thierry-fremaux-et-monica-bellucci-photo-pierre-augrosUn peu d'anglicisme, si vous me le permettez, pour commencer ce premier billet personnalisé sur le festival Lumière, l'évènement cinématographique lyonnais de la semaine, vu qu'une seule expression me vient à l'esprit lorsque je pense à mes premières soirées .. : Shame on me!!

En effet, et contrairement à ce que je vous avais prédit, j'ai lamentablement boudé la cérémonie d'ouverture du festival lundi soir, à laquelle pourtant plus de 4000 personnes ont assisté, et ce, alorsque j'avais bien reçu une invitation de la part du service communication du Festival.

Grosse fatigue passagère à cause d'une très mauvaise nuit (je tiens la coupable, mais je ne dirais mot, une enfant de 3 ans est forcément innocente, n'est ce pas?), volonté d'être un peu frais pour le lendemain car une grosse journée professionnelle m'attendait : ces deux paramètres ensemble ont fait que le courage à l'idée de me méler à la foule de la Halle Tony garnier m'a cruellement fait défaut à l'instant d'y aller.

Du coup, j'ai suivi la cérémonie sur twitter et sur Radio Lumière, la radio spécialement créée pour le festival. J'ai pu ainsi entendre une à une les stars présentes à la soirée s'annoncer au micro (Guillaume Canet, Leila Bekti, Claude Lelouch,Tim Roth, Jacqueline Bisset...), sans oublier la star autour de laquelle Frémaux avait ménagé le suspens de dernière minute  : Monica Bellucci, certainement bellissima comme toujours, mais hélas l_epouvantail1pas l'actrice la plus prodigieuse qui soit au monde quand même (enfin c'est un avis purement subjectif)

Mon plus gros regret par rapport à cette soirée est d'avoir raté le chef d'oeuvre de Jerry Schaztberg L'épouvantail, que j'avais vu étant gosse, mais même pas en entier (j'avais pas le droit de les voir jusqu'au bout à l'époque surtout que la fin était visiblement un peu trash pour le mome que j'étais)  et que j'avais assez envie de revoir sur grand écran. Le film repasse bien deux fois pendant la durée du festival, mais pas à des horaires qui me vont, dommage!!!

Du coup, dès le lendemain soir, pour me remettre de mes contraintes professionnelles aussi éprouvantes qu'imaginées, j'ai tenu à faire mes premiers pas de festivalier 2012, et à cette fin, je suis allé au cinéma Pathé Bellecour, un des cinéma permanents du festival pour aller voir et mes premiers films et mes premières stars.

Là, évidemment, l'affiche principale de la soirée résidait dans la venue de la magnifique actrice britannique Jacqueline Bisset, actrice phare des années 70 que le cinéma holywoodien et français s'est arraché pendant cette période. Ce soir là, Jacquie venait présenter le film le magnifique, comédie de 1973 de Philippe De Broca dans lequel elle partageait l'affiche avec notre Bébel national.

Là encore, des vagues souvenirs d'enfance de vision du film (regardé ce coup ci en intégralité, me semble t-il) me remontaient à la surface, souvenirs plutot agréables et j'avais bien envie de m'y replonger dedans ( dans le film et dans les yeux bleus de Jacquie Bisset).

Hélas, j'avais beau agiter mon accréditation presse devant la fille de la caisse (comment ça, vous ne reconnaissez pas The Biggest filou Bazart?), les dernières places avaient été données juste avant moi; le public (quand même plutot-très- âgé) patientant depuis bien plus longtemps que moi).

Ainsi, je n'avais plus qu'à me rabattre sur l'autre salle du festival, qui projetait un film qui ne m'avait pas forcement attiré l'attention au départ, Je Hais les acteurs, comédie de Gérard Krawczyck de 1986 avec une brochette d'acteurs vraiment fameuse, de Bernard Blier à Jean Poiret en passant par Michel Blanc... 

