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mardi 27 septembre

BD : Pierre-Henry Gomont innove avec 'Slava' une trilogie sur la Russie

 

Apres la chute
"La beauté du capitalisme ne consiste pas à pouvoir acheter n'importe quoi, mais vendre n'importe quoi "

Pierre-Henry Gomont  nous avait épaté avec "Malaterre", un roman graphique publié chez Dargaud. L'album, salué par la critique, reçoit le Grand Prix RTL de la bande dessinée en 2018 et le Prix Première du roman graphique en 2019.
En 2020, il publie "La Fuite du cerveau" (Dargaud), une bande dessinée romanesque et pleine d'humour, abordant l'histoire folle du vol du cerveau d'Albert Einstein. 

Photo noir et blanc

On le retrouve en 2022 avec le premier tome de "Slava", une saga en trois tomes qui brosse le portrait d'un pays déboussolé, qui amorce une transition incertaine, et annonciateur de la Russie d'aujourd'hui.

C'est une première pour Pierre-Henry Gomont : avec ce premier tome de 'Slava', il débute une série qui en comptera trois.

Le sujet ? L'ex-URSS, la Russie du début des années 1990 qui se construit sur les ruines du communisme, alors que le capitalisme triomphe déjà partout. A la fois BD d'aventure et réflexion sur un pays en transformation accélérée.

Slava T1 : Après la chute (0), bd chez Dargaud de Gomont

Le tome 1  de la saga "Après la chute" met en scène des personnages qui se débattent avec leurs convictions, et se cherchent un avenir, dans une mise en scène proche d'un western. 

Mafia, capitalisme sauvage et trafics en tout genre. L'auteur a su composer des personnages forts, qui nous guident dans cet univers impitoyable. Les décors sont superbes, les dialogues sont bons, l'histoire est prenante

Et cette  fiction dans le monde bien réel de la Russie des années 90 nous semble être une probable prémice de la situation actuelle!

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Critique d'album "Et alors? " : Gros coup de ♥ pour le « road trip » américain d'Adé ..

 

ade La chanteuse Adé a publié vendredi dernier son premier album en solo, « Et alors ?" un an tout juste après la séparation officielle du groupe qui l'a propulsée,Thérapie Taxi.

On s'en souvient: encore mineure, Adé, de son vrai nom Adélaïde Chabannes de Balsac,  avait  rencontré son acolyte Raphaël Faget-Zaoui en 2013 afin de  former un groupe dont le répetoire oscillait quelque part entre groove et rock, sous le nom de Therapie Taxi.

 Deux albums – Hit sale(2018), Cadavre exquis(2019) – et une poignée d’hymnes (Salop(e)Coma idylliqueHit saleAvec ta zouz) font faire du duo un sorte de mythe générationnel, dont la séparation sera actée par de triomphaux concerts d’adieux, à l’automne 2021 .

Désirant tenter une carrière solo, portée par une première étape- son duo à succès enregistré à la demande de Benjamin Biolay (Parc fermé) - Adé sort ce premier album dont la direction country, bluesy et folk semble a priori assez éloigné du style pop et parfois trash de Therapie Taxi.

 En fait, Adé revient aux sources américaines de ses débuts avec ce disque enregistré justement à Nashville, dans le Tennessee, berceau de la musique country et americanaine.

Deux styles qui définissent  les chansons de ce premier opus en solo, qu'Adé a écrit, composé et co-réalisé.  

La couverture de l'album donne la tonalité d'ensemble, très far ouest américain, d'un opus qu'on imagine bien écouter dans une chambre de motel à Nashville,afin d’incorporer à ses chansons une couleur musicale tout à fait particulière. 

Nashville, cette ville mythique où l’artiste a terminé l’enregistrement de son premier projet solo, et que les coréalisateurs Romain Descamps et Egil « Ziggy » Franzen ont sublimé par des arrangements tout en finesse. 

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La voix d'Adé, reconnaissable entre mille, porte des jolis textes sur les échecs amoureux, les doutes, l’envie d’avancer .

A part peut etre sur le titre  Q , Adé met de coté  les mots crus des tubes de Thérapie Taxi pour des textes intimes, qui échappent souvent aux clichés et à la caricature. 

Santiags aux pieds et chapeau sur la tête :« road trip » américain, Adé semble totalement maitriser la dimension de ce premier opus, entre  jolies  ballades (Si tu partaisInsomnies) et titres plus punchys  (Tout savoirSide by Side) .

