abecassisUne fois n'est pas coutume, et histoire de changer les habitudes de l'année écoulée, je ne vais pas vous faire une chronique autour d'un seul livre, comme j'avais tendance à vous le faire en 2011. En effet, mon billet du jour regroupe trois lectures différentes que j'ai faites pendant les derniers jours de 2011: 3 ouvrages certes différents, tant par l'origine des auteurs que des sujets abordés, mais que j'ai eu envie de rassembler autour d'un seul et même billet.

En effet, j'attendais beaucoup de ces livres, pour diverses raisons, et les trois fois, j'ai ressenti une manifeste déception, pour les raisons que voici :

1. "Et te voilà permise à tout homme" d'Eliette Abecassis

De quoi ca parle : Anna a beau être divorcée et avoir trouvé en Sacha son âme soeur, son ex-mari doit d'abord lui accorder le guet, le divorce religieux juif, pour pouvoir céder à ses pulsions amoureuses sans être considérée comme une femme adultère.

Pourquoi je voulais le lire : Parce que j'avais adoré un des premiers romans d'Eliette Abecassis, Un heureux évenement, portait sans fard et incroyablement juste de la grossesse et de l'accouchement,  et roman qui avait installé  il ya 10 ans environ Abecassis parmi les auteurs à suivre de la jeune littérature française;

- parce que si je n'avais pas forcément lu ses autres romans, toujours à la lisière du roman et de l'autofiction, celui-ci, qui traite de la place de la religion juive dans le cheminement personnel avait de quoi me séduire;

- parce que les critiques que j'avais pu lire, les mêmes qui n'avaient pas forcément épargnées Abecassis dans ses derniers romans, était ici plus élogieuses à l'égard de ce roman qui a marqué cette rentrée littéraire 2011

Les raisons de ma déception :

- un personnage central vraiment trop agaçant: Anna, héroine de l'histoire, totalement soumise aux didctats de son ex mari, nous semble vraiment comme un pantin dont le méchant ex conjoint tire totalement les ficelles, sans que jamais son libre arbitre ne prenne le dessus. Du coup, aucune empathie possible, malgré la pluie d'obstacles qui se dressent devant elle car jamais elle ne donne l'impression de lutter contre ce qui lui arrive;

- des dialogues mièvres et peu crédibles: Autant un heureux évenement frappait par son ton caustique et lucide, autant ici, la rencontre sentimentale entre Sacha et Anna vire à l'artificiel et aux dialogues trop écrits et qui sentent parfois l'Harlequin.

- un penchant exacerbé "anti homme" qui manque de nuances et de subtilité, un peu comme le livre dans son ensemble.

2. "Sukkwan Island "de David Vann :

sukkwan-island-wwwDe quoi ca parle: Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal.

Pourquoi je voulais le lire: Car ce bouquin, le premier de son auteur, a fait un buzz incroyable et que pratiquement tous ceux qui l'ont lu en sont ressortis complétement sonnés, et totalement subjugés par le style  et le sujet;

- par ce que on me l'avait vendu comme un roman bien tragique et bien sombre, et qu'en général, je suis hélas pour mon équilibre personnel plus attiré par ce genre de littérature que la prose légère et humoristique

- parce que le thème principal, le rapport père fils est un de ceux qui me plaisent toujours autant dans la littérature, comme l'atteste mon dernier coup de coeur, Tu Verras de N. Fargues.

Les raisons de ma déception :

- En fait, le vrai sujet du livre est plus, du moins dans sa première partie, plus autour du retour à la nature, thème cher au cinéma américain ( Into The Wild, Seul Au monde) que sur le lien de filiation. Or, en ce qui me concerne, la description de la pèche au saumons ou de la chasse aux cerfs sur 20 pages, ce n'est assurément pas mon truc. Définitivement urbain jusqu'au bout des ongles, hélas;

- Difficile d'éprouver la moindre empathie pour ce père totalement égoïste et irresponsable qui entraine son fils dans son délire mystique sans jamais penser à ce que veut vraiment son rejeton. Même si le personnage peut faire penser au père du dernier  roman de Nicolas Fargues, celui ci était sauvé par son autodérision et son chagrin immense.

- Contrairement à ce qui a été écrit ici ou là, la mécanique du roman me parait un peu plaquée : dès le début, la relation entre les deux protagonistes est tendue, et hélas, cela va aller de mal en pis jusqu'à l'irrémédiable, difficilement supportable. A croire que j'ai atteint l'overdose de noir et de glauque, et qu'il s'agit peut être d'un mauvais timing pour ce genre de lectures. Cela dit, l'auteur possède un vrai talent à planter un décor et instiller un univers  d'une noirceur, difficilement supportable selon le moment où l'on lit le roman.

survie3 .Instinct de survie de Jeffery Deaver:

 De quoi ca parle :

Un coup de téléphone brusquement interrompu, provenant d’une maison de campagne du Wisconsin, alerte la police. L’inspecteur McKenzie est chargée de l’enquête. Elle découvre une scène d’horreur : deux personnes abattues d’une balle dans la tête. Les meurtriers sont toujours sur les lieux et ils attaquent McKenzie qui se retrouve privée de son arme, de son téléphone et de sa voiture. McKenzie fuit dans la forêt, emmenant avec elle une survivante du carnage qu’elle ne peut abandonner.

Pourquoi je voulais lire :

 - pour l'accroche publiée en très gros  au dos du livre : " désignée comme le meilleur thriller de l'année  par le cercle international du roman policier" ( j'aurais du me demander qui composaient ce cercle exactement);

- car les huis clos stressants mettant au prise des victimes et des bourreaux sont généralement réussis et stressants comme il le faut ( de la forêt des ombres de Thilliez à Otages de la peur de Robert Crais)

 - Les critiques publiées sur le site Babelio (qui m'a  d'ailleurs offert très généreusement le livre) étaient très bonnes, voire excellente

- les raisons de ma déception :


- après 20 premières pages d'installation d'intrigue plutot interessantes, la course poursuite entre l'inspectrice Mac Kenzie et ces tueurs tombent allégrement dans le banal et le déja vu;
 - une intrigue qui  patine bien vite sans rebondissement imprévu et ou captivant, et  une inspectrice  héroine de l'histoire, bien trop monolitique et sans aspirité pour susciter l'adhésion et encore moins l'empathie;

- un sentiment d'avoir  avec ce livre, lu le polar de trop : il faut dire, que cette année 2011, avec tous les jurys sur le polar que j'ai pu faire, j'ai eu ma dose ( une bonne trentaine) et à moins de tutoyer l'excellence, l'intéret s'en pâtit fortement.

En fait,  pour les 3 romans dans son ensemble, tout est peut-être  juste question de timing : sans doute que si j'avais lu ces livres pendant les vacances d'été, avec le soleil et la plage pour horizon, j'aurais réservé un accueil plus favorable, allez savoir...

Bref, pas sûr que l'année prochaine, pendant les fêtes j'essaie de lire quelque bouquin que ce soit, je suis trop ronchon (la dinde trop lourde à digérer sans doute)