la momeAllez, pour fidéliser un peu mes lecteurs (et lectrices surtout ,j'ai l'impression, non?), on va se donner un petit rendez-vous régulier sur ce blog. Moi qui suis pourtant la crême des hommes (bah si, comment ça, vous en doutiez?), je me suis aperçu, sans le faire exprès évidemment, que tous les samedis matins, depuis  maintenant plusieurs semaines, j'avais pris l'habitude de publier une critique de film, pas toujours super positive. Donc, tant que j'ai du fiel à revendre, on va continuer à donner un (léger, j'ai les ongles très courts, en fait) coup de griffe sur un film, récent ou moins, connu ou peu, du cinéma contemporain.

Alors, je sais que le film que je présente ce samedi 30 août a ses fervents partisans, qu'à sa sortie il y a déjà 4 ans (bon j'ai un léger problème de timing), il a connu un vrai triomphe et que surtout, il a permis à notre Marion Cottillard d'atteindre la consécration internationale avec un oscar de la meilleure actrice, ce qui, pour un film en langue étrangère, fut absolument historique.

Pour ma part, la vision de la Môme fut une déception d'autant plus cruelle, qu'en régle générale, j'ai une tendresse particulière pour les biopics. C'est vrai, vous le savez déja, j'adore le cinéma, j'adore tout autant la musique et du coup, j'ai une vraie indulgence pour les films qui font la fusion des deux, et même pour les oeuvres mineures telles que Ray, la biographie US du grand Ray Charles.vie-en-rose-la-mome-8 De plus, du réalisateur, j'avais énormément aimé Déja Mort avec Benoit Magimel, Romain Duris et Zoé Félix, descente aux enfers visuellement impressionnante sur la jeunesse dorée

Si je reviens sur le sujet des biopics,  je trouve que la Môme constitue une preuve flagrante que  dans ce domaine en particulier, le cinéma français n'arrive pas à la cheville des américains, qui de The rose à all that jazz, en passant par Grace of My heart (une merveille méconnue avec la femme de Scorcese dans le rôle principal) excelle dans le genre des biographies musicales.

Ici, rien ne me touche réellement; cela est probablement dû à la structure narrative, qui se veut super originale, mais qui, en fait, entraîne confusion et perte de repère : on s'emmèle totalement dans les personnages, qui pour la plupart sont justes de simples esquisses sans aucune épaisseur, on se perd aussi dans la chronologie des scènes de la vie de Piaf, tant et si bien qu'il faut aller vérifier dans Wikipédia  après le film pour voir si l'on a bien compris le déroulé de la vie de la Piaf ..

La première demi heure sur les années de misère avec Emmanuelle Seigner en pute au grand coeur (bof), Clotilde Coureau et Sandrine Testud qui hurlent dans la rue (rebof) est assez éprouvante, et cela ne s'arrange pas vraiment avec l'arrivée très brève de Depardieu, et les scènes où Cotillard se remémore sa vie, à la fin de la sienne; là, on se croirait quand même un peu au musée Grévin (elle devrait avoir 44 ans, elle en fait 90!!!).

En revanche, La dernière partie, avec la mort de Cerdan et quelques autres jolies scènes musicales (notamment lorsqu'elle chante sur scène "Mon Dieu" en apprenant la mort de son bien aimé, ou encore la scène de la génèse de  "Non je ne regrette rien") sauvent quelque peu les meubles, mais  cela ne m'a pas empêché de rester assez circonspect devant l'immense succès- critique et public- de l'oeuvre...

Et justement, comme ce film a ses fervents admirateurs, qui l'ont vu plusieurs fois et qui ne cessent d'en chanter ( mais toujours avec la voix de Piaf, of course) les louanges,  n'hésitez pas à exprimer votre courroux sur mon billet, je suis certes un cygne noir pas sympa, mais qui laisse toujours la parole à la défense :o)...


Marion Cotillard, Oscar de la meilleure actrice pour La Mô