so-film-couvMa copine, qui me connait quand même pas mal depuis le temps, m'a envoyé récemment un petit sms écrit lors de sa dernière virée dans un Agora, vous savez un très grande enseigne de presse où tous les passionnés trouvent forcément leur bonheur et une petite nouveauté chaque mois.

Et dans ce sms, donc, elle m'avait mis" j'ai vu qu'un tout nouveau magazine ciné était sorti, ne l'achète pas, je m'en charge"...parce qu',évidemment, si jamais j'avais trainé mes guettres dans la même enseigne quelques heures apres elle, il est évident que j'aurais sauté sur l'occasion...j'ai tendance déjà à acheter toutes les nouvelles parutions, même celles sur le jardinage, alors une sur le ciné, vous pensez bien que j'allais pas trainer longtemps pour faire mon choix!!!

De retour à la maison, je me suis précipité comme un malotru sur son sac (j'ai bien du ll'embrasser quand même, je ne suis pas un goujat à ce point), et me suis donc plongé dans ce numéro un de So Film,le magazine en question...

Et là , je me suis aperçu que que So Film est tout simplement le petit frère de So Foot, puisque c'est la même équipe qui est aux manettes, associé à avec Capricci, boîte de production,et de distributions  de films mais aussi maison d’édition spécialisée dans le cinéma.Une rencontre d'ailleurs rendue possible grâce à le célébrissisme François Bégaudeau ,  désormais directeur de la rédaction du mensuel en plus de ses responsabilités chez Capricci.

Et So foot, c'est peu de dire que je connais et que j'apprécie, vu que je lis depuis le tout début de sa parution, et que c'est carrément à mes yeux et sans conteste l’un des meilleurs magazines papier trouvables en kiosques (voir ce que Chocoladdict, pourtant pas une fan de foot, en dit ici). So foot, c'est un ton qui est carrément devenu une vraie marque de fabrique capable de parler de football avec humour, recul et intelligence, bref, assez loin de ce que la presse sportive traditionnelle ( que je lis pourtant aussi) peut faire. So foot avait carrément permis aux intellos d'assumer avec force leurs passion pour le foot et la presse sportive, et avait réussi à bien faire sa place tant il était décalé par rapport so filmaux autres

Bref, la déclinaison de So Foot  en mag sur  le cinéma a tout d'une excellente nouvelle qui peut apporter une vraie fraicheurdans un secteur, celui de la presse cinéma, un peu à bout de souffle.

En effet, entre revues super élitiste qui s'autoparodient avec suffisance (Les Cahiers ou Positif) et revues populaires qui ont un peu abandonné tout véilleité critiques pour attirer un public de plus en plus jeune et de moins en moins cinéphile (Studio Ciné live, Première), sans parler des revues trop spécialisées et segmentantes (Mad Movies), la presse ciné avait besoin d'un nouveau ton, d'un nouveau regard.

Et même si la période n'est pas forcément la meilleure pour tenter de s'imposer, So Film peut refaire le coup de So Foot et occuper une place aussi importante dans la presse ciné que le premier bébé des créateurs ait pu le faire dans la presse sportive.

D'ailleurs, l'édito du comité de rédaction l'annonce dès la première page: So Film a pour pari de "remettre le journalisme au coeur de l'écriture sur le cinéma, et en faire un magazine excitant, mais qu'on ne feuillette pas. Un magazine de récit qu'on lit, qu'on garde, qu'on prête.

Une fois que j'ai placé la revue dans son contexte (sans avoir été trop rébarbatif j'espère), que faut il penser de cette revue ? Bon, j'ai pas suivi à fond leurs préceptes, je l'ai pour l'instant plus feuilleté que lu en entier, mais je pense avoir suffisament percé l'esprit général du magazine pour pouvoir en relever les points positifs et les points négatifs :

1. Crickye qui me plait dans So film :

- le ton d'ensemble du magazine: l'équipe de So foot n'a évidemment pas oublié son style au vestaire et applique au cinéma le même regard décalé et plein de distanciation ironique sur le cinéma, tout en prenant quand même la matière ausérieux, avec de belles trouvailles dans les rubriques :  (Et si vous deviez faire un film avec Brad Pitt , interwiev délire, posée à Xavier Beauvois et Bruno Poladylès);

- des reportages complets et originaux, qui offrent une enquete détaillée, hors de toute promo sur des sujets passionnants qu'on a jamais vu ailleurs :  Que sont devenus les Charlots,( c'est vrai que je me posais la question  de connaitre l'avenir des autres, après la mort de Rinaldi), focus sur la salle de cinéma de l'Elysée,

- l'intelligence de la revue et l'ouverture d'esprit du magazine à des contrées soit jamais explorées dans la presse spécialisée ( une plongée au sein du  cinéma nigérien); soit pas forcément en lien direct avec le cinéma ( la vision du cinéma de Rael, pas piquée des hannetons).

2. Ce qui me plait moins dans So film

couverture-sofoot - le coté trop proche de So foot : ceux qui ne connaissaient pas la revue sur le football ne s'en formaliseront évidemment pas, les autres dont j'en fais partie trouveront quand même que le mimétisme (qu'on voit dès la couverture, excactement pareille) est flagrant, et que certains rubriques sont un pur copier coller : ainsi la rubique rapido posant plein de questions complètement saugrenues (pourquoi le papier toilette est forcément rose?) à des personnalités  n'apporte rien de plus que celle du mag sportif, même si les réponses des acteurs seront évidemment plus spirituelles que celles des footeux, parfois tellement au ras du plafond que c'en est génant;

- le cahier critique en lui même : la vraie faiblesse du magazine : à l'heure où le cahier critique des autres revues sont réduites à peau de chagrin, il aurait été interessant de développer cette partie là: or, ici, seuls 5 films sont critiqués et, par Emmanuel Burdeau en plus, un transfuge des Cahiers du Cinéma, ce qui finalement ne change en rien du coté " masturbation intellectuelle" que l'on reproche à l'élite de la presse ciné...dommage!!

- la tonalité quand même un peu bobo parisien de l'ensemble : entre une critique du court métrage de Louis Garel (l'emblême des parisiens branchouilles) et un interview croisée entre l'acteur porno chéri des médias intellos, H.P.G et Jacques Rozier, la revue a tendance à cibler le même public que certains autres magazines culturels, comme les Inrockuptibles ( qui d'ailleurs adore le magazine) ,et du coup, ne va pas forcément s'ouvrir à un public différent comme il le souhaite.

- le prix : 4.50€  chaque mois, même si la revue est de qualité, ca reste une somme que toutes les bourses ne peuvent se permettre de verser de débourser.

Bref, une première impression des forces et des faiblesses a priori de cette toute nouvelle revue, en espérant qu'elle saura s'installer dans la durée et qu'elle saura fidéliser un public de cinéphiles curieux et prompt à toute réflexion sur leur passion. Car personnellement, si d'autres revues cinéma ont envie de s'installer sur ce marché sinistré, je suis tout à fait partant pour leur faire une place!!!