hardLundi dernier, Canal Plus diffusait  les derniers épisodes de la saison 2 de la série comico-érotico diffusé  dans le cadre de leur maison de production,  la fabrique, déjà auteurs de plusieurs réussites ( Engrenages, Pigalle la nuit...).

En 2008, la première saison de Hard avait déja impressionné à peu près tout ceux qui l'avaient regardé, par son concept et sa façon de marier, avec une drolerie permanente, l'univers du X avec l'univers intimiste bourgeois cher au cinéma français.

Prenant exemple sur la série Weeds avec le  même postulat de départ : une mère de famille un peu coincée obligée de  s'encanailler avec un mode de vie transgressif ( le trafic de chichon pour la série US, ici une société de production de films X) avec tout autant de bonheur. 

Evidemment, le pari était risqué: comment parler de tournage de films pornos de manière comique  sans tomber dans le graveleux et le vulgaire?  hard 2

Et c'est peu de dire que  l'essai est amplement transformé tant la créatrice de la série, Cathy Verney ( pas sur qu'un homme aurait réussi le même challenge) a trouvé la bonne  distance entre la finesse et l'humour, constamment présent, au détour des scènes de repas  de famille, qui finissent toujours de manière totalement décalée, ou des parodies de films, forcément jubilatoires.

Cet humour quasi permanent  n'entrave aucunement le traitement frontal du sujet central de la série (le sexe), et toutes les questions que le thème  soulève : comment réussir à  vivre avec un hardeur?,  Comment réussir à vivre sa sexualité  en travaillant dans un milieu où le cul est prégnant à chaque instant? Comment également pouvoir être crédible dans l'éducation de ses enfants vu le métier que l'on cotoie tous les jours? Et puis aussi et surtout , est ce que les travailleurs du sexe sont des gens comme  vous et moi?

A toutes ces questions, Cathy Verney y répond de façon la plus convaincante et la plus drôle qui soit. L'inévitable  comparaison avec Xanadu,  l'autre série sur  un sujet  similaire mais avec un traitement radicalement différent ( plus tragique, plus onirique ) diffusée sur arte il ya quelques semaines, va nettement en faveur de celle de Canal plus. Comme quoi avec de l'esprit, de la pertinence, une distribution aux petits oignons (le caméo de Guillaume Calienne dans un grand numéro d'autodérision est à hurler de rire)  et même une bonne dose de tendresse (oui oui, je vous assure), on peut traiter tous les sujets, et il est juste dommage, moi le grand défenseur de la primauté  du cinéma sur la télévision ( malgré Six feet under, malgré Mad men) que cela soit la télévision qui ait  pris ce risque.

A la fin de la saison 2, qui finit  totalement en queue de poisson ( j'ai essayé d'éviter toutes les jeux de mots graveleux, je n'y suis pas totalement parvenu,  désolé), on devine forcément qu'il y aura une saison 3 et on la désire même HARDemment...