diable-rouge-gfAprès avoir lu les deux premiers romans de la collection de polars de Denöel, Sueurs Froides, qui  fut ramené à la vie en début d'année, avec notamment un éblouissant roman de Sandrine Collette, on m'a envoyé, il ay a un peu plus d'un mois, le troisième roman de la collection, dont je viens tout juste d'achever la lecture.

Ce roman, c'est Diable Rouge d'un certain Joe R. Lansdale, visiblement une valeur sure du genre, mais comme j'ai quelques carences dans le domaine du roman noir, je dois vous avouer que je n'en avais jamais entendu parler avant d'ouvrir son dernier opus en date publié en France.

Joe R. Lansdale s'est visiblement fait connaitre en France par les amateurs de polar au début des années 2000 avec les aventures de son duo d'anti héros
Leonard Pine et Hap Collins. Débarqués en France en 2000 dans la Série Noire de Gallimard avec L’arbre à bouteilles, ces deux anti-héros  made in  Texas enchaînent depuis les enquêtes, avec leurs techniques très personnelles d’investigation.

Hap Collins, le petit blanc libéral en ménage avec la rousse infirmière Brett, et Leonard Pine, le baraqué black homosexuel et républicain, vétéran de la guerre du Vietnam, qui aime bien cogner sur tout ce qui bouge et en particulier les gens qui ne sont pas d’accord avec lui.

Bref,  ces deux là n'ont a priori  rien en commun, et plus que des amis, ce sont de vrais frères d'armes.

Je vous avouerai que n'ayant lu aucun des épisodes précédents, et n'ayant pas tenté de connaitre un peu leurs états de service avant de me plonger dans ce Diable Rouge, j'ai éprouvé quelques petites difficultés à comprendre leurs motivations et leur facçon de raisonner... Autrement dit il est bien plus facile pour les initiés de se plonger dans ce Diable rouge que pour les néophytes comme moi, d'autant plus qu'il y a pas mal de références à d'autres épisodes précédents.

C'est le cas notamment avec le fantôme d'une tueuse à gage sans merci, Vanilla Ride, apparue dans la précédente aventure et qui hanteconstamment  l'esprit de Hap.

Ensuite, au bout d'une cinquantaine de pages, je me suis bien acclimaté à ces personnages et je me suis plus facilement mis dans l'ambiance et j'ai apprécié la singularité de ces personnages,  quand même assez "bigger than life"...

L'histoire commence lorsque'ils vivent sur l'argent gagné lors de leurs dernières aventures. En tant qu'agents opérationnels, le duo rend quelques services à Marvin Hanson, ex-policier devenu détective. Histoire de garder la forme, il peut leur arriver de dérouiller deux voyous s'étant attaqués à une vieille dame, pour récupérer ce qu'ils lui ont volé. Mais les deux compères vont vite passer à quelque chose de plus glorieux, car sont  convoqués pour une nouvelle "mission", un poil plus bandante, sur le cold case d'une femme fortunée... Et là, les ennuis vont véritablement commencer.

En effet, nos deux zygotos se voient confrontés à une affaire classée de double homicide, mystérieusement signée d’une tête de diable rouge... Que signifie cette étrange signature qui se révèle rapidement liée à d’autres meurtres ? Peu à peu,Hap et Léonard vont se retrouver la cible de tueurs nés.

 Bon, l'enquête est assez classique pour qui a l'habitude de lire régulièrement ce genre de polar, et l'intrigue en fait ne présente qu'un intéret assez faible, mais la vraie plus value de ce livre réside dans le ton, entre Coen et Tarantino, et qui n'oublie jamais l'humour. Il faut dire que les dialogues sont particulièrement réussis et font mouche à tous les coups ou presque :

On va passer quelqu’un à tabac pour quatre-vingt-huit dollars ? – Oui. Sans oublier la monnaie (…) Comment il s’appelle ce gars-là, déjà ? –Qu’est-ce que ça peut te foutre ? – J’aime bien connaître le nom des gens auxquels je m’attaque."

  Joe R. Lansdale s’amuse  et nous amuse  avec des dialogues en forme de "ping-pong" qui confère un vrai rythme à l'histoire.

Bref, ce Diable Rouge est  un policier tout plein de second degrès et Un livre qui ne se prend pas au sérieux  et qui constitue un très agréable divertissement, pas aussi fort évidemment que le chef d'oeuvre de Sandrine Colette, mais qui reste tout de même hautement recommandable.