boyDécidément Cinétrafic me fait voyager  loin en ce début 2013: après Cuba il y a quelques jours, voici que le dernier film que j'ai pu voir grace à l'opération Un dvd contre une chronique m'a amené encore plus loin, aux antipodes si je peux dire, puisqu'il m'a fait découvrir un pan d'un cinéma très peu connu en France: le  cinéma néo zélandais.

Boy de Taika Waititi est l’un des plus gros succès du cinéma néo-zélandais, il d'ailleurs a reçu plusieurs récompenses dans des festivals internationaux, comme celui de Berlin, mais est sorti en France dans le plus total anonymat (même moi qui me souviens normalement de 95% des films sortis en salle, est complétement passé à coté de celui ci).

Boy,  qui sort en DVD le 5 février, distribué par Arte Editions( dans sa nouvelle superbe collection dédiée à l'enfance) nous amène carrément chez les maori, cette tribu qui ait renversé la planète cinématographique- et moi par la même occasion- voilà déjà plus de 15 ans avec le superbe Ame des guerriers de Lee Tahamori.

 Ici, les maori présentés dans le film de Taika Waititi n'ont rien d'aussi effrayants que  ceux de L'âme des guerriers ( ce qui est un peu logique pour  qu'ils puissent avoir leur place dansla collection famille dont je vous parlais), bien au contraire. 

Car le réalisateur, qui joue aussi un des rôles principaux du film ( le papa complètement à la ramasse),  a choisi l'angle de la chronique légère et tendre, à travers les yeux d'un jeune garçon de 11 ans, surnommé Boy, qui habite au début du film  dans un village maori avec sa grand-mère, son petit frère Rocky, et une tribu de cousins.

L'histoire se passe en 1984 ( ce que le film n'indique pas forcément clairement, les références à Mickael Jakcson ou à ET  pouvant très bien se passer de nos jours), et  Boy passe le plus clair de son temps à imaginer des scénarios rocambolesques dans lesquels son père absent, Alamein, joue toujours le rôle principal : tantôt en samouraï maori, tantôt en star du rugby ou encore en intime du roi de la Pop. Après 7 ans d’absence, lorsqu’Alamein rentre à la maison pour que le garçon l’aide à retrouver le butin d’un hold-up, Boy va devoir confronter ses rêves à la réalité...

Le film part à l'origine d'une réalité sociale pas forcément très légère. En effet, comme j'ai pu le voir dans le dossier de presse du film, le personnage du père absent s’est construit autour d’une réalité vécue par une génération de Maoris, stigmatisés dès l’enfance, rejoignant des gangs pour reformer une famille. Ces hommes et ces femmes ont préféré s’éloigner de la culture maorie et s’identifier à des hors-la-loi, à des héros romantiques. A la fin des années quatre-vingt, la plupart d’entre eux sont revenus à leurs origines, comme le personnage d’Alamein dans le film.

Mais, malgré ces vies bouleversées et parfois très rudes, le film est une vraie et belle omédie, portée par une lumière vive et évidente, un ton optimiste et  surtout beaucoup de fantaisie. Le père rebelle et tête brulée du début va vite très vite perdre de sa superbe et laisser paraitre sa vraie nature : totalement frimeur, mais en fait complétement à coté de la plaque et dépourvu du moindre sens des responsabilité.

Le film, qui se voit à travers les yeux de ce petit garçon de 12 ans, m'a fait penser à deux films sur l'enfance vu récemment au cinéma ou en DVD : Summertime et Les Bêtes du Sud Sauvages. Dans ces trois films, il on a affaire d'un même récit intiatique de jeunes obligés de grandir trop vite dans une zone située  toujours loin de la civilisation, à cause de parents complétement immatures ou démissionnaires. 

Mais ici, contrairement aux deux films précités, le réalisateur privilégie le traitement de l'humour,  un humour découlant du décalage entre la narration de l’enfant et la réalité à l’image.

Le film possède donc un réel charme tenace, lié à une poésie et une fantaisie de tous instants, et des idées comiques vraiment réjouissantes ( la tante  du Boy  en question qui exerce une dizaine de métiers différents) et le manque de moyens du réalisateur est compensé par une inventivité de tous les instants, avec notamment un recours à l'animation toujours bienvenu.

 Une très jolie découverte, à voir en famille avec des enfants à partir de 9-10 ans, pour prendre des nouvelles d'un cinéma qui, vu de l'hexagone, ne nous en donne bien peu.

Et parmi les bonus présents dans le DVD, figure une présentation très originale et décalée du film ( à regarder si possible avant le visionnage du film) par le réalisateur, ainsi qu'une explication du tournage de quelques scènes clés ( dont certaines ont été coupées au montage), et un intéressant court métrage du réalisateur qui comporte quelques thèmes et personnages très proches de son long, en version moins aboutie.

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