Comme je regarddvd-rendez-vous-a-kirunae, comme tout bon blogueur égocentrique qui se respecte, très souvent mes requêtes google (tiens, cela me fait penser que  fait longtemps que je ne vous ai pas fait d'article dessus), je m'aperçois que j'ai le plus souvent des requêtes comprenant un acteur dont j'ai parlé dans un billet, précédé de deux mots différents accolés, soit le mot " nu", soit le mot " femme"....

On a donc récemment, pour arriver sur mon blog, cherché à voir Patrick Chesnais nu (il y en a quand même qui ont de drôles d'envies, non?) ou bien encore connaitre le nom de la femme d'Antoine Duléry (qui est  soit dit en passant la réalisatrice Pascal Pouzadeaux, désolé pour celles qui auraient espérer Duléry célibataire)

Pret à racoler le moindre lecteurs qui passe par là,  j'aurais pu, pour vous parler du film Rendez vous à Kiruna, qui voit Jean Pierre Daroussin endosser le rôle principal, vous dire qu'il se met à nu dans ce rôle comme jamais ( ce qui n'est d'ailleurs pas totalement vrai, l'acteur a été plus investi ailleurs) ...

Mais je préfererais vous parler de sa femme, car il se trouve que c'est Anna  Novion, la réalisatrice du film en question.

Une réalisatrice qui adore tellement son mari qu'elle le fait tourner dans tous ses films, puisque Rendez Vous à Kiruna, qui est sorti hier en DVD, mercredi 19 juin en DVD, édité par Pyramide Edition, est le second film d'Anna Novion qui avait déjà fait tourné son mari il y a 4 ans de cela, avec son premier film Les Grandes Personnes.

Il y a une autre constance chez la cinéaste, outre son mari ( qui est donc Jean Pierre Daroussin, allez, deux requêtes de plus en référencement...comment ça, ca marche pas comme ca?), c'est le pays qui sert de toile de fond à tous ses films, à savoir la Suède, puisque la cinéaste connait parfaitement ce pays, où elle est née et a vécu quelques années avant de venir tenter sa chance en France...

J'avais vu les Grandes Personnes dès sa sortie dans un tout petit cinéma d'art et d'essai de Lyon, un peu par hasard, et j'étais totalement tombé sous le charme du film, (et également de son actrice Anais Demoustier, qui a fait du chemin depuis) , belle chronique estivale  qui disait de fort jolies choses sur la paternité ...et sur la Suède par la même occasion...

Quatre ans après ce beau coup d'essai, la cinéaste reprend une partie de mêmes ingrédients et  trousse une nouvelle fois un récit sur la paternité  qui se passe en Suède, avec un Jean Pierre Daroussin, dans un rôle assez proche de celui qu'il endossait dans Les Grandes personnes, sauf qu'il est ici encore plus bourru, encore plus misanthrope, et encore moins père, pas au sens strict du terme..

L'acteur fétiche de Guédiguian endosse en effet le rôle d' Ernest, un architecte talentueux, désagréable et condescendant à l'égard des autres, son équipe à l'agence comme sa maitresse et qui un jour va devoir entreprendre un voyage en Suède, histoire de reconnaitre le corps de son fils, un fils qu'il n'a jamais vraiment connu puisqu'il avait quitté la mère à la naissance...

Ce road movie à travers la Suède, en compagnie d'une jeune homme un peu paumé qu'il prend en stop,  nous permet d'assister à la lente transformation  d'Ernest/ Daroussin en type bien plus sensible et humain au gré des rencontres et des situations qu'il va vivre dans ce pays qu'il connait si mal.. Ernest va progressivement prendre  conscience de ses erreurs de comportement va commencer à regretter ce qu'il a raté dans sa vie suite aux choix qu'il a fait ou n'a pas fait.

 Bref, dit comme cela, le film semble manquer d'originalité tant on a vu plusieurs fois ce genre de road movie qui va amener une personne peu aimable au départ sur le chemin de la rédemption et de la  connaissance de soi, et malheureusement à l'écran, et du moins, pendant une bonne heure,  le film ne sort pas vraiment de ses intentions de départ et de la prévisibilité de son matériau d'origine.

Contrairement aux grandes personnes, ce Rendez vous à Kiruna  manque par trop  de fantaisie et de vrais rebondissements scénaristiques : le rythme de ce voyage démarre vraiment  trop lentement  et  de façon trop attendue, et le personnage du jeune suédois,pas assez écrit,  n'apporte pas un vrai contrepoids à la méchanceté de celui de Daroussin.

Heureusement, lors du dernier tiers du film ( grosso modo la dernière demi heure) ,  soudain, il suffit, alors qu'on ne s'y attend plus vraiment, d'une très belle scène,  (la visite  au grand père de l'adolescent, une scène soudainement imprévisible et frappante de cruauté et de justesse),  pour donner au film une vraie densité  et le ton juste qu'il n'avait pas jusque là. Ainsi,   avec beaucoup de pudeur et de justesse, le dernier tiers du film parvient même  quelque peu à nous faire reconsidérer l'ensemble, et notamment les stéréotypes et le délicat démarrage de la mise en situation..

Bref, ce Rendez vous à Kiruna  Un film qui finit mieux qu'il n'a commencé, mieux vaut cela que le contraire, non?

 A noter, en complément du film, un des courts métrages de la réalisatrice, tourné en 2004 "On prend pas la mer quand on la connaît pas" et qui se passe une fois de plus en Suède sur un ferry, avec deux jeunes françaises qui se rencontrent.. Un moyen métrage ( 33 mns) interessant et bien dialogué!!