magazine-telerama-editnationale-3246-ZA37802773025083246001Mardi soir dernier, j'avais été invité par les journalistes de Telérama, dans un des salons de l'Opéra de Lyon, à dialoguer pendant deux heures autour d'un verre au sujet de la nouvelle maquette de leur revue. Et visiblement, les abonnés du journal d'autres grandes villes françaises avaient eu doit au même privilège. Si, finalement, je n'ai pas pu me rendre à  cette soirée, j'avais bien apprécié l'offre et je m'étais demandé que nous valait cet honneur, puisque je ne pense pas que les abonnés des autres revues sont logées à la même enseigne, lorsqu'elles s'essaient à une nouvelle formule.

En fait, c'est dans  Libération, bref la presse concurrente (enfin pas tant que cela, c'est un quotidien contre un hebdomadaire, ils ne boxent pas dans la même catégorie) que j'ai compris les pourquoi du comment d'une telle invitation. En effet, il semblerait qu'il existe un lien indéfinissable entre Télérama et ses lecteurs de Télérama, ces derniers étant particulièrement exigeants et assez sourcilleux au moindre changement de ligne éditoriale du magazine. Visiblement, les journalistes ont du plusieurs fois faire machine arrière devant la pression populaire, outrée par exemple que le système de notation des chroniques musicales de Télérama (les fameuses forte) soit modifié. Le lecteur moyen de Télérama, la cinquantaine, plutôt CSP plus est aussi assez pointilleux, faut croire...

Bon, une fois que j'ai eu la nouvelle version en mains, je me suis demandé ce que les journalistes et les lecteurs ont bien pu trouverriad-sattouf-createur-des-ulysse-du-nouveau-telerama,M72718 à dire pendant deux heures...

Est ce la crainte de trop changer les habitudes de ces fidèles abonnés? Car la différence n'est quand même pas fondamentale : oui, Ulysse, le fameux petit bonhomme qui ponctue chaque billet ciné, a subi une petite cure de jeunesse sous les traits du génial auteur de BD Riad Sattouf (après s'être posé pas mal de questions, comme il l'explique ici), mais on le reconnait quand même pas mal. Oui, la maquette générale est un peu plus aéré, et ce n'est pas forcément le cinéma qui ouvrira le cahier critique, mais ce n'était déjà pas le cas depuis quelques mois? Oui, il y a plus de lien sur le site Internet, mais là encore, cette tendance  l'interactivité n'est pas récente, et ne va que dans l'évolution normale des tendances de l'époque...

En fait, plus que dans la forme, c'est sur le fond que j'ai vu une différence : en effet, au niveau du contenu, je reconnais que pas mal d'articles m'ont passionnés, articles que j'ai trouvés peut- être un peu moins élitiste que certaines semaines ( n'étant pas enseignant, certains articles super pointus me passent quand même un peu au dessus) et l'impression générale est quand même plutôt positive.

Mon reproche principal concernerait la critique cinéma car les petits Ulysses en question ont perdu un élèment, et c'est le symbole représentant le "pas si mal" qui a été purement et simplement supprimé. Seulement quatre items, pour moi, ca enlève totalement de la nuance à la critique et on risque de retrouver sous un même Ulysse des films poourtant de niveau totalement différent.

Déjà que je le regrettais la disparition du 6ème Ulysse de mon enfance!!! Bon, en même, ca me forcera encore plus à lire la critique pour être sur de l'opinion défintitive du journaliste!!! Le petit problème est que si on lit la critique en entier avant de voir le film, il ya de fortes chances pour qu'on en apprenne trop sur le film.

Car, là dessus, je ne pense pas que la nouvelle formule ait changé quelque chose : la critique ciné de Télérama reste une des plus complète et plus exhaustive qui existe, mais ce qui reste un gros atout est aussi parfois un problème : tous les fidèles lecteurs du magazine ont pesté au moins une fois dans leur vie sur une critique qui racontait la fin du film.... Je vais attendre quelques semaines avant de voir si les têtes pensantes de Télérama ont trouvé une parade à cet écueil :o)