Entre plusieurs chroniques de films ultra médiatisés ( la Vie d'Adèle, Inside Llewyn Davies, Neuf mois ferme, Prisonners...), si je parlais maintenant de films dont on a beaucoup moins entendu parler, et qui sont sortis pourtant dans les salles en cette année 2013, et plus particulièrement pendant cet été.

Je  n'ai pu les voir dans les salles lyonnaises en pleine moiteur estivale, car ils ne sont pas assez restés assez longtemps pour cela, donc leur sortie en DVD était la meilleure façon de les rattraper :

1. Electrick Children; Rebecca Thomas ( DVD sorti le 12/11/2013; BAC films)

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Voilà un film qui était en compétition officielle au Festival du Premier film d'Annonay, le festival cher à mon coeur ( ce qui me suivent depuis longtemps sauront pourquoi), un des rares à à être sorti en salles, avec Off Whites Lies ( cf ma chronique ici même). Sa présence lors du festival était un peu surprenante vu que c'est un film américain, et il est visiblement rare qu'un film de cette nationalité soit en compétition officielle.

Mais évidemment, c'est un film du cinéma américain indépendant et d'ailleurs, j'ai trouvé qu'il possédait et les qualités et les défauts de ce genre maintenant codifié du cinéma indépendant américain.

Rayon qualités, le film possède une bonne idée de départ, et qui surtout nous montre une population assez rarement vu au cinéma, les mormons ( à part dans certains films plus mainstreams comme Witness de Peter Weir), et le point de vue de la jeune réalisatrice Rebecca Thomas  sur cette communauté est d'autant plus juste et pertinent qu'elle a elle-même grandit dans la foi Mormone;En racontant l'histoire simple de Rachel, naïve mormone qui croit avoir été mise en ceinte par un esprit divin  par la faute du choc émotionnel provoqué par  une écoute en catimini d'une chanson de rock, le film, qui ne répondra jamais vraiment au mystère de cette grossesse, nous amène sur des rives proches du surnaturel, qu'il quittera  hélas rapidement pour aller sur les rives d'un road movie plus convenu. 

En effet, persuadée qu'elle a été enfanté par le chanteur de ce morceau, elle part  à sa recherche, accompagné un peu malgré elle (et malgré lui) par son frère, très conservateur,  et se retrouve à Las Vegas sur les traces d'un groupe de jeunes rockers dont un Clyde, semble profondément séduit par Rachel .

Le film va donc, à la moitié, virer à la chronique adolescente plutôt classique,  et un peu trop nonchalante. Une ballade certes non dépourvue d'un certain charme un peu désinvolte, mais qui va un peu ternir le mystère pregnant au début du film.Cela étant, le film vaut aussi beaucoup pour sa distribution, car Eletrik Children est joué par une troupe de jeunes acteurs assez épatant, notamment la jeune interprete de Rachel, petit animal blessé, qui va peu à peu s'ouvrir au monde et aux sentiments.

 2. Grigris ;Mohamed Saleh Haroun ( sortie DVD 04/12/2013, France Televisions Distribution)

 

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Ce Grigris est certainement un des films de la compétition officielle du dernier Festival de Cannes à être sorti le plus discrètement en salles, en plein été. Le film a certainement été sélectionné pour mettre un coup de projecteur au cinéma africain, encore hélas très peu vu en Occident.

 Peu de films sortent du continent africain, et peu de place lui est offerte. Ce film a eu les honneurs de Cannes et donc une visibilité certaine à sa cause, à savoir celle montrer les déboires de la société tchadienne et les fléaux qui la hantent.

Et comme le réalisateur tchadien  Mohamed Saleh Haroun est le cinéaste vivant africain le plus  connu et certainement le plus doué du cinéma afircain, habitué du Festival de Cannes,  (Prix du Jury en 2010 pour l'Homme qui crie que je n'avais pas vu), ce Grigris était pour moi l'occasion  de faire connaissance avec ce cinéaste, et avec ce cinéma africain que je connais assez mal.

Pour nous parler de la société contemporaine africaine,  Mohamed Saleh Haroun ne verse pas dans le documentaire, mais construit  une fiction  (qui emprunte un peu aux films de gangster), autour de la personnalité atypique  de Souleymane  Démé,  un danseur handicapé d'une jambe, qui joue ainsi le rôle principal de Grigris.

 Souleymane Démé est effectivement un vrai personnage de cinéma, qui a une histoire particulière et qui  assez insaisissable.

En effet, Démé s'avère  être complètement différent lorsqu'il danse en public, à la fois sensuel et  hypnotique, jouant avec les acclamations du public. Alors qu'en dehors des pistes de danse, Grigris (et l'acteur semble pareil dans la vie, au vu des bonus présents dans le DVD),  il s'avère être maladroit, mutique et bien peu à l'aise avec les gens.

Ce constraste aurait pu donner lieu à des situations assez jouissives et romanesques, malheureusement Mohamed Saleh Harounn ne l'exploite pas suffisament et reste finalement à la surface de ce personnage, dont on saura finalement bien peu de choses , au détriment d'une intrigue policière, sous fond de trafic d'essence, finalement confuse et assez convenue.

Heureusement, le film est bonifié par le sens du cadrage  de Mohamed Saleh Haroun et le soin qu'il apporte à la lumière et à la photographie, assez magnifique, et qui prouve le vrai talent de metteur en scène de Saleh Haroun. Dommage qu'il n'ait pas plus soigné ses personnages et son récit, trop lache et prévisible pour convaincre totalement.