murmures-pour-jean-hugo-de-rouanet-947015735_MLJ'en ai parlé pas plus tard que ce matin dans mon billet sur le prix du roman FNAC, j'ai eu l'immense chance de trouver un "collaborateur" qui accepte de me donner un super et gratifiant coup de main ( temporaire ou pas, on verra bien), et de chroniquer certains des ouvrages que j'ai en retard, juste parce qu'il aime l'exercice, et je l'espère, également  les livres que je lui propose, dans des domaines les plus divers qui soient.

Après sa chronique d' Etranges Rivages, le dernier polar du maitre islandais , je lui ai proposé d'aller voir du coté d'un ancètre d'un de nos écrivains les plus célèbres, Victor Hugo, à travers un livre qui est paru il a quelques jours, "Murmures pour Jean Hugo", dont l'auteur est Marie Rouanet.

Comme vu avec lui, on va garder l'anonymat de mon chroniqueur, et on l'appellera donc le chroniqueur masqué.....

Voilà donc ce que mon cher "chroniqueur masqué "a bien pensé de ces Murmures pour Jean Hugo :

De quoi ça  parle :

Jean Hugo (1894-1984), arrière-petit-fils de Victor Hugo, fut peintre, décorateur de théâtre et créateur de costumes dans l'entre-deux-guerres. Il travaille avec les plus grands artistes de l'époque tels Cocteau, Radiguet, Picasso, Satie, Poulenc. Quand il décide d'embrasser la foi catholique et de s'installer en Languedoc dans le domaine familial de Fourques, il renoue avec la nature provençale, la poésie de Frédéric Mistral, et le « monde de la bouvine ».

C'est, en éclats somptueux, la trajectoire qu'évoque Murmures pour Jean Hugo, celle du peintre aux amitiés scandaleuses ou mondaines puis du patriarche retiré dans un monde paysan qui n'a quasiment pas changé depuis des siècles.

Ce livre est une rencontre, la rencontre posthume d’un peintre et d’une écrivaine. Le peintre c’est Jean Hugo, arrière petit-fils du géant Victor. L’écrivaine, Marie Rouanet  née à Bézier en 1936,ethnologue et spécialiste de la culture occitane, ne pouvait que s’intéresser à Jean  Hugo qui s’installa dans les années 30 à Lunel dans l’Hérault et fit du domaine de Fourques un lieu de rassemblement de tout ce que la France comptait de d’intellectuels et d’artistes surréalistes.

L'avis de mon chroniqueur masqué :

Dans une prose minimale d’une merveilleuse justesse, Marie Rouanet embrasse le siècle et la vie de cet homme discret. Rien n’est oublié : la famille tendrement écrasante, la guerre de 14 ou Jean sera brutalement confronté au vrai peuple, la rencontre avec Cocteau qui lui mettra le pied à l’étrier en lui donnant à réaliser les décors de ses pièces de théâtre et qui l’entrainera dans la vie mondaine et intellectuelle de l’entre deux guerre, Picasso, Radiguet, Eric Satie, André Breton, Max Jacob, tout le Paris surréaliste lui est présenté,  la rencontre avec Dreyer sur le tournage de Jeanne d’Arc dont il réalise les décors  et  les costumes remarquables, la conversion au catholicisme pour se libérer d’un arbre généalogique trop écrasant, n’oublions pas qu’il est issu d’une longue lignée de bouffeur de curé, c’est à partir de cet engagement qu’il signera ses toiles du nom d’Hugo ce que son propre père n’a jamais osé faire. 

Une multitude de micro biographies se dessine tout au long de ce très bel ouvrage sorti le 6 juin dernier, aux Editions Albin Michel.

Lorsque touché par la grâce à 35 ans, Jean Hugo se retire à Lunel , c’est  tout Paris qui se déplace faisant du domaine de Fourques une extension des salons  parisiens. Cocteau y écrira « les enfants terribles ». Le contraste est surréaliste , Jean Hugo se lève tôt tous les jours pour assister à la messe et il croise nombre de ses invités qui eux vont se coucher. C’est en Languedoc qu’il fondera une famille, famille qui vit d'ailleurs toujours à Lunel.

Marie Rouanet a inventé la biographie chuchotée, un joli livre qui donne envie de découvrir les toiles du peintre et le musée Fabre de Montpellier.