_DSC9873Si j'avais -encore- plus de temps à consacrer à mon blog, j'y tiendrais  à coup sûr une chronique régulière des acteurs dont le visage parle beaucoup aux gens que le nom.

En effet, j'ai pour spécialité de retenir, un peu malgré moi, tous les noms des acteurs ( français) jouant des 10 èmes rôles dans les films. Et je vois bien que les yeux de mes interlocuteurs crient SOS lorsque je leur parle avec conviction de "l'extraordinaire Laurent Grévill", du "fantastique Frédéric Pierrot" ou du "non moins sensationnel Patrick Catalifo",  entre autres figures incontournables du cinéma français des deux dernières décades.

Et si je tenais cette chronique, j'aurais certainement commencé par écrire une ode à Antoine Duléry, un de ces fameux acteurs que tout le monde a déjà vu des dizaines de fois à l'écran, mais sans jamais en retenir le nom.

Personnellement, j'ai découvert pour la première fois cet acteur au cinéma, dans un film de Claude Lelouch, un de mes réalisateurs préférés, qui a d'ailleurs continué  à le faire tourner dans de nombreux films, tant  le jeu de cet acteur colle bien au naturalisme cher au réalisateur d'une Femme et une Femme.

Le film de Lelouch qui m' a fait connaitre Duléry, c'était Tout ça pour ca, ce fameux film dans lequel Fabrice Lucchini, fidèle à lui même, nous offrait un numéro hilarant,  avec notamment  une scène d'anthologie sous une tente de camping.  Mais, dans cette excellent comédie lelouchienne, je n'avais pas que remarqué la prestation de Lucchini.  En  effet, et en quelques scènes seulement, Antoine Duléry arrivait à nous rendre attachant son personnage de patron de restaurant enjoué et nous offrait notamment une imitation de Michel Serrault aux petits oignons dont lui seul a le secret.

Ensuite, je l'ai revu maintes et maintes fois  ou au cinéma ou à la télévision, avec des films comme Profil Bas de Claude Zidi, Meilleur Espoir Féminin de Gérard Jugnot ou encore Mariages de Valérie Guignabodet, sans oublier évidemment l'énorme e carton Camping, qui a certainement permis à Antoine Duléry de se faire connaitre du grand public ( et du coup de se rappeller, peut-être, de son nom).

  Récemment, je l'ai- hélas- raté dans l'adaptation par Jalil Lespert du très beau roman d'Olivier  Adam, Des vents contraires, un film dans lequel, selon l'avis général, il nous offrait , dans le rôle d'Alex, le frère du personnage principal joué par Benoit Magimel, une prestation toute en subtilité et en émotions,  proposant ainsi une autre facette de son jeu.

Il faut dire qu'Antoine Duléry, est, avant d'être acteur de cinéma, un grand acteur de théâtre, ayant notamment joué au sein de la compagnie Renaud Barrault, et c'est cette formation là qui lui permet de savoir tout jouer, même si ondulery le voit plus volontiers dans les comédies, Duléry ayant une vis comica indéniable.

S'il a beaucoup joué au théatre, il y avait encore un domaine dans lequel Antoine Duléry n'avait pas démontré son talent, c'est le one man show, et c'est désormais chose faite depuis très récemment puisqu'il a commencé mi avril à se lancer dans une tournée dans laquelle il présente un spectacle très ambitieux, mélangeant théatre et cinéma, et qui s'intitule tout simplement "Antoine Duléry fait son cinéma mais au théâtre".

Voici en quelques mots le résumé de ce spectacle : Antoine est en soirée avec des amis comédiens… bien qu’il répète toutes les cinq minutes qu’il doit partir, il n’arrive pas à PARTIR. Car partir, c’est quitter le public, c’est oublier les siens. Et Antoine n’oublie pas. Il se souvient de ses pères majestueux : les grands acteurs du passé mais aussi de ses complices d’aujourd’hui.
Tour à tour Belmondo, Luchini ou Johnny, il passe d’un personnage à l’autre, du théâtre au cinéma, du réel à l’imaginaire avec virtuosité : Delon croise De Niro, Luchini poétise avec Jouvet, Galabru dialogue avec Serrault. Au gré de ces rencontres improbables naissent des situations jubilatoires.

  Bref, sur le papier, ce spectacle d'Antoine Duléry a tout pour me plaire, puisqu'il convoque tous les grands noms de mon art préféré, et qu'il lui permet visiblement de mettre en exergue tout son potentiel artistique, et notamment ses talents d'imitateur, ceux que j'avais donc pu entrevoir chez Lelouch.

Et comme le hasard fait bien les choses, sachez qu'entre une venue sur Nantes ( du 6 au 8 juin) et un autre en Avignon en plein festival ( du 6 au 26 juillet), Duléry passera la semaine prochaine sur Lyon, et carrément dans "mon" théâtre du Rideau Rouge, dont je vous ai parlé maintes et maintes fois déjà sur ce blog. 

Et évidemment, j'y serais et je ne manquerais pas de vous dire tout le bien (je n'en doute pas une seconde) que j'ai pensé de cette représentation, bien alléchante sur le papier.