caveau de familleIl y a quelques années, en 2006 exactement, et avant même que ne soit diffusé l'émission de téléréalité qui a cartonné sur nos petits écrans, l'amour est dans le pré, un roman basé sur le même principe avait connu un succès énorme dans tous les pays où il avait été publié, et notamment en France : il s'agit du Mec de la tombe d'a coté, écrit par une auteur suédoise inconnue jusque là en France,  Katarina Mazetti.

Les inconditionnels français de ce mec de la tombe d'à côté, sont vite devenus légions : 300 000 exemplaires vendus, et des adaptations théâtrales qui font encore, au jour d'aujourd'hui, autant salles combles aux quatre coins de la France.

Même s'il ne s'agissait évidemment pas de la grande littérature (un best seller l'est hélas trés rarement), j'avais trouvé que ce roman  était une peinture assez jubilatoire sur le thème un peu éculé du choc des cultures.

Construit de façon très habile, à deux voix, à savoir avec un chapitre avec le personnage de la femme, et l'autre avec la voix du personnage masculin, ce procédé permettait de pénétrer avec allégresse l'intimité de ces deux êtres a priori antagonistes, et qui doivent faire avec ce que le coeur et ce que la raison leur dit, d'où des attitudes et raisonnements parfois contradictoires.

Sorte de succession de métaphores hilarantes et brillantes, ce roman suédois m'avait autant charmé que la grande majorité de ces 300000 lecteurs français.

 Evidemment, comme souvent aprés un tel succès (un peu similaire au phénomène littéraire allemand Quand souffle le vent du Nord), l'auteur a décidé de publier une suite, intitulée le Caveau de famille, sorti en début 2011 et que je viens juste de lire durant cet été.mazetti

La lecture du premier volet étant loin derrière moi, j'ai mis un peu de temps à me remémorrer les personnages et l'intrigue, même si sur la première page du livre, figure un petit résumé de l'épisode précédent, un peu il est de coutume de le faire pour les séries télévisées.

Bref, cette piqure de rappel suffit à se familiariser à nouveau avec Désirée  et Benny la bibliothécaire intello et le fermier frustre.

Comme dans le premier volet, entre la souris des villes et le rat des champs, autrement dit, entre ces deux individus que tout sépare,  la passion sera au rendez-vous, et ce, même s'ils peinent  énormément à accorder leurs violons sur le quotidien.

Il faut dire que, dès le début du roman, Désirée tombe enceinte de Benny, et très vite l'idée de vivre ensemble va faire son chemin, ce qui n'est pas évident, vu le fossé qui existe entre les deux. Le couple sera très vite dépassé par la difficile capacité à concilier vie familiale et travail à la ferme, à laquel se greffe problème financier et nouvelle grossesse. Du coup, la comédie se fait plus amère et grincante, et Mazetti a un peu plus de mal avec cette tonalité là qu'avec la légereté, où elle excellait.

 Ainsi, on retrouve dans ce caveau de famille  une partie du charme du premier roman.

J'entends par là que Mazetti sait toujours autant distiller des dialogues pétaradants et plein de saveur,  et nous fait montre, comme dans le premier épisode, de sa capacité à disséquer les états d'ame des personnages avec dérision et une bonne petite dose de sarcasme.

Mais, à mi parcours, l'intrigue commence à lasser et la machine à rouiller un peu. La pente plus dramatique sur laquelle se dirige la romancière a plus de mal à convaincre le lecteur qui s'attendait certainement à rester sur les rives de l'humour et de la légereté.

De plus, le personnage de Benny, obnubilé par ses vaches et sa ferme, au détriment de sa famille, apparait comme trop égoiste et antipathique pour qu'on puisse s'attacher à lui et comprendre le sentiment qu'éprouve Bunny pour lui. Un peu comme dans l'émission de télévision, je ne trouve pas que cela donne envie de partager sa vie avec un agriculteur ( en même temps je n'en avais forcément l'intention)

Ces  réserves n'entravent pas pour autant le plaisir de lecture, mais sans doute quand même assez pour qu'on désire silencieusement que l'auteur ou l'éditeur n'ait pas la mauvaise idée de faire une trilogie de cet amour est dans le pré suédois et littéraire.