ferailleur

Demain à l'affiche dans les salles de cinéma, il n'y a pas que le sens de l'humour que j'ai eu la chance de voir avant sa sortie, mais également "La femme du ferraileur", le nouveau film de Danis Tanović qui est notamment lauréat de l''Oscar du meilleur film étranger en 2002 pour No Man's Land et dont j'avais vu également l'Enfer avec Emanuelle Béart ou Eyes of the war avec Colin Farrel.

Changement de cap complet avec cette femme du ferailleur qui avait sensation lors du Festival de Belrin 2013, d'où il avait récolté l'Ours d’argent du meilleur réalisateur et du meilleur acteur.

En effet, dôté d'un budget très très modeste ( 7'000 Euros, autrement dit, peanuts),  Danis Tanović raconte une histoire proprement édifiante tirée de la vie d'une famille rom dont il avait pris connaissance par un article publié dans la presse locale.

Le héros de cette histoire, Nazif, est un ferrailleur vivant dans une petite ville de Bosnie-Herzégovine avec sa femme, Senada, et leurs deux filles. Un jour, rentrant de son travail, voit sa femme Senada se tordre de douleur. Le médecin leur apprend que l'enfant à naître est mort et qu'elle doit absolument se faire opérer de toute urgence. Mais la clinique de la région refuse de pratiquer l'opération car le couple n'a ni argent, ni assurance.

La particularité de ce film, c'est que Danis Tanovic a choisi de filmer les vrais protagonistes de cette histoire réelle. Après avoir pris connaissance de ce fait divers, il décida de contacter Nazif et Senada afin de  les convaincre de revivre, devant la caméra, les événements dramatiques qu'ils ont vécus  Avec eux, tous les témoins et les protagonistes des événements rejoueront leurs rôles. Tanovic a donc pu tourner le film en neuf jours, avec une équipe restreinte, une caméra Canon toute simple.

Le réalisateur qui fut d'abord documentariste durant la guerre des Balkans livre donc une oeuvre à mi chemin entre le documentaire et la fiction, et si le procédé est interessant et l'histoire vraiment poignante, on regrette que la part de documentaire l'emporte au bout du compte, quand même nettement sur la partie fiction.

On aurait aimé que Tanovic transcende cette histoire avec une mise en scène autre qu'une caméra à l'épaule suivant à la trace ses personnages principaux, un procédé qui a tendance à lasser au bout d'un moment.

On sait gré au cinéaste d'avoir pu faire connaitre cette histoire qui en dit long sur le fonctionnement de la société bosniaque,  mais on aurait aimé qu'il ait plus d'idées de mise en scène pour que cette histoire dépasse le simple fait divers et nous prenne vraiment à la gorge. Une oeuvre interessante, mais pas complètement aboutie.