EXPO-PALLADE

 Philippe Geluck, je vous en ai parlé récemment à l'occasion de ma chronique sur ses deux dernières parutions à savoir le 18ème tome du Chat , la bible selon le chat, et son livre, peut on rire de tout? A cette époque, je ne savais pas encore qu'il avait prévu de venir sur Lyon pour exposer une partie de ses oeuvres dans une galerie privée, la galerie Pallade, situé dans le 1er arrondissement de Lyon... et je ne savais pas non plus évidemment que j'aurais l'immense honneur d'aller l'interroger en tête à tête pendant plus d'une heure sur pleins de choses, cette expo évidemment, sa dernière BD et aussi sur quelques anecdotes pas piquées des vers découlant de son immense carrière.

Ma (enfin notre car Michel mon hroniqueur masqué, vrai fou de Geluck depuis presque 30 ans était aussi de la partie) rencontre avec Gelluck fut un vrai grand moment de plaisir et de rire assuré, et bien évidemment, on tentera prochainement de restranscrire les réponses à nos questions (bien que mon enregistreur n'ait pas fonctionné, on voit l'amateur) et surtout restranscrire la gentillesse et la générosité du bonhomme, fidèle à l'image que j'avais de lui avant de la connaitre (un peu) plus intimement.

Mais avant de parler prochainement, je l'espère, de cette rencontre, je voulais vous informer sans plus attendre,  en priorité  mes lecteurs lyonnais, que Geluck expose donc jusqu'au 25 janvier 2014 à la Gallerie Pallade, cette galerie située sur les pentes de la Croix Rousse (donc pas loin de chez moi) et tenus par les très sympathiques et très professionels Anne-Marie et Roland Pallade. C'est une exposition qui est ouverte au public dès demain, et que j'ai eu la chance de voir ce matin en avant première, des toiles ( et quelques sculptures)  absolument renversantes d'humour et de pertinence, démontrant, si besoin était, l'acuité du regard de Geluck sur ses contemporains, et ici même, plus particulièrement sa vision hilarante et trés juste  sur l'art moderne.

Tous les détails de l'exposition sont sur le site de la galerie,  mais j'ai quand même pris dès ce matin deux ou trois photos de l'expo, pour vous montrer un peu l'esprit de l'expo et j'ai évidemment prévu d'y retourner avec mes enfants, pour leur montrer le talent exceptionnel du bonhomme, aussi généreux dans son art que dans la vie.

 

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expo geluck

 

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dessin geluck

"Philippe Geluck, ou le mélange comme propriété de l’art"

Tout le monde connaît Le Chat, et donc Geluck en tant qu’auteur d’hilarantes bandes dessinées. Le Chat a la particularité de manier la raison de manière impeccable, mais en la poussant jusqu’à des conclusions absurdes et désopilantes. Autrement dit, la pensée du Chat, mélange de raison et de déraison, est par conséquent une « forme de savoir » comme aurait dit Michel Foucault. Cet aspect des choses, si nous le gardons bien en tête, nous permettra de ne pas nous étonner de certains aspects de la création Geluckienne. Car Geluck a d’autres cordes à son arc : c’est un homme de théâtre, de radio et de télévision, et c’est encore un peintre dont les tableaux ont notamment été révélés en mars 2012 lors de l’expo du Chat, à la galerie Petits Papiers-Sablons de Bruxelles (sa formidable exposition de 2003 à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris avait quant à elle pour but d’honorer en lui un représentant éminent du 9e art). Le talent pictural de Geluck s’épanouissait à Bruxelles à partir de ses dessins du Chat. Présenté ainsi, son travail pourrait faire penser, par exemple, à Lichtenstein qui transposait des comics, mais Geluck nous fait remarquer, de manière irrésistible, que chez lui, c’est bien mieux (Le Chat n’a jamais été modeste). Il s’agit de son triptyque Justice est faite (2009) sur fonds tramés à la manière de l’américain. Le Chat nous fait face, il parle. Premier temps : « Lichtenstein a fait son beurre en pillant des comics”. Deuxième temps : “Geluck fait le sien en se pillant lui-même”. Troisième temps : “C’est plus moral et c’est aussi joli”. Geluck plaisante à peine. En tout cas, en mélangeant les emprunts à lui-même et les parodies de peintures inscrites dans l’histoire de l’art tout en faisant rire, il pose de fort sérieuses questions implicites. L’idée esthétique peut-elle résister à l’existence d’œuvres hétérogènes ? L’attrait de l’hybride dont témoigne la démarche de cet artiste hors normes nous contraint-il à résilier une pensée unitaire du principe d’art ?

Lire la suite du texte de Jean-Luc Chalumeau dans le catalogue de l'expo disponible sur le site de la Galerie.