amour etComme je le déplorais déjà la semaine passée, les sorties cinéma du mois d'avril ne se distinguent pas particulièrement en ce moment, et on avait déja connu un peu le même problème en 2011 (cela dit, l'année dernière, les 3 premiers de l'année avaient été plus fertiles en grand films que 2012, il me semble).

Du coup, plutôt que distinguer 3 films moyens qui ne m'emballent pas plus que cela, je préfère mettre un avant un seul film qui sort ce mercredi, L'amour et rien d'autre, un premier film allemand d'un certain Jan Schamburg.

Je le fais d'autant plus, que, contrairement à mes sélections habituelles où je ne parle que d'oeuvres qui me font envie mais que je n'ai pas encore vu, j'ai déjà eu l'occasion de voir ce film, il y a maintenant plus de deux mois, et je l'avais énormément apprécié.

Pour mes nouveaux lecteurs qui n'avaient pas assisté à mes pérégrinations annonéenes ( comme c'est dommage, ça :o), c'est bien évidemment dans le cadre de ce festival international du premier film, dans lequel il était présenté en compétition officielle que j'ai pu voir ce film. Ce film fut pour moi de loin le meilleur de la compétition, mais comme je n'étais pas le seul à choisir, c'est pas lui qui a eu la récompense suprême, même s'il a quand même été récompensé d'un prix spécial que je suis allé moi même déclamer au micro ( mon fameux quart d'heure de gloire warholien)

Si l'intrigue du film semble reposer sur le fait qu'une femme s'aperçoive, après la mort de son mari, que celui qu'elle a épousé n'était pas celui qu'elle pensait avoir connu (thème assez proche de plusieurs faits divers, comme l'affaire Romand), on va progressivementamour s'apercevoir que le réalisateur ne s'interesse pas beaucoup à cette partie thriller, et va préférer faire bifurquer  le film sur une autre voie,.mais je ne vous en dis pas plus, pour ne pas éventer la surprise de ceux ou celles qui aimeraient tenter le coup.

Sachez simplement que pour moi, L'amour et rien d'autre dépeint, avec une grande finesse, les relations complexes qui peuvent se nourer entre des humains, et répond à la question que tout le monde s'est posé à un moment donné : comment survivre à la fin d'un amour?

 Et surtout, le film ne serait pas ce qu'il est sans la grâce de son actrice principale, que je ne connaissais pas, car elle est visiblement plus une actrice de théatre que de cinéma (à part un rôle remarqué dans Requiem en 2006).  Ici, dès son apparition Sandra Hüller arrive à exprimer, par une facete de jeu impressionnante, toute l'ambivalence d'un personnage si difficile à cerner.

Une actrice prodigieuse pour un film qui ne l'est pas moins, et auquel j'avais envie légitimement de redonner un petit coup de zoom à l'occasion de sa sortie en salles ce mercredi.