la-pochette-de-love-songs-l Je ne sais pas si vous vous en souvenez mais, la dernière fois que je vous ai parlé de Vanessa Paradis, c'était pour sa prestation que j'avais jugé pas terrible dans le film encore moins terrible d'Anne Le Ny, Cornouailles.

Je dois dire que j'avais été très chagriné d'avoir égratigné le mythe car je dois désormais vous l'avouer: Vanessa Paradis est pour moi, comme pour -je pense- un certain nombre de garçons de ma génération, le fantasme absolu de ma jeunesse..

Je me rappelle en effet, comme si c'était hier, de la toute première fois où Vanessa Paradis est entrée dans ma vie: un samedi soir normal où je regardais, le TOP 50, mon émission culte d'alors, et où son  son clip "Joe le Taxi"m'a fait l'objet d'une illumination, pour le petit bonhomme tout innocent de 10 balais que j'étais alors ( et comme disait Julio, je n'ai pas changé-sauf que je n'ai plus 10 ans).

Je pense pouvoir dire avoir ressenti un de mes premiers émois tout le long du corps, en voyant cette superbe ado à peine plus agée que moi, totalement charmé que j'étais par son look et peut-être encore plus par sa voix qui me faisait un effet fou, et ma soeur avait ressenti mon trouble, puisqu'elle ne s'était pas génée pour se foutre de moi...

Ensuite, lorsque Vanessa essuyait quolibets et railleries émises par plein d'aigris et de jaloux et alors devant cette injustice criante (c'était bien avant qu'elle ne devienne l'icone absolue qu'elle est maintenant), je ne faisais que la défendre, et mes proches de me répondre : "oui on sait toi, que tu l'adores (on ne disait pas encore "tu la kiffes")... ce que le garçon prépubère et mal dans sa peau que j'étais  ne reconnaissait jamais en public, bah oui on a sa pudeur quand même!..

Et ces sentiments que j'éprouvais pour elle ont atteint leur paroxysme  en voyant Noce Blanche (de loin le meilleur film de Brisseau) au cinéma, trois ans après, tant je la kiffais ( on commençait à le dire, là) dans ce rôle de cette Mathilde si fragile et si rebelle en même temps qui faisait trembler toutes les certitudes du pourtant solide Bruno Crémer.

Ensuite, ne faisant jamais comme les autres, ma passion s'était un peu éteinte avec la fin de l'adolescence, et sans la clouer au pilori,  je suivais d'un peu plus loin sa carrière, notamment musicale et sa love story avec un Johnny Depp qui m'a jamais très interessé m'avait laissé un peu sur ma faim. Mais l'ado que je suis encore un peu au fond de moi continua d'avoir une pensée émue à l'écoute de cette voix si particulière qui, de temps en temps ( le fameux duo du tourbillon de la vie avec Jeanne Moreau lors du festival de Cannes 1995 ( c'est pas si récent quand même) me remuait sérieusement l'âme...

Mais niveau musical, il faut dire que je n'avais plus ressenti la même émotion que lors de l'écoute du fameux Variation sur le même t'aime que maitre Gainsbourg avait écrit pour la Lolita, et ses derniers albums, Bliss oDivinydile, qui avait connu pourtant un bien beau succès, m'avait laissé un peu sur la route, trouvant ses textes notamment vraiment trop faiblards.

Du coup, je n'attendais pas partculièrement avec grande impatience ces "Love Songs", même si je savais que l'arrangeur et l'auteur de 6 de ses chansons n'était autre que Benjamin Biolay, mon dieu vivant actuel.

Heureusement, Emilie de Barclay m'a envoyé dès la semaine de sa sortie - fin mai- ce double album, présenté dans un très bel écrin collector,un objet très travaillé, et qui déjà, met dans de très belles dispositions.

Du coup, j'ai écouté l'album dans la foulée, et je dois dire que très vite, je me suis résolu à l'évidence, celle d'avoir  retrouvé avec le plus grand plaisir et la même émotion, la Vanessa de ses débuts...

