être lourde et pleine de pathos, mais par la grâce de la plume de sa romancière , elle est une ode à la mélancolie et à la résilience proprement bouleversante..

 Joëlle Losfeld Editions, 328 pages, 22 euros. Disponible en version digitale

2/ Rien dans la nuit que des fantômes: un conte du Missisipi sous fond de droits civiques

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"Le lendemain matin, Billie s'habille debout sur sa valise car le foutu sol est gelé. Sans compter que le chauffe eau ne marche pas et qu'elle ne peut pas se réchauffer sous un douche brûlante. Elle remplit d'eau froide le minuscule lavabo de la salle de bains et se lave aux endroits critiques telle une bonne dans son arrière cuisine."

Billie hérite de la maison de sa grand-mère dans le sud des USA, en plein Mississipi, un sol qu'elle n'avait pas foulé depuis plus de trente ans et la mort de son père, célèbre poète noir,  dans cette même maison.

Mais tandis qu'elle découvre quelques secrets sur cette disparition paternelle,  elle doit commencer à démêler un enchevêtrement de préjugés et de violence qui gangrène sa ville natale et qui explose une fois dépassé le vernis des conventions.

 Rien dans la nuit que des fantômes- très beau titre, pour une fois plus beau que le titre original- est à la fois un thriller et un riche conte du delta du Mississippi, une histoire de droits civiques et de relations interraciales à travers les générations et également une saga familiale qui charrie son lot de secrets de famille.

Un  premier roman  assez magistral qui a pour toile de fond un Mississippi incroyablement atmosphérique, poisseuse et lumineuse dans un seul et même élan. Et cette Billie James est ces héroines qu'on n'oublie pas !  

 3/ Tempêtes : le conte d'épouvant noir et lyrique d'Andrée A Michaud 

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 "J'ai soulevé le premier pour en vérifier la couleur. Noir de jais, ai-je lu sur le contenant. J'ai soulevé le deuxième pot, le troisième, le quatrième. Noir, noir, noir. Ca n'avait aucun sens. J'avais vu du rouge, bloody Mary, c'était écrit sur l'étiquette, et du jaune citron. J'avais vu de la peinture jaune, joualvert. Je n'étais pas cinglée." "t'es forte Marie, tu vas t'en sortir."

Encore une histoire de jeune qui emménage dans une vieille maison léguée par un membre de la famille., mais là, on est bien plus dans le thriller d'épouvante que le drame social avec un environnement  aussi hostile qu'étouffant.

Marie, isolée dans cette maison en pleine montagne léguée par son oncle,  se sent epiée et menacée par la nature glaciale et par  Franck, cet inquiétant vagabon qu'elle va héberge

Bondée le précédent polar d'Andrée A Michaud révelait chez l'auteur québécoise  virtuosité dans la façon dont l'auteur joue avec la langue,  en utilisant comme rarement des  frontières poreuses  entre la langue française et la langue anglaise :

Andrée Michaud renouvelle cet exploit dans Tempête tant cette fois encore l'’écriture d’Andrée Michaud  possède une puissance d’évocation assez inédite entre réalisme et fantastique .

Sous la plume d’Andrée Michaud les descriptions sont évocatrices et poétiques  et font corps, comme le font les personnages de son intrigue avec les éléments déchainés et inhospitaliers.

On peut dire qu'elle excelle à créer une atmosphère, et à magnifier cette langue truffée de tropisme québécois.

 Le texte, dense et fiévreux,brouille les frontières entre cauchemar et réalité et se permet même à mi parcours de changer de point de vue avec l'appariition d'un nouveau narrateur un certain Ric Dubois, qui vient s’installer dans un camping de l’autre côté de Cold Mountain. ( que vient il faire là? ne spoilons pas)) 

Un  contes noir qui nous plonge  avec délice et jusqu'au cou aux rivages de la folie!

Tempêtes, Rivages/Noir, 336 pages, 20 euros. 

 

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lundi 25 mai

Act-age, un manga qui nous plonge dans les coulisses du monde du cinéma !

 

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ACT-AGE © 2018 by Tatsuya MatsukiShiro Usazaki / SHUEISHA Inc.

   Les éditions Ki-oon, éditeur de manga à Paris vont sortir à partir du 4 juin une nouvelle série, Act-age, qui suit les péripéties d'une jeune actrice faisant ses débuts dans le monde du cinéma.

Act-age, la toute dernière pépite du Shonen Jump explore les coulisses des studios, les techniques de réalisation, les ambiances des plateaux ou encore le rôle de chacun lors de tournages de publicités, de petites productions ou de longs métrages à gros budget… 

 Act-age est une plongée vertigineuse, complexe et fascinante au cœur du monde impitoyable du spectacle.

 Le manga est à destination d'un public jeune, plutôt adolescent, et permet de découvrir les dessous de l'industrie du cinéma, et ceux qui y travaillent, qu'ils soient acteurs, réalisateurs, producteurs ou techniciens.

