nuit-fourviere-2008-guillaume-ferret2Contrairement aux années passées, je n'ai pas encore, au jour d'aujourd'hui, dit  le moindre mot  sur ce  qui est pourtant incontestablement  l'évenement  culturel  numéro un de Lyon, je veux bien entendu parler des Nuits de Fourvière, qui a plié boutique fin juillet après avoir fait le plein pendant près de 2 mois.

Pourquoi un tel silence? Tout d'abord car c'est une manifestation dont pas mal d'autres blogueurs que moi en  parlent en liant un partenariat bien plus développé que moi. Et aussi car j'ai mis du temps à y aller cette année, puisque j'ai attendu le 6 juillet pour assister à mon premier spectacle des Nuits de Fouvière, un spectacle de danse, le domaine culturel préféré de ma compagne. Deux semaines ensuite, je suis retourné avec plusieurs potes voir un concert de musique entre jazz, blues et éléctro  anglo saxons.

Bref, deux spectacles qui ne sont pas forcément ceux que j'irais voir de prime abord ( mais difficile de choisir exactement ce qu'on aime, entre les disponibilités de garde d'enfant et mes goûts différents de mes proches), mais qui , chacun dans leur genre, m'ont littérallement charmé.

Petit retour en deux actes sur ces deux très belles nuits passées dans le cadre toujours enchanteur de Fourvière. Et pour commencer, je vous parlerai de ma première nuit à Fourvière, autour du spectacle créée par le très célèbre Angelin Preljocaj et  intitulé sobrement Les nuit.

Les héroïnes d’Angelin Preljocaj (prononcez Preliotchaï) naissent de la nuit telles des ombres chinoises se découpant géométriquement sur les lumières. / Photo Jean-Claude Carbonne

Avant de vous narrer le spectacle plus en détail, il faut que je vous dise que mon histoire d'amour avec la danse a commencé bien plus tardivement qu'avec les autres arts. Il a fallu que je rencontre ma compagne actuelle, ancienne danseuse et passionnée par cet art pour qu'elle m'amène voir plusieurs spectacles de danse plus contemporaine que classique, et ainsi,  que je me mette à aller à l'encontre de mes préjugés et de mes résistances.

Cela étant, même en ayant apprécié énormément certains ballets de Maurice Béjart, d'Alvin Alley, ou plus récemment de la compagnie Kafig, je ne peux m'empecher d'être toujours un peu en porte à faux face à un spectacle de danse, ayant tendance à trop le cérébraliser, à trop tenter de dénouer les fils de l'intrigue, au lieu de me laisser porter, comme le l'invite sans cesse ma compagne à me laisser prendre uniquement par les sensations et la beauté visuelle de ce qui se joue devant mes yeux
C'est un peu le même problème que j'ai connu devant la vision du spectacle de danse que je suis allé voir cette année à Foruvière,  Les Nuits  de l'immense chorégraphe français Angelin Preljocaj  (difficile d'écrire son nom à celui ci!) dont j'avais beaucoup aimé sa version des  4 saisons vue il ya quelques années déjà à Fourvière.

 Cette année, il nous a présenté un spectacle qu'il avait crée spécialement pour le lancement de Marseille-Provence Capitale européenne de la culture,et qui s’inspirent fortement  du fameux conte des Mille et Une Nuits que je connais trop mal pour savoir à quel moment c'était une adaptation fidèle ou ca ne l'était pas.

Car j'avais tendance à verser dans mon mauvais penchant, celui d'essayer de trouver un sens narratif  aux différents tableaux que je voyais sous les yeux, et cela m'a empeché du moins au début de me laisser plonger dans cette ambiance orientale et follement sensuelle. Je voyais bien une belle scène d'inauguration se déroulant dans un harem, entre plusieurs femmes particulièrement lascives  et parfaitement chorégraphiée, des scènes avec des hommes et des femmes soit mélangées soit séparées, mais j'avais du mal à cerner le fil conducteur de cette histoire.

Une fois que je me suis fait à l'idée que ces  Nuits n’avaient rien d’un spectacle narratif, mais plutôt une sorte d’Orient impressionniste émanant de sensations  et de sonorités liées à l'Orient, j'ai réussi à me laisser séduire, voire même hyptoniser par les vocalises  de Natasha Atlas qui assurait la partie musicale, et les costumes assez monumentaux du grand styliste Azzedine Alaïa.

J'ai particulièrement apprécié , outre un très beau tableau féminin sur une version arabisante et très réussie de  This is a man’s world, tous les passages de  duos, avec des scènes particulièrement érotiques et passionnées, avec des portées ébouriffantes.

Dans l'ensemble, on ne peut être qu'épaté par la qualité globale de cette  compagnie - dix danseuses, six danseurs - qui semble très à l'aise dans ces  beaux et superbes fantasmes orientaux de Angelin Preljocaj