Ce n'est pas parce que déboulent depuis près d'une semaine, les romans de la rentrée de janvier 2014 qu'on ne peut pas encore parler de ceux de janvier...2013!!!  Surtout lorsque ceux ci sont incontestablement de la grande littérature, malheureusement peu médiatisée lors de sa sortie...

Voici l'occasion de rattraper cela avec la  chronique d'un roman paru chez l'excellent éditeur Métailié  il y a un an, roman que mon acolyte Michel s'est fait une joie de lire et de chroniquer  :

sauvage

Anaïs n’a pas seize ans et déjà une vie mal remplie : elle dérive depuis sa naissance de foyers en familles d’accueil, elle flotte dans cette existence qui ne lui appartient pas. Dans le centre pour adolescents difficiles où elle est conduite, après l’agression d’une agent de police qui se trouve depuis dans le coma, la jeune fille est en stand-by de sa vie. Diagnostique des éducateurs : borderline.

Le titre anglais du roman « The Panopticon » nous ramène à Michel Foucault et son travail sur l’enfermement : surveiller et punir. Un panoptique est une prison, modèle et expérimentale, une tour centrale s’élève avec au sommet une immense pièce vitrée qui permet au surveillant de voir l’intérieur de toutes les cellules sans être vu.

Poétesse reconnue au Royaume Uni, Jenni Fagan dans son premier roman affronte une réalité sociale avec courage, son écriture, crue et brutale est impressionnante. Cette plongée dans un monde d’adolescents  en manques  de repères est traités frontalement,  poétique et très visuelle le roman évoque cinéma britannique dans ce qu’il a de meilleur, on pense forcément a Ken Loach, mais aussi à Allan Clarke et son film  «  Scum » qu’il tourna pour la BBC au siècle dernier, et Anaïs, pourrait être la petite sœur de Mia l’ado rebelle de  «  Fish Tank » le film d’Andrea Arnold.

Surveiller et punir, « La sauvage » c’est le constat d’un échec, c’est le cri du manque d’amour.