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ACT-AGE © 2018 by Tatsuya MatsukiShiro Usazaki / SHUEISHA Inc.
Compte tenu des thèmes abordés, et du succès déjà avéré de la série au Japon (8 volumes parus, série toujours en cours), les deux premiers volumes du manga sortiront simultanément le 4 juin  ( sortie reportée en raison de la crise sanitaire du Covid 19 ) 
Pour découvrir les premières planches pré publiées de ce manga, cliquer ici 

Toutes les actualités de ce titre déjà en ligne sur le site des éditions ki-oon.com.

 

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Les Goûts et les couleurs du monde: Marc- André Selosse dévoile les vertus des tannins

 

Une histoire naturelle des tannins, de l'écologie à la santé

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"...les propriétés des tannins, qu’on appelle aussi polyphénols dans d’autres domaines, les ont glissés en toutes choses : comme on le découvrira au cours des pages qui suivent, leurs manifestations et leurs influences sont multiples, quotidiennes et même banales. Ce livre parle du monde qui nous entoure et d’observations que nul n’ignore, où les tannins sont actifs sans que nous le réalisions. Dans les chapitres qui suivent, toutes ces manifestations seront expliquées par un tout petit nombre de propriétés chimiques des tannins"

 Professeur du Muséum national d'Histoire naturelle,  Marc-André Selosse nous propose dans ce livre  l’exploration sensorielle et naturaliste d’une famille de molécules ignorées : les tannins (ou polyphénols), omniprésents dans les couleurs, les goûts, les odeurs et les formes de notre quotidien. On connait ceux issus du vin, voire du thé mais il sont bien plus multiples et variés que cela 

L'auteur dévoile le rôle majeur mais méconnu des tannins végétaux qui déterminent les plantes qui y poussent: teintures, encres, parfums, épices  tous ces tannins contribuent à notre santé avec leurs pouvoirs antioxydants 

 C’est à un voyage à travers le globe, dans le temps et dans la vie ordinaire que nous convie cet ouvrage érudit et accessible, rythmé de dessins humoristiques. 

 

Les goûts et les couleurs du monde
Auteur : Marc-André Selosse
Éditions : ACTES SUD, Octobre 2019

 Marc-André Selosse  est également l'un des membres du Conseil Scientifique de ’exposition Je mange donc je suis au Musée de l’Homme à Paris  restitue au plus grand nombre les recherches menées par les scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle dans des domaines aussi variés que la formation du goût, les manières de table, la gastrodiplomatie, les modèles agricoles, les patrimoines culinaires, la consommation de viande, les OGM, l’alimentation de nos ancêtres…

 

Posté par poyeto à 14:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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Les films à voir cette semaine sur Canal + et Ciné +

 Cette semaine sur Canal +, en plus de la soirée BONG Joon-ho, on a d'autres films à vous conseiller dont du BONG Joon-ho et autres long métrages à ne pas rater non plus !!

90's Jonah Hill

Stevie voudrait être cool, vraiment cool, mais comment être cool quand on a treize ans, un grand frère qui vous fout des beignes, une mère dépassée et un père absent?.

Cette coolitude absolue qu'il cherche tant, Steevie la découvre  un beau jour dans un parc où des skaters virtuoses semblent vivre libre et sans contrainte.

90's (2019)

 C’est décidé : Ruben, Fourth Grade, Fuckshit et Ray seront pour lui sa nouvelle famille, une fratrie choisie avec une nouvelle passion la glisse. L’apprentissage sera dur, on ne passe aussi facilement de l’enfance à l’âge adulte pour Steevie,  cet été sera l’été de toutes les premières fois et de tous les dangers.

Etonnant film d’apprentissage pudique et impudique à la fois, proche sur le sujet  d'un ” Paranoïd Park” de Van Sant  ou même à Do the right thing de Spike Lee ( qui a collaboré au scénario ),  certes en nettement moins violent que ces deux exemples. 

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Ninetee’s est surtout une tendre et violente quête initiatique, Jonah Hill filme ses touchants personnages avec affection et indulgence,  malgré leurs hésitations et leurs comportements parfois irritants.

Pour son premier long métrage l'étonnant Jonah Hill, acteur chez Scorsese, Tarantino ou les frères Coen,  suit les pas bredouillant de son jeune héros, sa caméra délicate l’observe admirer, craner, se battre, tomber et toujours se relever.

Ce petit soldat prêt à affronter la vie a la bonne bouille et le sourire désarmant de Sunny Suljic,   découvert dans Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos, qui est l’atout majeur de ce formidable premier film.

2 Au nom de la terre

terre

" Au nom de la Terre", réalisé par Edouard Bergeon  a attiré près de deux millions de spectateurs dans les salles obscures, un succès qui s'est essentiellement bâti dans le monde rural et les petites villes

Comparé souvent à Petit Paysan d'Hubert Charruel, c'est plus au film de Francois Dupeyron "C'est quoi la vie" , réalisé en 1997 avec Eric Caravaca et Jean Pierre Daroussin qu'" Au Nom de La Terre" fait penser, notamment par sa finalité commune, celle de mettre le curseur sur les suicides d'agriculteurs souvent poussés à bout par un travail harassant et très mal récompensé. 

