sandrine bUn grand nombre de personnes, qui avaient entre 15 et 30 ans dans les années 80, disent avoir été profondément marqués par la performance à couper le souffle de Sandrine Bonnaire dans "A nos amours" de Maurice Pialat, film presque aussi générationnel que la Boum.

En ce qui me concerne, et c'est peut-être une question d'âge ou de sensibilité, c'est dans l'adaptation, tournée quelques années plus tard, d'un roman de Simenon par Patrice Leconte, "Monsieur Hire" que j'ai été littéralement subjugée par cette actrice de tout juste 20 ans à l'époque .

Certes, Sandrine Bonnaire n'est pas une bombe sur laquelle on se retourne dans la rue, elle n'a pas un corps à faire damner tous les hommes, mais se dégagait de son jeu une luminosité et une grâce  facilement décélable pour le gamin d'une qunzaine d'années que j'étais.

Depuis, cette actrice,assez rare sur nos écrans, et d'abord cantonée dans des rôles sombres, et dans des films qui l'étaient tout autant, a continué à illuminer  nos écrans de cinéma, comme dans  "C'est la vie" où elle parvient à redonner le sourire à un Jacques Dutronc en fin de vie ( dont le jeu  toujours lympathique se justifiait pour une fois). Elle a ensuite pris un virage plus léger au début des années 2000, avec notamment un trés joli film de Philippe Lioret, Mademoiselle, dans lequel elle partageait la vedette avec Jacques Gamblin.

Bref,  j'aimais l'actrice, il  m'interessait vraiment d'en savoir un peu plus sur son intimité, d'autant plus  que Sandrine Bonnaire fait partie de ces personnalités publiques trés discrète, de celles qui détestent s'épancher sur leur vie personnelle (elle avait d'ailleurs versé une tonne de fumier devant la rédaction de Voici il y a quelques années).

Je n'ai donc pas hésité à découvrir "Le soleil me trace la route", qui ne sont pas à proprement parler sesbonnaire mémoires ( à 42 ans c'est un peu tôt pour cela), mais plutôt une série de longues conversations, abordant différents thèmes, et menées par deux journalistes reconnus par la profession, Jean-Yves Gaillac et Tiffy Morgue ,avec qui elle a tissé des relations amicales depuis une vingtaine d'années.

Sous la forme d’une conversation très libre, Sandrine Bonnaire se confie, tout en préservant sa pudeur et son sourire sur tous les sujets abordés, même les plus douloureux. De son enfance, pas forcément toujours riante autour de ses 10 (!) frères et soeurs dans un HLM à Grigny, aux confessions murmurées sur le lit de mort de son paternel, sans oublier ni la disparition de sa meilleure amie il y a 10 ans,  ni la terrible agression qu'elle a subi lors du tournage de C'est la vie, Miss Bonnaire n'élude rien de ses félures et ses souffrances, mais toujours sur un mode mezza vocce.

Sandrine Bonnaire revient  également, et assez longuement, sur sa soeur Sabine, autiste, et dont elle en  avait fait l'héroine de son long métrage, un documentaire qui avait été longuement célébré lors de sa diffusion sur France 3, elle s'appelle Sabine, et qui avait permis d'interpeller l'opinion publique sur l'internement et l'acharnement médicamenteux que Sabine avait pu subir.

Mais évidemment, la partie la plus longue et la plus passionnante -du moins pour moi- de cet ouvrage réside forcément dans les pages sur ses récits de tournage et ses rencontres professionnelles.

De Pialat, aussi dur et exigeant que sa réputation, mais avec parfois un vrai coeur d'or, à Agnès Varda,la cinéaste grâce à qui elle reçu son première césar de meilleure actrice dans un film au tournage si éprouvant, Sans toi ni loi, Sandrine Bonnaire nous en dit un peu plus, de façon sincère et réfléchie, sur ses anecdotes de tournage et sentiments sur tel ou tel partenaire, mais sans jamais effacer complètement le voile de mystère qui l'entoure.

En bonus, un extrait d'elle s'appelait Sabine


Elle s'appelle Sabine