Comme je vous l'ai dit samedi dernier  A022725~v~Le_demon_du_soir_ou_la_menopause_heroiquela BD a été à l'honneur tout le week end dans ma ville, et du coup, elle le sera aussi dans les jours qui viennent aussi sur mon blog, un peu plus que d'habitude.

Je vous parlerais de ma rencontre  étrange et privilégiée avec les auteurs de la série Murena très prochainement, mais, avant cela, j'aimerais revenir sur un de mes derniers coups de coeur du mois,  une BD qui m'a bien fait rire, alors même que je ne suis pourtant pas à la base le coeur de cible recherché par l'auteur.

Cette BD, elle est l'oeuvre de Florence Cestac (au crayon et au scénario), une des  plus célèbres auteur de BD qui soient.  En effet,  Florence Cestac , dans le milieu de l'illustration depuis les années 70 (elle a ouvert la première librairie parisienne  spécialisée  dans la bande dessinée en 1975)  s'est  fait connaitre du grand public il ya plusieurs années grâce à sa BD le démon de Midi, qui voyait une quadragénaire largué par son mari pour une jeunette..

Enfin, si sa BD a eu un tel retentissement, c'est grâce surtout à l'adaptation théatrale qu'en avait fait Michele Bernier lors d'un spectacle populaire et à vrai dire franchement marrant. Si en tant qu'homme, je suis du genre à grincer un peu des dents lorsque l'image de l'homme est souvent  un peu malmenée et caricaturée à mon goût, je ne pouvais m'empêcher de trouver l'humour franchement vache et cinglant, et, sans même avoir lu la BD d'origine, je me doutais que Cestac y était pour beaucoup dans cette réussite .

Après un second volet, appellé logiquement Le démon de l'après midi,  Florence Cestac  reprend son même  personnage  de Noémie  et continue son étude de portrait de femme à un moment charnière de sa vie dans ce troisième tome , intitulé avec beaucoup d'a propos Le Démoin du Soir ou la Ménopause héroique .

J'avais vu le spectacle de Bernier, mais pas lu les deux volets précédents de Cestac. Cependant, et contrairement au problème que j'ai eu avec Murena, je n'ai eu aucune difficulé à me plonger dans l'univers et à me retrouver dans les personnages chers à Florence Cestac. Il faut dire que sa Noémie est un tout petit peu moins éloigné de mes connaissances  que Néron et autres héros de la Rome Antique!!!

Personnage favori de Cestac, Noémie qui était présente dans les deux premiers volets, est ici aux portes de la soixantaine, et en proie à un nouveau vrai bouleversement intérieur.

Un mari casanier, routinier et ronchon, une fille qui la prend pour une baby sitter à sa merci ( j'ai reconnu des proches la dedans mais je n'en dirais pas plus!),   un fils parti au Brésil et aux abonnés absents, une mère en maison de retraite souffrant D'alzheimer ( personnage croquignolesque à souhait),  et un boulot où elle se sent poussée par la sortie par des petites jeunes aux dents aiguisées?

Tout cela n'était certes pas déjà bien follichon, mais quand la mammographie de routine qu'elle fait un jour lui annonce deux petites boules suspectes, Noémie va passer d'une crise d'angoisse bien compréhensible à un ras le bol général puis carrément un grand chamboulement dont je ne vous dévoilerai pas la nature mais qui est vraiment radical.

Bref, avec ce troisième volet, l'auteur  poursuit son analyse personnelle des grands moments de la vie d'une femme, et le fait  avec une justesse et sa capacité à aborder des sujets graves ( la maladie, les névroses personnelles) avec énormément de légereté et d'humour.. On n'est parfois pas loin de la caricature et du gros trait, mais à chaque fois, Cestac arrive à nous apporter le dialogue ou la situation bien sentie, et pétri d'humanité et d'émotion.

  Sans oublier le dessin, rond, vif et rassurant. On voit que l'auteur possède une vraie sensibilité, et c'est pour cela que beaucoup de monde peut s'identifier à ses personnages, et je me doute que beaucoup de femmes de l'âge du personnage, même des non initiés à l'univers de la BD, pourraient s'y retrouver facilement.

Le démon du soir est une belle réussite qui dépasse la simple lecture divertissante car cette oeuvre nous parle de ces petites joies  fugaces qu'il faut savoir attraper avant qu'il ne soit trop tard. 

Un constat banal peut-être, mais qui fait toujours plaisir à entendre, surtout quand l'humour est à ce point au rendez vous.