Après un groupe Thérapie Taxi,  dont la fougue adolescente ciblait  un public plus fougeux mais aussi moins mature, ce premier album plus multigénérationnel devrait permettre  à la jeune chanteuse d'élargir son public et d'affirmer son autonomie et ses goûts musicaux .   

NB :  Adé partira sur les routes de France début 2023, pour une tournée qui la mènera à Toulouse, Lyon, Bordeaux ou Nantes, mais aussi à La Maroquinerie de Paris les 1er et 2 février.

 Dates des principaux concerts d'Adé 

Mercredi 18 janvier 2023 : La Fonderie – Hérouville Saint Clair
Jeudi 26 janvier 2023 : Le Métronum – Toulouse
Samedi 4 mars 2023 : La Cartonnerie – Reims
Mercredi 15 mars 2023 : Ninkasi Kao – Lyon
Vendredi 17 mars 2023 : Le Rockstore – Montpellier
Jeudi 6 avril 2023 : La Cigale – Paris

 Ecoutez l'album d'Adé ici même 

 

 

 
Et alors ? , Adé (Tôt ou tard/Believe).

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Littérature brésilienne : Supermarché , jolie ode à l'amitié et à la débrouille de José Falero

  

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  Pedro aime la littérature. Pedro rêve dans cette favela de Porto Alegre qui l'a vu naître. Pedro ne veut pas faire parti d'un gang.

Alors Pedro travaille comme rayonniste au supermarché du coin en lisant Marx et en étudiant la marketing le soir.

Alors Pedro a une idée. La beuh, la weed, la Marie-Juana est légale dans nombre de pays et rend les gens cool, pourquoi ne pas mettre ses connaissance en économie et en force de vente au service sa force de vie et de la vente du cannabis.

Un petit commerce quotidien et banal avec son pote Marques employé comme lui dans la supérette.

Une petite entreprise très loin des funestes trafics du grand banditisme. Attention Pedro, petit poisson, cela ne sera pas facile de nager au milieu des requins.

Mais le jeune homme peut être très convaincant et sa culture et son charisme auront tôt fait de séduire les chefs des gangs et de futurs employés.

 Une plongée plutôt tendre et douce dans les terribles et dangereuses favelas d'une grande ville brésilienne où règne le crime organisé.

Né dans une favelas, employé dans un supermarché, José Falero sait de quoi il parle, son amour de la littérature lui a sauvé la vie.

« Supermarché » est une jolie ode à l'amitié et à la débrouille traversée par des éclairs de violence mais c'est aussi et surtout une très belle manière littéraire de décrire une certaine triste condition humaine brésilienne.

José Falero - Editions Métailié

« Ça fait combien de temps que vous êtes là, vous ? Depuis tout petit je vous vois plantés là, en train de regarder tout ce qui se passe. Combien de mecs vous avez vus se faire buter à cause du trafic de là où vous êtes, hein ? Et, à chaque fois, il s'est passé quoi ensuite ? Rien. Rien. Je me trompe ? Rien. Le mec meurt et, vingt-quatre heures plus tard, ça fait un jour qu'il est mort ; juste ça, c'est pas vrai ? Dans toutes les ruelles d'ici, pleines de misère, de haine et de souffrance, la vie a pas des masses de valeur : celui qui tue, ça le gêne pas trop de tuer ; celui qui meurt ça le gêne pas trop de mourir. Et ma vie à moi, elle a quelle valeur, ma vie ? Aucune. Pour le moment, aucune. Pour le moment. Pour le moment, écoutez moi bien, mourir serait même pas une mauvaise affaire pour moi, parce que, en fin de compte, je m'accroche juste à la vie depuis toujours, j'en profite pas. Mourir, c'est une mauvaise affaire que quand on a une vie top. Mais pour pouvoir l'avoir un jour, cette vie top, y a pas : je vais devoir passer au-dessus des lois et risquer cette vie de con que j'ai aujourd'hui »

 Supermarché ; José Falero, edition Métaillié, septembre 2022 

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lundi 26 septembre

Rentrée littéraire 2022 : Cher connard- la plume incisive Virginie Despentes de retour !!

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 " Je suis la dernière génération à qui l’on a fait croire qu’en travaillant dur, on pourrait s’élever socialement. La crise de 2008 a eu vite fait de doucher nos ardeurs. Ma mère nous répétait inlassablement que nous ne manquions de rien et nous comparait à ceux qui ont de quoi se plaindre, j’ai appris à checker mes privilèges avant de savoir lire et écrire." 

