arnaldurAllez, je suis chic, et m'octroie une nouvelle confidence en ce jeudi matin du mois d'août : savez-vous que  je me suis mis assez tard à la découverte de la littérature  policière (à part Agatha Christie, dont j'ai dévoré toute l'oeuvre à l'adolescence)?  Ceci explique le fait que je cultive quelques carences dans les classiques du genre. Par exemple, je n'ai lu  que très peu de polars scandinaves, alors même que cette partie de l'Europe est réputée pour le talent de ses auteurs policiers de Stieg Larsson à Hennig Mankell.

Bien que l'Islande ne fasse pas partie de la Scandinavie (un peu de géographie ne fait pas de mal pour les rétifs aux cours de géo), ce petit pays situé sur le toit de l'Europe est connu essentiellement grâce à 3 personnalités marquantes de l'île : la chanteuse Bjork, son volcan Eyjafjöll et son romancier policier Arnaldur Indridason.

C'est évidemment de ce dernier que je compte parler dans mon billet du jour, car son dernier roman hypotpublié en France, Hypothermie fait partie de la sélection du prix du meilleur polar  point, et donc, après la Chine, c'est  dans un autre contrée exotique, mais autrement plus glaciale, que ce prix littéraire m'a convié cette fois-ci.

D'Arnaldur Indriðason, je connaissais de nom certains de ses romans, comme L'Homme du lac, où son héros fétiche  l'enquêteur Erlundur trouve un squelette vieux de quarante ans faisant appel au passé communiste  de la guerre froide ou la Cité de jarres, qui avait été adapté au cinéma, sous le titre Jar City.

Mais c'est donc avec ce Hypothermie que j'ai fait connaissance avec ce  Erlundur, officier de police  habituellement chargé d'enqueter sur des  disparitions, et qui est un personnage assez abrupt et  torturé par la disparition de son frère alors qu'il n'était qu'un enfant, et tourmenté par sa fille toxicomane. Ici, Eerlandur est confronté non pas à une disparition, mais à un suicide, celui d'une jeune femme Maria, dont le décès ne semble pas si clair que cela: la victime cachait au fond d'elle quelques secrets d'enfance (la mort de son père dans des conditions troubles) et surtout un gout pour l'au delà et l'envie de voir ce qui se passe après la mort.

Dans un pays, l'Islande, qui vit entouré de légendes et de fantômes qui peuplent la multitude de lacs et de montagnes, le scepticisme d'Eerlandur, qui ne croit pas du tout au surnaturel, tranche avec cette mythologie ambiante, et cette dichotomie fait tout le sel du roman. Pour l'enquêteur, il y a forcément une raison à la mort de Maria et les différents signes de l'au delà que recevait la victime juste avant son décès ont forcément une source rationnelle. Simultanément, Eerlandur continue d'enquêter sur des disparitions de jeunes survenus il y a près de 30 ans et va s'apercevoir que les deux histoires sont peut-être indirectement  et étroitement liées.

A la lecture de ce roman, on comprend tout à fait le succès d'Indridason, qui affiche une maitrise imparable dans la conduite de son récit, tissant des passerelles entre ces différentes histoires (sans oublier l'histoire personnelle d'Erlandur).

Bien que le dénouement ne brille pas forcément par une énorme originalité, le livre instaure une ambiance prenante de bout en bout qui donne trés envie de faire plus ample connaissance avec l'univers d'Indriadason.

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