journéeMa chronique ciné du jour va être dédiée à tous ceux qui n'ont pas -encore?- la chance de partir, puisque je vais vous faire voyager, à travers deux films que j'ai vu en salles ces dernières semaines, soit à Rome soit en Thailande...

Enfin, pas vraiment en Thailande d'ailleurs, car, contrairement au titre de ce film, son intrigue ne se passe nullement en Asie, mais en Roumanie...

Bref, deux films européens qui ont, outre la construction de leurs titres, quelques points commun entre eux puisque c'est dans les deux cas une chronique sentimentale pleine de charme, et  qui se passe à chaque fois en 24 heures, 24 heures qui bouleverseront la destinée des protagonistes des longs métrages en question..

Et puis autre similitude, les deux films sont  distribués et produits par deux boites de productions indépendantes, et qui sont en partenariat fidèle avec moi depuis quelques temps, à savoir Bellisima & Epicentre films.....

Et enfin, dernier point de convergence, Une journée à Rôme et un mois en Thailande  sont également deux films qui, en creux, disent des choses assez pertinentes sur leurs pays respectifs, à savoir l'Italie...et donc la Roumanie :

journée1.Une journée à Rome de Fransesca Comencini ( sortie le 17/07) :

L'histoire  :

Une nouvelle journée commence à Rome, la ville éternelle.
Gina et Marco ont 19 et 20 ans et sont portés par l’exubérance de la jeunesse.
Gina rêve d’entrer dans le monde du spectacle et doit rencontrer un homme politique influent qui pourrait lui ouvrir des portes.
Marco l’accompagne au volant de sa berline noire, c’est son premier jour de travail.
De la banlieue vers le centre historique de la ville, ils vont apprendre à se connaître, tomber amoureux, et vont ainsi basculer, peut-être un peu trop tôt et sans en avoir conscience, dans le monde des adultes.

Ce que j'en pense :

L'immense cinéaste italien  Luigi Comencini a tellement influencé sa progéniture que ses 4 filles travaillent dans le cinéma. La plus connue d'entre elles est certainement Francesca Comencini, qui a déjà réalisé plusieurs long métrages dont certains ( dont "J'aime travailler", une chronique incisive sur le monde du travail) sont sortis en France.

Pour son dernier opus, elle a choisi une intrigue a priori tenue et vieille comme le monde, celle d'une rencontre sentimentale : celle d'un tout nouveau chauffeur de berline et sa toute première cliente, une jeune femme prête à beaucoup de choses pour atteindre son objectif : devenir comédienne.

Cette journée à Rome met un peu de temps à se laisser apprivoiser. J'ai eu un peu de mal à entrer dans la première partie du film, tant les personnages n'apparaissent pas vraiment sympathiques, notamment cette jeune a priori ecervelée prête à tout pour réussir.

Puis, à mi chemin (coiencidant avec l'arrivée à Rome du couple vedette), le film et les personnages gagnent en épaisseur et en fragilité, et la derenière partie est assez bouleversante, laissant pas mal d'amertume sous le vernis de ces jeunes pas si insouciants que cela.

On pourrait voir le film (comme l'a d'ailleurs vu mon cher chroniqueur masqué présent dans la salle avec moi) comme une métaphore acerbe et desespérée de la jeunesse italienne contemporaine, empoisonnée par les frasques de Berluconi. Ou alors on peut également simplement l'apréhender comme une chronique sentimentale  pleine de charmes entre deux êtres qui vont revenirs de leurs illusions en une seule journée.

Personnellement, je pencherais vers la deuxième solution avec ce film très touchant mais un peu trop anecdotique pour me convaincre tout à fait.

Un-mois-en-Thailande_portrait_w858 2.Un mois en Thailande de Paul Negoescu, sortie le 26/06/2013

L'histoire :

En pleine fête du Nouvel an à Bucarest, Radu, jeune trentenaire, décide de rompre avec sa fiancée. La même nuit il part à la recherche de Nadia, sa précédente petite amie, persuadé que c’était l’amour de sa vie…

Ce que j'en pense :

Ce  premier long-métrage du roumain Paul Negoescu, sorti le 26 juin dernier, est passé encore plus inapercu que le film de la fille Comencini, même si certains journaux comme Telérama l'ont défendu aprement.  Ce film est un de tous premiers film que je vois de cette nouvelle vague issue de la jeune classe roumaine, un cinéma qui a assurément le vent en poupe en étant primé dans plusieurs grands festivals, dont évidemment le Festival de Cannes avec les triomphes de Christian Mingui.

Le film tout entier se déroule pendant les fêtes de la saint Sylvestre. On suit à la trace cet (anti) héros prénommé Radu, trentenaire indécis, pris dans ses atermoiements comme dans une toile d'araignée.

Il est d'ailleurs amusant de constater que l'archtype du trentenaire indécis et séducteur malgré lui qui a fait fureur dans le cinéma français, des films de Truffaut à ceux de Desplechin est ici transposé dans un cinéma et un décor que je connais beaucoup moins.  "Un mois en thaillande" est une oeuvre à la fois  réaliste, entre humour et désenchantement sur les indécisions sentimentales d'un anti héros.

Mais, comme il se passe en Roumanie dans un pays où la société de consommation et la mondialisation a fait son oeuvre bien plus tardivement qu'ailleurs, le film a également une portée différente, en portant sa réflexion de manière plus générale sur l'insatisfaction chronique qu'on peut avoir  dans cette société consumériste où l'on veut toujours plus, ou juste ce que l'on n'a pas ou ce que l'on n'a plus, comme Radu, incapable de choisir au supermarché entre tel ou tel produit, et persuadé que la fille qu'il a perdu lui convenait plus que son actuelle, alors même que les deux au prénom et au style assez similaire semblent présenter les mêmes qualités et les mêmes défauts.


Ce mois en Thaillande est un joli film, car même si l'intrigue est ( comme pour le film précédent) fort ténue, il n'en reste pas moins une chronique sentimentale réussie avec des dialogues et tres situations justes et sensibles, et qui renvoie par ailleurs une image de  la Roumanie  certes peu enthousiasmante, mais qui visiblement correspond à une vraie réalité. ...

Alors, tant pis si le film ne fait que parler de Thailande sans y aller jamais ( c'est la destination où Radu veut absolument amener ses copines, on ne saura pas trop pour quelle raison ce pays plus qu'un autre) puisque ce trajet dans les rues de Bucarest valait bien le détour...

Voilà pour mes deux chroniques de films qui ne doivent plus beaucoup passer en salles actuellement, ou alors dans une petite salle de la capitale...Esperons que vous saurez vous en souvenir lors de leurs sorties DVD ou VOD...
Et, pour ma part, j'attends maintenant que les distributeurs et producteurs de tous pays du monde nous sortent une année au Pérou ou une heure à Goteborg pour compléter ma série et faire un nouvel article à paraitre l'été prochain!!