La nostra vitaVoilà un film que je mourrais d'envie de voir car j'étais persuadé que,si je l'avais vu en salles en 2011, il aurait fait partie de mon top 10 de l'année.

En effet, ce film avait tout pour me plaire :son sujet, situé entre le mélo et le drame social cher à Ken Loach (un de mes réalisateurs fétiches), sa présentation au festival de Cannes en sélection officielle en 2010, la récompense attribuée par le jury à son acteur principal, Elio Germano, et le fait que le film se déroule en Italie, près de Rome, d'où je reviens d'un séjour absolument merveilleux.

Le film n'avait pas forcément de très bonnes critiques, certaines même ne comprenant pas sa présence au palmarès, mais je me disais qu'une nouvelle fois, les grincheux de la presse ne savaient pas apprécier le bon cinéma qui fait pleurer dans les chaumières.

Du coup, je n'ai pas voulu rater son passage sur Canal plus la semaine passée, et ce fut peu de dire que j'étais bien déçu par le résultat final.

En effet, si le personnage principal perd sa femme, décédée en couches dès la première demi heure du film, on a l'impression que cet évenement, aussi dramatique soit il, est juste placé au rang de l'anecdote, le réalisateur préférant privilégier une autre trame, celles des problèmes professionnels du héros, chef de chantier en maille à partir avec des travailleurs clandestins.

Du coup, passée une première demi heure assez touchante, proche d'un film de Guédiguian, et axée avant tout sur la solidarité de ces petites gens qui essaient de lutter pour rendre leur monde meiLa-Nostra-Vita-1lleur, le film privéligie alors des sous intrigues confuses et bien peu interessantes; et surtout qui ralentissent énormément le rythme et l'interet du film.

Le film de Daniele Luchetti dont j'avais bien aimé Mon frère est fils unique  laisse donc au palais un goût évident d'inachevé. La faute à une volonté d'aborder trop de sujets (on a l'impression d'assister à un catalogue des maux de l'Italie berlusconienne) sans vrai point de vue, et d'y inclure trop de personnages différents, qui ne possèdent pas la profondeur psychologique inhérente à ce type de chronique qui se veut à hauteur d'hommes.

Quantà la performanced'Ellio Germano, correcte, mais sans être transcendante, son prix d'interprétation cannois fera partie de ces grands mystères comme Cannes nous en offre parfois.

Assurément une belle déception pour moi, et après Encore un baiser ,un nouveau film italien qui a droit à ma chronique assassine du samedi. Et pourtant, je l'aime le cinéma italien, je vous l'affirme,  etj'espère bientôt vous le prouver!!!