820882-affiche-du-film-maman-637x0-1Doit- on à tout prix forcer sa propre mère à nous aimer, même si celle ci n'a jamais éprouvé le moindre instinct maternel à notre égard? C'est la question, un peu poil à gratter, que pose la réalisatrice Alexandra Leclère, dans son tout dernier film, dont le titre est tout simplement Maman, un film que j'ai vu récemment dans mon cinéma de quartier, grâce à des places remportées sur le site de Fausti'in Paris.

La réalisatrice a pris cette (bonne) habitude de choisir des sujets abordant les relations humaines sous un angle un peu grinçant : ainsi, dans Les soeurs fâchées, elle imaginait le lien pouvant exister entre deux soeurs totalement opposées, et dans son deuxième film, Le prix à payer, elle traitait du rapport qu'entretien les relations sexuelles avec l'argent  l'argent. Mais les deux fois, Leclère abordait ces sujets avec un ton, certes un peu cinglant, un peu cynique, mais où l'humour (et parfois la lourdeur) l'emportait toujours sur la gravité.

Là, ce qui surprend un peu à la vision de Maman, et contrairement à ce que la bande annonce, ou même la promo du film, tendaient à nous le laisser croire, c'est que la réalisatrice aborde son sujet sous une veine bien plus dramatique que ses précédents films, surtout dans sa dernière partie.

En effet, après une première partie plus satirique avec notamment le toujours épatant Michel vuillermoz en directeurmaman-4 financier emmouraché de Mathilde Seigner, le film aborde à la mi-parcours un tournant plus sombre avec la séquestration de la  dite maman.

Et paradoxalement, alors même que je suis d'habitude plus touché par le genre dramatique, j'ai trouvé cette partie là moins réussie que la première, la fin laissant même une impression de baclée et de conformisme un peu décevant.

Bref, Alexandra Leclere est plus à l'aise dans le versant " Etienne Chatilliez" que dans le versant Thomas Vittenberg (celui de Festen, à qui Maman peut faire penser, pour le coté lavage de linge sale en famille). La première heure laisse en effet entrevoir de belles promesses, entre personnages bien campés et  situations  certes plutot croquilognesques, mais qui ont le mérite, en même temps de sonner juste. 

Marina-Fois_referenceHélas, lorsque le film touche au sujet proprement dit, avec les révélations et les confessions tant attendues car tant reportées (depuis plus de 20 ans) entre cette mère odieuse et ses deux filles, on a l'impression qu'Alexandra Leclère n'ose pas vraiment traiter frontalement son sujet, et ce qui pouvait être potentiellement explosif est malheureusement tout juste effleuré.

Certainement, la réalisatrice aurait certainement pu nous faire rentrer encore plus dans les abîmes des personnages pour comprendre leurs motivations profondes et nous rendre la fin plus crédible, alors que là ce dénouement donne l'impression d'arriver un peu comme un cheveu sur la soupe.

Mais malgré ses limites, le film donne une vision assez juste de la fameuse chanson de Maxime Le Forestier:  Né quelque part ("on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille"), grace à la bonne tenue des dialogues, et également et surtout, grâce à la solidité des 3 actrices principales, certes chacune dans des rôles pas très éloignés de leurs compositions habituelles (dont Mathilde Seigner en fille en apparence forte mais si fragile au fond) mais qui semblent vraiment au service de leurs personnages.

Bref, une "maman" qu'on aimerait pas avoir dans la vie, mais qui nous fait quand même passer un agréable moment en salles....