voisinCet été, inconsciemment ou non, j'ai enchainé des lectures que l'on peut regrouper deux par deux , suivant les points communs réunissant les auteurs entre eux.

Après les auteurs patrons de presse, j'ai lu coup sur coup deux livres de poches écrites par des romancières françaises. Et le point de convergence entre ces deux romans est plutôt simple : il s'agit d'un de leurs tout premières oeuvres pour toutes les deux, alors que, depuis, ces romancières ont connu un succès public important.

Prenons tout d'abord Le Voisin, écrit par Tatiana de Rosnay en 2000, bien avant qu'elle ne connaisse la consécration avec au moins deux best sellers internationaux,  Elle s'appelait Sarah et Boomerang.

Si je n'ai pas lu ces deux romans, malgré (ou à cause de) leur triomphe, j'ai donc voulu tenter ce voisin, car peu de romancières hexagonales s'essaient au périlleux genre du thriller psychologique. En effet, l'héroine du Voisin, Colombe, trentenaire banale à la vie un peu lisse (un beau mari, une belle situation dans l'édition, deux enfants) emménage un jour dans un appartement en plein coeur de Paris. Tout semble se passer parfaitement jusqu'à ce que son voisin du dessus se mette à lui pourrir totalement la vie, par des nuisances sonores de plus en plus gratuites et violentes, et cette spirale infernale va littérallement faire tomber Colombe dans la folie.

Malgré quelques clichés (le mari vraiment trop fade et trop vite condamné) et des facilités d'écriture qui flirtent  un peu trop avec le thriller américain, l'auteur arrive à bien instiller le malaise et à nous faire rentrer dans la folie douce de cette Colombe qui ne pourra parvenir qu'à de radicales méthodes pour briser cet enfer qu'elle vit au quotidien. L'écriture, efficace et tendue à souhait, nous fait passer un très agéable moment qui m'a donné envie d'aller contre mes a priori sur l'auteur et continuer à aller découvrir son univers.

Après Tatiana de Rosnay, Delphine de Vigan a également attendu plusieurs romans avant de connaître un énorme succès critique et public avec Les heures soutteraines, chronique ici et dont le tout nouveau roman, Rien ne s'oppose à la nuit (  très beau titre tiré de la chanson de Bashung Osez Joséphine) vient tout juste de sortir, et semble trés bien parti pour être un des évenements de cette rentrée littéraire 2011 (la blogosphère qui bruisse de critiques positives sur ce livre, est là pour en témoigner).

 Cet été, j'ai découvert  un de ses premiers romans, Un soir en décembre, où l'on reconnait très bien sonun soir en décembre style : De Vigan n'a en effet  pas son pareil pour nous écrire le trouble, le désoeuvrement, le moment où l'on aimerait tant s'accrocher à quelque chose de solide pour repartir de l'avant, mais qu'on n'y arrive pas.

Cela dit, par rapport aux heures souterraines, j'ai trouvé l'intrigue beaucoup trop ténue et sans réel rebondissement. C'est l'histoire d'un écrivain qui voit sa femme partir et il ne fait rien pour la retenir, et devant son apathie, même moi qui ne suis pas le plus énergique des hommes, ait eu envie de lui donner quelques baffes pour le bouger quelque peu.

Bref, deux romans intéressants à lire pour voir comment ont évolué ces écrivains qui comptent désormais dans la littérature française, mais pas non plus des chefs d'oeuvre incontournables!!!