lettrequidevaitSans le concours de Babelio, et de Xo éditions, qui m'ont fait découvrir ce livre (un grand merci à eux et notamment à Hermine), je serais certainement passé à coté de ce premier roman de Rachel Joyce, intitulé La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi. .

En effet, il n'est pas sûr du tout que je me sois arrété sur ce livre au titre un peu trop long pour attirer l'attention (le titre anglais the unlikely pilgrimage of Harold Fry est plus interessant et parlant, pourquoi ne garde t-on pas, comme pour les films, les titres dans leur version originales?).

Et j'aurais sans doute eu tort, car sans que ce roman soit le livre du siècle, loin de là, j'aurais raté un chouette moment avec des personnages interessants, et un "feel good book", à l'instar des feels good movies qui marchent tellement au cinéma.

Le livre commence un matin (un mardi donc, le titre, aussi long soit il, ne nous met pas sur une fausse piste), lorsqu'un retraité, Harold Fry reçoit une lettre de Queenie Hennessy. 

Sur l'enveloppe, l'écriture tremblontante d'une ancienne collègue de travail, dont il n'a plus eu de nouvelles depuis 20 ans. Queenie Hennessy. Cette dernière lui apprend qu’elle est atteinte d’un cancer incurable et le remercie pour son amitié. Harold n’a pas eu de nouvelles de Queenie depuis des années.

Sur un coup de tête,et attéré par cette nouvelle,  il décide de lui rendre une visite. À pied, avec juste une paire de chaussures bateaux bleus. Or, léger problème, Queenie est hospitalisée à plus de 800 km.

Du sud au nord de l’Angleterre, Fry va alors suivre les routes qu’il parcourait autrefois pour son travail. Durant sa marche, la vie d'Harold défile devant ses yeux, les bons comme les mauvais moments. Ces séquences souvenir sont l'occasion pour nous d'en apprendre plus sur Harold, sur sa vie de couple et sa famille

Au gré des rencontres, Harold va partager son histoire, écouter celle des autres et se plonger dans une introspection qui lui fera voir les drames de son existence sous un jour nouveau. Peu à peu, la nouvelle de son entreprise va se répandre jusqu'à devenir un évènement public, médiatique qui bouleversera l'Angleterre tout entière, faisant de cet homme discret et réservé un emblème de la foi et du courage. Quatre-vingt-sept jours de marche pour changer le destin d'un homme…

Evidemment, la route que prend Harold Fry est pavée de bonnes intentions et suit un chemin convenu qui le menera à la rédemption et à l'évolution de son couple, qui battait séverement de l'aile. Cette intrigue, sous forme de road movie, fait penser à pas mal d'autres, livres ou films ( d'une histoire vraie de David Lynch, un road movie en tracteur, à La vie trés privée de Monsieur Sim de Jonathan Coe), et ces références ne font pas forcément pencher la balance en faveur de ce livre, trop gentillet, trop monocorde,, surtout comparé à ces poids lourds.

Mais, malgré cette avalanche de bons sentiments, de prévisibilité et de candeur qui se dégagent de ces pages,  le livre se suit avec un plaisir certain. Certains passages quittent ce tracé d'apparence trop balisé pour aborder des registres moins attendus, des passages où les personnages sont plus nuancés et ont des moments de doute et de remises en questions assez intéressantes.

Et le ton du roman, parfois loufoque, avec des personnages (les fameuses rencontres que fait Harold tout au long de son périple) hauts en couleur, nous revèle un versant de l'Angleterre et des anglais qui m'ont toujours captivé, depuis mes séjours de jeunesse dans ma famille anglaise.

Bref, ce livre n'est évidemment pas de la grande littérature, mais il se lit avec un plaisir incontestable, et possède un grand mérite pas si courant que cela dans la littérature moderne : celui de divertir sans abrutir!!!