de-l-autre-cote-du-periph-photo-4f019700868c0Quelques jours après avoir laissé Omar Sy et Laurent Lafitte pas  vraiment à leur affaire dans un " Mais qui a re-tué Pamela Rose" de sinistre mémoire, j'aurais pu avoir quelques réticences à retrouver le duo,  ce coup ci, dans les rôles principaux d'une comédie policière sorti en cette fin d'année, et qui s'appelle De l'autre coté du périph. Et pourtant, ayant envie en ce mois de décembre d'un peu plus de légereté que de coutume, j'ai réussi à convaincre un pote, peu enthousiaste au départ à aller jeter un oeil, de m'accompagner à ce "petit" film qui ne l'emballait pas plus que cela.

Il est vrai que le film pouvait laisser craindre un produit calibré et marketté jouant sur la nouvelle popularité de l'"intouchable" Omar Sy, encore dans le rôle de type de banlieue sympa et débrouillard. Même si le film a été tourné avant le triomphe de la comédie du tandem Tolédano-Nakashe, il bénéficie forcément des retombées de ce carton, et la promo a beaucoup joué là dessus, même si Omar, actuellement à Los Angeles,  officiellement pour retrouver de la sérénité loin de Paris, (et officieusement pour prendre des contacts quant à une éventuelle carrière anglo saxonne), n'était pas en chair et en os pour le défendre.

Aux manettes de ce film, pas forcément non plus de quoi sauter au plafond : en effet,  le réalisateur, David Charhon, 40 ans, n'avait qu'un film sur le CV,  2009 « Cyprien », comédie bien lourdaude avec Elie Semoun.

Et enfin, pour courroner le tout, au niveau du scénario non plus, le film ne laissait pas forcément de grands espoirs sur la qualité du film: le script,  semble piller sans vergogne les comédies américaine des années 80 du genre dit "buddy-movie" ( dont l'Arme fatale ou autres 48 heures semblent être les fleurons du genre). Vous savez bien, ce genre de comédies policières qui mettent en scène un duo de flics aux intérêts, à la base, bien divergents.

 Ici, c'est totalement le cas, puisque le scénario fait se rencontrer dès les premières minutes du film un policier banlieusard près a tout pour faire tomber "les gros bonnets"  ( Omar Sy) et un inspecteur dandy du 16eme satisfait de sa bonne situation ( Laurent Laffitte). Ousmane Diakité, de la section financière de Bobigny, et François Monge, de la très chic crim parisienne, mêlent ainsi leurs talents(?) respectif pour enqueter sur l'assassinat de la femme du patron des patrons.

Deux hommes que tout oppose, Ousmane Diakité (Omar Sy), de la section financière de Bobigny, et François Monge (Laurent Lafitte), de la très chic crime parisienne, se retrouvent dans l’obligation de travailler ensemble sur une affaire. Le résultat donne un film mariant l’humour, l’action, le social et la politique.

Or, aussi surprenant que cela puisse paraitre, malgré tous ces handicaps de départ, cet autre coté du périph est une très bonne surprise, et une comédie qui fonctionne parfaitement. 

Il faut dire que l'atout principal du film est bien sur ce duo de flics antinomiques, mais parfaitement complémentaires, et à ce niveau cela marche tout à fait. Le réalisateur a particulièrement soigné les dialogues, ainsi, les acteurs s'envoient des répliques toutes plus drôles les unes que les autres qui  jouent aussi sur la différence entre la banlieue et Paris, opposant, avec une certaine pertinence et même parfois de la subtilité, les "bourgeois" aux "banlieusards". 

Et les dialogues ne fonctionneraient pas aussi bien si les comédiens qui les déclamaient n'étaient pas aussi en forme. Si Omar Sy, sur sa lancée d'Intouchables est toujours aussi à l'aise , et possède toujours une vis comica incroyable en matière de tchatche comique, il se fait quand même bien voler la vedette par un Laurent Laffite qui a enfin le premier rôle qu'il méritait.

On voit bien  que le pensionnaire de la comédie française,  et accessoirement sosie de Michel Leeb ( le talent en plus)  s'éclate dans ce rôle de flic des beaux quartiers plein de suffisance et en même temps pas si sur de lui, et il nous réserve les moments les plus jubilatoires du film, comme par exemple cette séquence clé dans la boite échangiste ( dans laquelle Omar Sy ne simulait pas son aversion pour ce genre d'endroits), où le coté mi sérieux mi décontracté de Lafitte nous fait hurler de rire.

 Evidemment, l'enquete policière en elle même n'interesse pas vraiment le cinéaste, donc pas plus le spectateur, mais qu'importe, l'essentiel est bien dans cette alchimie entre les acteurs qui contribue énormément au plaisir que l'on peut facilement prendre au film...Bon, mon pote a néanmoins un peu tiqué à la sortie du film, mais je pense qu'il était vraiment d'humeur bougonne, il n'y a pas d'autres esplication :o)