Bon il faut dire que déjà le titre de l'album ne pouvait que me plaire : moi le grand fleur bleue, ne pouvait qu'être réceptif à ses 20 chansons d'amour qui brassent ce thème sous toutes ses coutures, mais en abordant des genres musicaux, totalement différents, allant entre chanson française,  un peu de son son vintange, rythme latino (et notamment brésilien), un peu de soul, et aussi, car c'est le genre musical préféré de miss Paradis, la pop anglaise des années 60-70. Bref, des histoires d'amour déclinés dans des univers et des reliefs très disparates, ce qui fait qu'on ne se lasse jamais, contrairement aux précédents disques de la Paradis, où l'ennui survenait vite.

Malgré cet ecléctisme, on reconnait bien la patte de Biolay aux manettes, même lors des chansons qu'il n'a pas composées lui même, puisqu'il réalise la totalité de cet album qui porte bien son emprunte et qui ressemble assez, sur pas mal de cotés, à son dernier opus, Vengeance.

En effet, ces love songs alternent, à peu près à 50-50 des ballades poignantes et mélancoliques avec des morceaux bien plus dansants et enlevés, et cela ne se fait pas au détriment de la fluidité de l'ensemble, bien au contraire,comme sur ce superbe Love Song, qui donne son titre à l'album.

On le voit, rarement la voix de Vanessa fut aussi bien mise en valeur, car, que ce soit dans les aigus ou les graves, l'oiseau de paradis maitrise parfaitement son affaire.

Les textes sont très intelligents, sensibles et profonds, et  les mélodies  nous entraînent dans un univers soyeux, parfois nostalgique mais jamais plombant.

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Après 6 ans d'absence et le carton de son précédent album "Divinidylle", Vanessa Paradis est donc de  retour ! Début mars,  un tout premier extrait de son prochain album, avait été dévoilé. Ce single "Love Song" oscille entre paroles en anglais et en français et a un côté plus rock que les précédents titres de la chanteuse. Le titre est déjà disponible sur toutes les plateformes de téléchargement. 

Sur cet album, d'autres artistes ont également épaulé Vanessa Paradis comme Mathieu Boogaerts, Adrien Gallo des BB Brunes, Carl Barat, Mickaël Furmon, Ben Ricour et Elephant. Auparavant, la chanteuse a collaboré avec  Serge Gainsbourg, Lenny Kravitz, ou encore Alain Baschung.

 Et d'ailleurs, il n'y a pas que Biolay pour s'être donné du mal à écrire de très beaux textes à la miss: Mathieu Boogaerts aussi, un artiste certes bien aimé par les critiques, mais dont l'univers m'avait toujours semblé un peu hermétique, lui a concocté un morceau absolument éblouissant, ce Rempart bercé par un tango argentin de toute beauté magnifie ce texte puissant et si beau sur ce thème eternel de l'amour impossible.

 Mais évidemment, les morceaux de maitre Benjamin Biolay sont du même niveau que ce Rempart.  On sait que les deux artistes se livrent une admiration réciproque, et Vanessa Paradis magnifie totalement les superbes textes troussés par l'interprete de la superbe.

Parmi ces titres, j'ai particulièrement aimé le puissant  "The Dark It Comes" (le duo avec Carl Barât des Libertines, où leur deux voix vont parfaitement ensemble ) ou le bien  duo "Les Roses Roses", malicieux ping pong vocal entre un homme et une femme qui se donnent rendez-vous dans plusieurs endroits à Paris, un titre so chic et so romantic et terriblement Biolay.

Mais je ne saurais évidemment ignorer ce qui est surement l'acmé de ce très beau disque, je veux parler de "La Chanson Des Vieux Cons", bouleversante, qui réunit sur le rythme de sa voix, toute la vraie nature veule et égoïste de l' être humain. "Tant qu’on ne sait pas qu’on ne sait rien/ Tant qu’on est de gentils petits chiens/ Tant que la petite santé va bien/ On n’est pas la queue d’un être humain".Tant qu'on ne sait pas que tout éreinteTant qu'on ne sait pas ce qu'est la vraie crainteTant qu'on n'a jamais subi la feinte. Ou regardé pousser le lierre qui grimpeTant qu’on n’a pas brûlé le décorTant qu’on a pas toisé un jour la mortTant qu’on a quelqu’un qui vous serre fortOn tombe toujours un peu d’accord’

 Certainement la chanson la plus triste de l'album, mais qui nous met les poils comme on dit vulgairement et qui nous démontre, si besoin était que Biolay et Vanessa étaient nés pour se rencontrer :

 Bref, des Love songs qui nous font aimer l'amour....et dont Vanessa est  assurément le plus bel émissaire!!!