16 février 2012
Sortie DVD : Mineurs 27
L'histoire : Vincent Descharnes est un flic de province à l'allure ordinaire. Il y a dix ans, il a enterré une sale affaire pour sauver sa peau. Wilson et Stan ont en commun leur passion pour Déborah mais aussi un lourd secret. Il y a dix ans, ils ont subi un traumatisme dont aucun enfant ne peut se remettre. Wilson veut oublier. Stan veut parler, sans savoir qu'il met alors en marche une terrible machination…
Figurant dans la liste de films proposés par le site Ciné trafic dans le cadre de leur rubrique" un DVD contre une chronique", Mineurs 27 (maintenant disponible en DVD, Blu-Ray et VOD sur www.bacboutique.com”) avait attiré mon attention, car c'est un film dont la sortie cinéma en septembre 2011 m'avait intrigué à plus d'un titre.
Il faut savoir que son réalisateur n'est autre que Tristan Aurouet, qui s'était fait
remarquer il y a presque 10 ans en coréalisant avec son ami acteur, Gilles Lelouche, le fameux Narco, comédie plutôt réussie et assez déjantée avec un Guillaume Canet au mieu de sa forme. On avait un peu perdu sa trace (moins, celle de Gilles Lelouche), et ce n'est donc qu'en 2011 qu'il revient sur le devant de la scène avec un second long métrage au sujet beaucoup plus noir puisqu'il est question de pédophilie et d'adolescents à la dérive.
Mais l'originalité du film est de ne surtout pas l'amener vers des contrées glauques et sinistres où le sujet pouvait naturellement emmener. Pour cela, Tristan Aurouet a opté pour des choix de mise en scène audacieux privilégiant l'esthétisme à tout prix. Que ce soit par la beauté des décors naturels (l'action se déroule sur la cote Atlantique, près de Royan région où j'ai passé une bonne partie de mes vacances), le travail exceptionnel sur la lumière et la photo (bravo au chef opérateur), la cinégénie manifeste et affichée des jeunes comédiens, et un lyrisme assumé, le film est d'une beauté assez renversante.
Mais la contrepartie à ce talent de filmeur est que le reste ne suit pas du tout : Mineurs 27 souffre avant tout d'un scénario plus que moyen. Tristan Aurouet n'a tellement pas voulu aller dans les recoins sordides de son histoire de pédophilie que ce qui pourrait être au départ un atout déssert le film : l'intrigue nous parait vite terriblement confuse et surtout dénué d'enjeux. Et les personnages n'apparaissent en fait rapidement que comme des pantins sans épaisseur dramatique. Et du reste, le film n'est pas aidé par la prestation d'ensemble de ses acteurs : si Jean Hugues Anglade est plutôt convaincant en ordure d'un abord totalement ordinaire, les jeunes acteurs, certes très beaux (Marie Ange Casta est encore plus sublime que sa soeur), mais assez médiocres, reconnaissons le. Et que dire des frères Lelouche (Gilles a voulu donner un coup de main à son pote) dont les scènes sensées apporter un peu d'air frais sont en réalité assez proches du ridicule?
Bref, Mineurs 27 reste un film à voir pour la beauté de ses images et de la mise en scène dans sa globalité, mais pas forcément pour vibrer devant l'histoire qui nous est contée.
Quant aux bonus, si tous ne présentent pas un égal intérêt, j'ai beaucoup aimé l'un d'entre eux, au concept plutôt original: une filmographie/biographie lue par Jean Hugues Anglade lui-même. L'acteur fétiche de Beinex s'interrompt sur certains passages pour nous livrer quelques secrets de tournage et en profite faire un petit bilan sur sa carrière. On apprend ainsi qu'il n'a pas du tout gardé un bon souvenir de sa collaboration avec Jean Rochefort pour son tout premier rôle au cinéma dans L'indiscrétion et que le tournage de Nocturne Indien a été pour lui le plus éprouvant nerveusement parlant.
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La mise à nu des époux Ransome : un roman so british
Voilà un court roman qu'on peut qualifier de totalement "british" ,et dans le fond et dans la forme. L'auteur n'est autre qu'Alan Benett, connu en France pour un roman écrit aprés celui ci mais paru aprés, la Reine des lectrices, qui façonnait, de façon bien entendu totalement fantasmagorique l'image de la reine mère en une grande consommatrice de livres. L'ouvrage avait connu un très grand succès d'estime, mais n'étant pas fana de la royauté, j'avais passé mon tour et m'étais dit que j'attendrais le prochain roman de Sir Benett.
Dans La mise à nu des époux Ransome, qui vient tout juste de sortir en poche, l'auteur abandonne les joyaux de la couronne pour égratigner ce coup ci l'image de la « middle class » anglaise à travers le portrait truculent d'un couple de bourgeois typiquement anglais, les époux Ransome en question.
Ces époux Ransome mènent une vie paisible, orchestrée, sans extravagance, rythmée d'habitudes bourgeoises et discrètes, lorsqu'un soir, rentrant de l'opéra, tout bascule. Ils ont été cambriolés. Totalement ! Il ne reste plus rien, meubles, vêtements, tables basses, casseroles, tringles à rideaux, prises électriques, rouleau de papier toilette, absolument tout a disparu ! Et les voici donc contraint de revoir leur quotidien, allant jusqu'à pousser la porte de l'épicier voisin pour quelques objets de premieres necessité, chose qu'ils n'avaient encore jamais faite, et acte qui les confrontent soudain au monde alentour !
Alors que son époux, avoué de profession, rationalise le désastre et reprend progressivement le cours de sa méticuleuse existence, Mrs Ransome se doit de reconstituer le cadre de leur home sweet home. Elle s’aperçoit que la disparition de leur mobilier lui apparaît en fait comme un soulagement. L’effacement de leur cadre de vie lui ouvre en effet des horizons nouveaux : elle entreprend l’exploration de magasins où elle n’aurait jamais mis les pieds auparavant; sacrilège, elle achète un fauteuil à bascule en rotin qui lui procure la douceur d’un confort inattendu, et d'autres incongruités pour la bourgoise coincée, qu'elle était jusqu'au bout des ongles avant cet évenement.
Alan Bennett (voir photo à droite), grâce à sa maitrise totale et un humour terriblement grinçant, nous livre ici une réflexion toujours savoureuse sur la manière dont la routine régit notre vie. Et, à travers ce constat, il nous dépeint également, et surtout, le quotidien de deux personnes mal assorties dont le mariage semble fonctionner grâce à ce équilibre précaire, prêt à s'effondrer à tout instant.
Saupoudrée de petites remarques innocentes et d'observations parfois plus profondes et existentielles, cette satire est finalement moins lègère qu'elle en l'air, car elle s'octroit la liberté de stigmatiser notre propre hypocrisie face à notre acceptation d'une vie qui ne nous séduit pas mais que nous n'avons pas le courage de modifier.
Un ouvrage trés court qu'on lit en une soirée, mais qui nous fait passer à coup sûr un trés agréable moment de lecture, à conseiller à coup sûr!!!

