No-Allez, après quelques chroniques de film en salles plutot mitigées, je reviens vous parler d'un petit coup de coeur pour un film que j'ai pu voir grace à ma chère Potzina ( chez qui j'avais remporté des places sur son blog) .

Ce film, c'est No, de Pablo Larrain, le dernier volet d'une trilogie sur l'histoire du Chili. Si je n'ai pas eu la possibilité de voir les deux premiers volets (j'ai pourtant Tony Maniero son premier film qui m'attend dans ma PAV de DVD) , je tenais beaucoup à regarder celui ci, tant j'en avais entendu du bien, et ce, depuis sa présentation à Cannes l'an passé.

Il faut dire que le sujet est vraiment de ceux qui me passionnent. En effet No a le  grand mérite de  poser la question de la place croissante de la communication' dans la vie publique en général et dans la politique en particulier ...

Le film se déroule en 1988, et si en France à cette époque on se souvient plus de la campagne des présidentielles françaises de 88 et le "force tranquille" de Mitterrand concocté par Séguéla, ),t où on ignorait un peu tout ce qui se passait de l'autre coté du globe, au Chili plus précisement, là où Pinochet était sommé par les autorités internationales de légitimer son régime par le biais d'un référendeum.

J'adore le point de vue de départ du film, celui de nous montrer à quel point la publicité peut être utilisée à des fins politiques, comme enjeu de démocratie.

Dans No, on suit les pérégrinations d'un publicitaire en vogue, qui, dans les faits, était visiblement la combinaison de diffférents publiciitaires  incarné par l'épatant Gabriel Garcia Benal. Ce pubard va ici décider d' appliquer ses méthodes publicitaires quotidiennes pour faire gagner le « Non » face à Pinochet. Sa stratégie ? : la vision d’un avenir meilleur, l’assurance du bonheur avec ce slogan : « Alegria viene (Happiness is coming) ».Il avait compris  plus que quiconque comment utiliser le système néolibéral mis en place par la dictature pour mieux se l’approprier et en faire une promesse électorale.

Le film revient donc avec  grande minutie mais sans didactisme aucun sur le calendrier du référendum, la réalisation des formats publicitaires de 15 minutes, les intimidations et les menaces dont ont fait l’objet chacun des instigateurs de cette campagne du « No », la ferveur du peuple qui a conduit à une manifestation durement réprimée, l’indifférence du gouvernement en place avant qu’il se mette en ordre de bataille du fait du succès progressif de ce rejet du référendum…

Les premières minutes du film peuvent certes un peu décontenancer par la forme choisie par le cinéaste :  en effet, comme pour livrer un témoignage d’archive, Pablo Larraín a utilisé le même format que les images réalisées dans les années 80,  ce qui donne à l’image  un coté un peu frelaté, mais passé un petit temps d'acclimation, cela donne au film une authenticité pas toujours présente dans les chroniques d'époque. Par ailleurs, le gros  travail fait  sur les décors et les costumes ajoute au réalisme du passé.

Par ailleurs le récit utilise très intelligement le ressort de la publicité pour dépeindre les tendances socio-culturelles de la fin des années 80, de la promotion des premiers fours micro-ondes aux campagnes télévisées pour les boissons au cola.

Bref, entre un scénario très intelligement construit et une mise en scène qui distille à la fois tension, intensité dramatique et pointes d'humour binevaillantes,  le film se voit avec un vrai et grand plaisir  et ce No constitue un vrai bonheur de cinéma qu'il ne faut pas ( si vous le pouvez, le film ne sort pas dans énormément de salles) laisser passer... En résumé, personne ne peut dire No à ce film!!!