C'est assurément l’un des textes les plus attendus de cette rentrée littéraire ; l’autrice et réalisatrice Virginie Despentes a  fait paraître, cinq ans après le dernier tome de Vernon Subutex, un nouveau roman. 

Préparez-vous à être un peu chamboulé ou agacé par le ton de Virginie Despentes qui n'y va pas par quatre chemins. 

Avec cette rencontre- épistolaire exclusivement- de deux âmes cabossées, portée par une verve, une énergie et et une intelligence de chaque instant, et avec même une tendresse inattendue  on peut dire que cela fait du bien de voir notre  Despentes  nationale  déployer sa plume cynique qui nous emporter par ses fulgurances – intactes de justesse, de pertinence et d’intelligence.

On l'aime cette ,naissance d'une amitié et d'une fragilité sous les combats de coqs.. Les réflexions, puissantes et profondes, pleuvent sur le féminisme les réseaux sociaux, la difficultés de vieillir, la dépense aux drogues et alcool...

À d’innombrables reprises, on retrouve donc dans Cher connard la Virginie Despentes incisive, lucide, juste, et drôle ; on collecte ses punchlines avec délice et on sort revigoré de ce texte inégal mais souvent jouissif à la gloire des amitiés invraisemblables mais ô combien authentiques .

 

Virginie Despentes - Babelio

 

Cher connard, de Virginie Despentes, Grasset, 352 p., 22 €. En librairie le 17 août 2022.

 

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La Cour des miracles : une comédie sociale sur l'école bourrée de bonne humeur !

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Jacques Prévert, école primaire en Seine Saint-Denis est menacée par l'arrivée d'un nouvel établissement scolaire bobo-écolo flambant neuf. Zahia, la Directrice de l'école en quête de mixité sociale s'associe à Marion pour créer la 1re « école verte » de banlieue et attirer les nouveaux habitants. Mais pour ça il va falloir composer avec une équipe pédagogique hétéroclite.

Repéré avec Rue des Cités, leur premier long-métrage autoproduit sorti en 2011, le couple de réalisateurs Carine May et Hakim Zouhani, basé à Aubervilliers, avait, depuis, essaimé les festivals avec de nombreux courts métrages. Dix ans après leur coup d'éclat, ils reviennent avec un premier long métrage qui creuse le même sillon tout en étant sans doute un peu plus classique dans sa forme et son message.

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Les réalisateurs s’inspirent de leur ville d’Aubervilliers pour trousser une comédie sociale bourrée de bonne humeur qui ne lâche jamais son propos engagé sur la gentrification des banlieues et les dysfonctionnements d’une éducation nationale à deux vitesses.

 Alors que l'école primaire du film vit sans trop de  moyens est menacée par l’implantation d’un établissement neuf et bobo,  la directrice et son équipe pédagogique, un peu composée de bras cassés,  tentent  tant bien que mal, de sauver leur école et la mixité sociale.

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Alors que les films français les plus marquants de Bertrand Tavernier, ÇA COMMENCE AUJOURD’HUI ou à Nicolas Philibert, ÊTRE ET AVOIR, s’intéressent à l’image traditionnelle du maître, seul et tout puissant dans sa salle de classe, les réalisateurs pronent la force du collectif en s'interessant équitablement à des professeurs des écoles qui gravitent autour de Zahia, la directrice interprétée par Rachida Brakni.

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 On (sou) rit souvent  à la vue de cette chronique  douce amère où le recrutement des nouveaux professeurs se fait un peu n’importe comment, où la hiérarchie administrative semble  complice de situations qui finissent par la dépasser.

Composé d'un  casting particulièrement hétéroclite comme Sebastien Chassagne, l'instagrammeuse Anaïde Rozam, le rappeur Disiz la Peste, l’écrivaine Faïza Guène – et des acteurs amateurs recrutés sur place, La cour des miracles tisse joliment sa toile entre rebondissements hautement comiques et réflexions sur la pédagogie et le développement durable.

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Un peu foutraque, mais très  bon enfant et plein d'espoir, cette cour des miracles est un très sympathique divertissement familial qui s’appuie sur une galerie de personnages hauts en couleur.  

 

 

 

En salles le 28 septembre 2022

De Carine May et Hakim Zouhani, avec Rachida Brakni, Anaïde Rozam, Disiz La Peste. 1h34. 

Le film est présenté en avant première ce lundi 26 septembre à l'UGC Confluence de Lyon en présence de l'équipe du film 

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