les-yeux-des-morts-de-elsa-marpeau-10279593prztg_1713 Gabriel, technicien de scènes de crime au bout du rouleau, ne peut supporter l'oubli dans lequel retombent les cadavres sur lesquels il doit travailler.  Et notamment celui d’un  toxicomane de 17 ans, retrouvé près de l’hôpital Lariboisière, et  dont le sort ne semble pas  intéresser pas grand monde. Gabriel, révolté par cette indifférence générale, va alors  tout faire pour prouver que ce décès n’est pas lié à une banale overdose, quitte à  infiltrer l’hôpital comme patient  et à risquer sa vie pour faire éclater la vérité.   

Alors que les séries télévisées  qui prennent  l’hôpital en toile de fond sont  nombreux, assez rares sont les romans policiers de référence  qui utilisent ce décor comme lieu principal de l’intrigue. Dans les yeux des morts, les Urgences de Lariboisière sont plus qu’un simple décorum, et constitue pratiquement un personnage à part entière du roman. A ce titre, force est de constater que la description de ce lieu, où se côtoient infirmières dépassées et démotivées, SDF venus là pour tenter de passer la nuit au chaud, médecins déshumanisés, est particulièrement bien rendue, l’auteur s’étant assurément bien documentée sur le sujet et contribue grandement à apporter une ambiance  intense et poisseuse , inhérente  à tout bon thriller qui se respecte.

Le personnage principal, Gabriel, personnage très tourmenté, à la frontière de la névrose,   suscite à la fois assez d’empathie et d’intérêt pour le suivre au bout de sa quête, jusqu’au dénouement  assez inattendu  pour surprendre.

Cependant, quelques bémols empêchent le livre d’être le grand polar sur les Urgences qu’il aurait aimé être. Certains passages sentent un peu l’artifice, et des personnages tels que Nadja ou Karen, les collègues de Gabriel sont dessinés à trop gros traits pour forcer l’adhésion. Les yeux des morts manque de souffle  et d’épaisseur pour convaincre totalement. Cela étant pour un premier roman, il reste parfaitement recommandable.