Le film n'est pas forcément, a priori, de ceux qu'on attend dans un festival qui se propose de réhabiliter avant tout les chefs d'oeuvre du patrimoine.... or, dans mon imaginaire de cinéphile, ce film pour moi n'en faisait assurément pas partie, dans mon imaginaire, c'était juste une satire du monde du cinéma passée une peu inapercue à l'époque, dont seul le titre, un peu provocateur, avait fait parler de lui.

 Mais ce qui est vraiment la plus value de ce festival, c'est que tous les films sont présentés avant la projection par un ou plusieurs intervenants, et dans le cas de Je hais les acteurs, les invités étaient le cinéaste Christian Carrion, le réalisateur de Joyeux Noel ou une hirondelle a fait le printemps (présent au festival tous les ans) et  du réalisateur du film, Gérard Krawczyck, connu surtout pour avoir réalisé les tomes 2,3 et 4 de la saga Taxi (qui, à mon avis, n'aura jamais les honneurs du festival, ou alors c'est que son esprit aura bien changé :o)

Grace à lhaiseurs interventions, on a pu apprendre que c'est Carrion lui même qui a insisté auprès de Frémeaux pour que le film soit projeté dans le cadre du festival, car Je hais les acteurs fait partie des films qui lui ont donné envie d'être réalisateur (pas forcément une super idée au vu des films du cinéaste, oh, que je suis mauvaise langue)

 Gérard Krawczyck, quant à lui, nous a rappellé que le tout paris du cinéma se battait pour apparaitre dans un film au titre si provocateur et que Géard Depardieu lui même, qui venait voir son copain Michel Blanc (avec qui il tournait à la même époque le autrement plus mémorable Tenue de soirée) avait  lourdement insisté pour tourner dans ce film, tant et si bien que le cinéaste lui a trouvé un tout petit rôle à la fin du film, absolument tordant!!

Mais malgré cet hilarant caméo, le film, (magnifiquement restauré, comme le cinéaste nous l'a informé au début)  était conforme à l'idée que je m'en faisais.

En effet, il n'est pas grand chose d'autre de plus qu'une pochade un peu datée truffée de grands noms du cinéma comique venus souvent en copains... l'idée de départ, pas bête sur le papier était de construire un (semblant) d'histoire autour d'un pastiche de polar classique américain des années 50 en noir et blanc où Poiret et consorts jouent des stars et des producteurs de cinéma de l'âge d'or Holywwod...  des meurtres auront lieu autour d'une superproduction (film qui se voudrait encore plus grand qu'autant en emporte le vent,) mais évidemmentje hais,  la résolution de ces mystères n'a aucun intéret.

Trop désinvolte pour qu'on s'interesse à l'histoire, mais pas assez exagéré pour être vraiment drôle, le film est assez anecdotique, mais il reste le réél plaisir de voir tous ces acteurs mythiques (en plus des déjà cités, Dominique Lavanant, Claude Chabrol et Galabru offrent des prestations croustillantes) dont certains sont hélas disparus, et de voir dans des petits rôles les futurs réalisateurs Patrick Braoudé et Jean Claude Lillenfeld.... Bref, un vrai plaisir d'acteurs pour un film qui clame le contraire, mais assurément pas un grand chef d'oeuvre du 7ème art...

 A la fin de la projection, les applaudissements étaient assez tièdes, le public semblant partager mon avis... En fait,  seule une personne assise juste derrière moi semblait applaudir bien plus fort que les autres, déclamant tout un tas de " bravos"venthousiastes...je me suis retourné et là, oh surprise, c'était Claude Lelouch en personne qui était présent dans la partie réservée aux invités...

Et alors là, rien que de savoir que j'ai passé toute une projection avec le souffle d'un de mes réalisateurs fétiches dans le dos, ne m'a pas fait regretter ma soirée, et me donner envie, bien évidemment, de continuer à tracer ma route dans ce festival  tellement à part (to be continued......)