alain delonLors de ma virée au village Lumière, il y avait, outre Pascal Mérigeau, un beau panel d'écrivains venus dédicacer leurs ouvrages tous en lien évidemment avec le 7ème art.

Si je connaissais certains plus de plume que de leur visage, pour d'autres, c'était plutôt le contraire. Ainsi, de Nicole Calfan, je connaissais son travail de comédienne, et notamment grace à son mémorable(?) role dans une non moins mémorable(?) saga de l'été dans les années 90, Les Grandes Marées.
Je connaissais moins son travail de romancière, et ce, alors même que l'ex comédienne a déjà écrit une dizaine de romans dont La Liseuse d'icônes (Ed. L'Archipel) en 2011 ou Toi l'ours, moi la poupée (Ed. Michel Lafon) en 2003 dans laquelle elle revenait sur un autre homme de sa vie, le comédien disparu Jean Yanne.
Au Festival Lumière, Nicole Calfan était présente pour promouvoir son dernier livre, "Lettre entr'ouverte à Alain Delon", qui, est comme son nom l'indique, un hommage au comédien mythique du cinéma français, avec qui Nicole Calfan a partagé l'affiche dans le chef d'oeuvre de Jacques Deray Borsalino en 1970. Les deux comédiens  s'étaient rencontrés cette année là, au moment où Delon vivait une relation passionnée avec l'actrice Mireille Darc.
Dans ce livre, Nicole Calfan brise le tabou des amitiés impossibles entre hommes et femmes et lève un coin de voile sur une histoire d'amour-amitié manifestement inoxydable.
Il y avait beaucoup de monde pour se faire dédicacer ce livre, la plupart de ces lecteurs étant évidemment très interessés par le personnage Delon, qui continue de fasciner, en dépit (ou grâce à?) de sa réputation pas toujours évidente à appréhender. Moi même, si j'ai quand même beaucoup de mal avec l'image qu'il renvoie dans les médias et qu'il faille bien reconnaitre qu'il n'a plus fait un bon film de ciné depuis 30 ans, l'acteur continue de m'interesser et il me plait, si l'occasion se présente, d'en savoir plus sur lui.
J'ai donc eu l'opportunité de livre cet ouvrage (merci à Alain Pons, l'attaché de presse de Madame Calfan), et à vrai dire, il faut avouer qu'on apprend peu de chose sur la star Delon, à part un ou deux éléments sur la solide amitié qui le lie depuis 40 ans à Nicole Calfan.
 
En fait, le livre n'est pas vraiment linéaire, il s'agit d'une longue divagation un peu décousue sur cette amitié, d'où poind une vraie nostalgie de l'auteur pour les premières années de cette rencontre amicale.  Dans ce livre, Nicole Calfan égrène ses souvenirs avec une certaine nostalgie,et où Delon est le grand frère, le pilier sur lequel s'accrocher,  un phare qui éclaire une route aux trop nombreuses zones d’ombre.
Malheureusement, par manque d'anecdotes croustillantes et de point de vue vraiment accrocheur, cette longue lettre ne convainc jamais vraiment.... Et de Delon, il faut dire qu'il n'en est question qu’épisodiquement, à travers des tournages (Borsalino, Le Gang et Frank Riva) et à travers un week-end, pas follement passionnant, dans sa propriété à la campagne.
Et ces quelques passages ne suffiront pas à modifier l'image que j'ai de Monsieur Delon....
Toutefois, les adorateurs de Monsieur Delon qui ont eu leurs livres au Village Lumière seront  sans doute plus emballés  et convaincus que moi...
Il faut dire que ces personnes ne semblaient pas vraiment être de ma génération, et je suis sans doute de celles qui n'a pas pour l'acteur du Guépard et de la Piscine la même fascination qu'ils peuvent ressentir à son encontre...