dans-ces-bras-la-prix-renaudot-des-lyceensMême s'il a maintenant plus de 10 ans, j'aimerais revenir sur un roman qui avait fait sensation et qui a marqué un grand nombre de lectrices, et même de lecteurs, même si  ceux ci ont eu un plus de mal à supporter ce miroir violent à l'encontre de la gent masculine.

Ce roman, c'est Dans ses bras là, de Camille Laurens, multirécompensé, et notamment lauréat des prix Fémina et du prix Renaudot des lycéens.

Si Camille laurens, dijonnaise d'origine, a écrit des premiers romans  de fiction à partir de 1991 ( index) , ceux ci sont passés inaperçus, et elle prend  alors un virage stylistique détonnant en 2000 en se tournant, avec la réusite que l'on sait, à l'autofiction, genre qui, à l'époque, en était à ses prémisses, dont Christine Angot en était la chef de file .

Dans ces bras là est donc un roman très largement autobiographique, dans lequel elle évoque ses relations avec les hommes: du père à l'inconnu en passant par l'amant et  même le lecteur à qui elle s'adresse.  Le récit est en fait constitué de chapitres courts, à la forme variée ( énumérations, monologues intérieurs) qui alterne entre le "je" et le "elle". Ce style peut un peu dérouter au début, mais on s'y fait bien vite, avec facilité, et  surtout avec un vrai plaisir de lecteur.

 Laurens entrecoupe également le fil de son récit avec la chronique de  ses entretiens avec un psychaitre, un inconnu qu'elle croise dans la rue et qui  lui a tapé dans l'oeil. Ces entretiens sont relalaurensctés dans des chapitres intitulé "Seule avec lui" qui  donne un vrai rythme au roman.

Dans ces bras là est donc une oeuvre qui met l'ironie au centre en jouant des clichés sur les homme. L'écrivaine passe du rire aux larmes avec facilité et fluidité, passe d'un homme toujours aimé à un autre oublié.

Ce récit, d'une extrême justesse, n'oublie jamais l'humour, la sensibilité, la rigueur, l'intelligence, ainsi qu'une écriture d'une grande beauté, pourvue à fois d'une grande souplesse et d'une douce ironie.

Le (faux) roman joue ainsi de diverses ruptures de ton qui parviennent à tenir le lecteur en haleine, et forment ainsi un zapping de personnages qui permet au lecteur d'être pris dans la toile de la romancière.

Bref, Dans ces bras là est un grand livre, hélas pas forcément suivi d'effets, les ouvrages écrits ensuite par Camille Laurens, que j'ai eu l'occasion de lire par la suite étant hélas plutot anodins.