les-paradis-artificiels-affiche-web-360hRecife, Brésil. Erika et Lara viennent participer et mixer à une immense rave party. Au-delà du plaisir, elles vont s’initier aux extases de l'amour et des drogues. Amsterdam, 2 ans plus tard. Nando est sur le point de ramener des drogues de synthèse à Rio. Lors d’une soirée, il rencontre Erika, DJ désormais bien établie.Entre plaisirs éphémères et sensations éternelles, ils ressentent immédiatement une passion qui les dépasse…

Les Paradis artificiels est un film brésilien de Marcos Prado dont j'avais pas mal entendu parler à sa sortie en salles, mais pour des raisons complétement externes au film en lui même.
En effet, deux jours avant sa sortie programme en France, soit le 31 octobre dernier, son distributeur Damned Distribution avait décidé, pour la première fois dans l'histoire du cinéma en France, d'offrir le film en avant-première gratuite en live sur dailymotion.fr le 29 octobre à 22h, afin de renforcer l’exposition du film (6 000 spectateurs en simultané, 400 000 visionnages de la bande annonce…) et de créer un bouche-à-oreille conséquent sur internet afin qu’un plus grand nombre de spectateurs se déplacent dans les salles.
Hélas, suite à cette opération qu'ils n'ont pas approuvé, une grande majorité de cinémas avait décidé à la dernière minute de déprogrammer le film à la veille de sa sortie et du coup, il sorti dans l'indifférence totale, les rares critiques presse n'étant de plus pas très favorables au film.
Heureusement, le film vient tout juste de sortir en DVD et VOD depuis mardi, le 5 mars, et comme mon PC est une catastrophe et que j'avais pu voir correctement sa diffusion sur daily motion, j'ai eu l'occasion de  le voir un peu avant sa sortie ( merci à Blanche de l'agence MIAM), ce que je ne regrette pas, tant le film vaut mieux que la vaine polémique qu'il a engendré.

Les Paradis Artificiels est le premier film de fiction de Marcos Prado, après la réalisation de deux documentaires et après avoir produit Tropa de Elite (2008), grand succès au Brésil, réalisé par José Padilha.

Pour son premier long de fiction, Prado s'interesse à un sujet de société important au Brésil à travers cette jeunesse dorée qui passent leurs soirées sur fond de rave party , de musique éléctronique et de substances illicites plus ou moins dangereuses.

Le scénario du film, à cheval sur deux périodes et deux pays différents (Les Pays Bas et le Brésil), est parfois un peu inutilement alambiqué et un peu tiré par les cheveux ( surtout une fois que l'on saisit le fin mot de l'histoire), mais n'est reste pas moins romanesque, et surtout, le film réussit quand même nettement son pari grâce à une vraie capacité d'envoutement de la mise en scène.

Les Paradis artificels bénéficient notamment, comme atout principal, d'une photographie d'une beauté exceptionnelle, magnifiant énormément les corps ( avec notamment une magnifique une scène d'amour lesbienne  à mi parcours) et conférant à cet univers  festif et dangereux un vrai pouvoir de fascination.

Alors que la plupart des films sur les dangers de la drogue décrivent souvent un univers sombre et glauque, le metteur en scène prend ici un parti pris totalement divergent.

Or, il faut reconnaitre que ce mélange de sensualité, poésie, ivresse et dépendance témoigne d'un vrai talent de cinéaste, et on se sent vraiment imprégné par cette experience assez hyptonisante et bien plus agréable visuellement que notamment Requiem For a Dream dont le film se veut le miroir inversé. Et pourquoi après tout un film sur les épreuves de la drogue devraient forcément être une épreuve pour le spectacteur aussi?

Vaste débat, et à dafaut de pouvoir y répodre, je vous laisse avec la bande annonce de ce beau film brésilien.

 Le film peut se commander directement sur le site de Damned Distributions