Au nom de la terre", d'Edouard Bergeon, avec Guillaume Canet, a ...

 Au nom de la terre est en fait inspiré d'un documentaire réalisé par le cinéaste, "Les Fils de la terre », un quatre-vingt-dix minutes dans lequel Bergeron suivait Sébastien, un agriculteur dont la trajectoire  rappelait celle de son père. et que Guillaume Canet a vu un peu par hasard et a adoré au moins d'alerter le producteur Christophe Rossignon sur la nécessité d'incarner le père de'Edouard Bergeron dans la première fiction qu'il avait prévu de réaliser.

Le premier long métrage d'Edouard Bergeron réussit ainsi à  mêler l'intimité de cette saga familiale à un contexte plus large de l'évolution du monde rural, impacté de plein fouet par la mondialisation qui est arrivé au mitan des années 90.

 

3/Ceux qui travaillent

 Ceux qui travaillent premier long-métrage d'un jeune réalisateur suisse, Antoine Russbach vient nous rappeler les méfaits du capitalisme tout puissant et de la déshumanisation du monde de l'entreprise.

Comme pour le roman graphique, tout l'intérêt de ce film est de traiter ce sujet assez rabattu sous un angle différent de la plupart des fictions qui s'intéressent souvent aux dominés, comme dans les films de Loach ou de Brizé.

Ici, ce sont les dominants, ceux que l'on appelle parfois les cols blancs qui vont subir aussi les effets de ce système  pervers en diable, et qui vont contrairement à ce qu'ils pourraient croire, se sentir aussi aliénés que ceux  qui sont tous en bas de l'échelle.

ceux qui travaillen

Centré sur un mécanisme assez implacable, le film va voir vaciller toutes les convictions a priori établies d'un cadre d'une société de fret maritime ( type d'entreprise que le cinéma avait jusque alors peu exploité) et à travers elles la relation que les individus entretiennent avec la société de consommation et la rentabilité à tout crin, nobostant le facteur humain.

Frank Blanchet,va se rendre compte, à cause d'un coup du sort et d'une situation de crise qu'il va particulièrement mal gérer, à quel point il était aliéné par son travail.

A travers son histoire, et à travers ce personnage d'autant plus complexe et ambigu qu'il est très souvent silencieux et laisse très peu paraitre de ses réflexions profondes , c'est toute une peinture cinglante du monde de l'entreprise qui interroge nos propres responsabilités dans cette société qui a tendance à effacer la dimension humaniste au détriment de la la toute puissance de l'argtent et du profit.

  4/je promets d'être sage

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Sorti la même semaine que Perdrix, autre comédie romantique bien décalée et déjantée  - et le même jour que le  dernier Tarantino, Je promets d'être sage, est également une jolie comédie sur la folie ordinaire, avec Pio Marmaï et Léa Drucker

Après la réalisation de trois court-métrages, Ronan Le Page signe comédie tendre qui prend le décor d'un musée des Beaux arts  dans la très belle ville de Dijon autour de deux accidentés de la vie

,Rempli  d'êtres assez  névrosés, l le cinéaste pose un regard bienveillant sur ces personnages pleine de fêlures, qui essaient d'utiliser leur folie intérieure pour rendre la vie plus douce.

Si l'intrigue patine un peu à mi parcours, le film séduit notamment grâce à l'énergie et la complicité du duo  Marmai/ Drucker.

 5// Mémories of murder

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Dans la lignée de la semaine consacrée au réalisateur sud coréen ,le premier chef-d’œuvre de BONG Joon-ho,   d'ores et déjà considéré comme un classique et comme, qui a de l'avis de tous les cinéphiles un peu ( beaucoup,)  révolutionné le polar!

Grand Prix du Festival du film de Cognac  ( le prédécesseur du Festival de Beaune) en 2004, MEMORIES OF MURDER, marque le début de la nouvelle vague du cinéma sud-coréen qui a émergé au début des années 2000, avec en plus le  mythique Old Boy  de Park Chan-Wook éet Deux Sœurs de  Kim Jee-Woon.

L’histoire de Memories of murder est inspirée de faits réels, qui ont eu lieu entre 1986 et 1991. : le récit d'un  Serial Killer sans doute le tout premier de toute l’histoire de la Corée viola et assassinat dix femmes, dans un rayon de deux kilomètres. 

Photo du film MEMORIES OF MURDER

 Memories of murder a participé à populariser le cinéma coréen hors de ses frontières. une passionnante enquête criminelle, entre angoisse et burlesque, contre-balancée par une ironie constante.

ON  aime particulièrement le style  BONG Joon-ho, ce second degré salutaire dont il fait preuve,  qui prend en compte l’intelligence du spectateur, sa capacité à poser un décor et à  témoigner de la réalité sociale d'un pays et d'une époque, ici, entre la fin de la dictature et le début de la démocratie en Corée du Sud.

 

 

Posté par Michelio à 06:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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