confessionAu jour d'aujourd'hui, alors que je n'ai pas encore mis en ligne mon top des films 2012 (mais rassurez vous , ce n'est plus qu'une question de jours),  je me tate sur le fait de savoir si je vais,parrallèllement, établir un flop des pires films de l'année passée.

Il y a  quelques semaines, j'aurais eu peu de matière  pour le faire, car, si l'année cinematographique ne fut pas riche en chef d'oeuvre, elle  fut également avare en nanars.

Mais,  je vous avouerai que, récemment,  sans parler de navets complets, je me suis maté 3 ou 4 films vraiment pas terribles, chacun dans leurs genres différents. Je ne ferais pas de délation, vous avez qu'à aller voir mes rubriques du coup de griffe du samedi ou les sorties DVD du même jour, elles sont (presque) toutes là.

En ce premier samedi de 2013, en voici une de plus, pour remplir cette liste de déceptions : les fameuses Confessions d'un enfant du siècle, que je viens juste de voir en DVD qui sort le  9 janvier prochain.

Ce film, pourtant présenté à Cannes à un certain regard,  faisait saliver pas mal de gens avant de l'avoir vu. Il faut dire que le coktail de départ faisait diablement envie : adaptation du seul roman du poète dandy Alfred de Musset, premier role de Pete Deherty ,  rencontre amoureuse avec Charlotte Gainsbourg et enfin, Sylvie Verheyde, la cinéaste de Stella aux manettes, tout cela suscitait forcément un maximum de passion et de convoitise et  d'ailleurs je l'avais inclus dans ma sélection de l'époque de sa sortie en salles, fin aout.

Car à l'origine, l'idée de Sylvie Verheyde  de donner ,  pour  son premier rôle au cinéma, à Pete Doherty, l’enfant terrible du rock anglais, le rôle titre  d’Octave, le narrateur du roman de De Musset paraissait parfaitement judicieuse. En effet, le personnage de De Musset qui  passe sa vie à le vouer au plaisir, mais ne récolte finalement qu' certain mal de vivre, un spleen avant l'heure. 

On se dit alors à première vue, qu'une personnalité qui semble, d'après les échos qu'on a de lui et l'image médiatique qu'il renvoie, éprouver le mal du 21e siècle, est tout à fait apte à faire ressentir celui, ardent, désespérant, du 19e, que Musset rend  compte dans son ouvrage.

Malheureusement, si Pete Doherty semble à la ville dévoré par un vrai feu, il apparait à l'écran comme étrangement lympathique. Manquant par trop d'expressivité, Pete Doherty affiche pendant toute la durée du film une sorte de langueur et de mollesse qui ne sert pas vraiment l'oeuvre de De Musset. Tout, de ces attitudes à son expression du visage, ne réflète que nonchalance,  détachement vis-à vis de tout ce qui l’entoure, et il s'avère, dès lors, impossible de deviner si le personnage est animé par la joie, la passion, le désespoir, ce qui empeche du coup toute empathie possible avec le pesonnage.

Heureusement, après une heure de film où l'on plongeait vraiment dans une torpeur qu'on imaginait durer jusqu'à la fin, l'’apparition de la toujours incandenscente Charlotte Gainsbourg redonne du rythme et de l’engouement pour un récit vraiment trop plombé par la présence atonique de Pete/Octave.

Mais, malgré cette présence qui réserve quelques (trop rares) beaux moments, la romance ne s'enflamme jamais vraiment, et l'on ne ressent pas l’amour brûlant d'Octave pour Brigitte, cet amour qui  devrait, d'après les propres mots de De Musset, envahir le personnage.

Et pour ne rien  arranger à l'affaire, la façon de filmer de la cinéaste,  certes originale (,utilisant  gros plans et caméra à l'épaule),  car brisant l'académisme inhérent à ce genre de projets,  n'arrive pourtant pas  pour autant vraiment à conférer  la modernité voulue. Sylvie Veyrheyde refuse de jouer la carte de la grande fresque romanesque, et hélas, ce qu'elle propose à la place ne convainc pas.

Bref,  un film que l'on peut voir pour les fans de curiosités et de films un peu à part, mais il est évident que ces confessions ne sont pas le film du siècle, vous l'aurez compris!!! 

 Je voudrais adresser, malgré mes réserves sur le film, un grand merci au distributeur Ad Vitam et surtout à Louise pour l'envoi du DVD.