amour"L'amour le plus fort est celui qui n'est pas partagé. Il n'y a rien de pire que d'aimer quelqu'un qui ne vous aime pas et en même temps c'est la chose la plus belle qui me soit arrivée. Aimer quelqu'un qui vous aime, c'est du narcissisme, aimer quelqu'un qui en vous aime pas, ça, c'est de l'amour."

Les boires et les déboires de Marc Marronnier. Déçu par la vie, par l'amour, par ses amis... par le monde, il ne peut supporter l'idée de divorcer d'une femme qu'il n'aimait plus vraiment et se doit chaque jour se battre pour trouver un sens à son existence.

Pour moi, ce roman, qui fut un des premiers livres de Beigbeder que j'ai pu lire- avant même de connaitre le personnage public de dandy assez agacant- reste de loin son meilleur.
Un style plus journalistique que littéraire, mais c'est dans ce style, lorsqu'il ne veut pas trop jouer à l'écrivain ambitieux ( comme dans windows in the world) que Beigbeder est le plus convaincant.

Ce livre est truffé de citations profondes empreintes d'humour noir qu'on ne manque pas d'intérioriser : "La première année on achète les meubles, la deuxième année on déplace les meubles, la troisième année on partage les meubles."
Bien que toujours plein de sarcasme et d'ironie, sa plume atteint des accents de vérité et de sincérité jamais atteinte avant et après : ici l'émotion affleure largement, même sous les mots crus et les aphorismes, et surtout sur la fin beaucoup moins cynique qu'attendue .
L'humour est la politesse du désespoir, et ce livre, vision  néanmoins bien  sombre du couple,à laquelle on n'est pas obligé d'adhérer à 100%, nous en offre une bien belle illustration.

A noter, une fois de plus, une adaptation cinématographique actuellement en projet mais réalisé par Beigbeder lui même, avec dans son propre rôle le comique à la mode, Gaspard Proust. De quoi largement piquer notre curiosité.