Vous avez probablement du le remarquer si vous êtes un fidèle du blog: depuis plusieurs semaines, je me suis nettement spécialisé cinéma sur mon blog, avec un nombre de films vus et chroniqués qui augmentent de façon exponentielle- presque 50 films vus en 4 mois à peine-, donc, forcément cela se fait au détriment des romans, explosant au vol ma règle des 50/50 que j'avais voulu instituer à l'origine du blog il y a maintenant 3 ans...

Heureusement que Michel est là pour venir un peu m'épauler et me pousser, dès qu'il me renvoie une chronique, à en lire un rapidement, dans la même veine que le sien, afin de trouver un angle et de le regrouper dans un même article.

C'est ainsi que, dans la foulée de sa chronique sur la réédition par Belfond de l'excellent "Edisto" de Padget Powell, j'ai regardé dans ma PAL quel autre classique réédité j'avais, et je suis tombé sun un livre qui a un rapport évident avec le cinéma- on ne se refait pas-, "Né un 4 juillet", à l'origine du film culte d'Oliver Stone.

Voici donc, sans plus attendre, le bref compte rendu de nos deux chroniques de ces rééditions de romans cultes de la littérature américaine : 

1. Né un 4 juillet; Ron Kovic : un classique de la littérature antimilitariste

né un Lorsqu'on dit "Né un 4 juillet", tout le monde pense bien plus au film d'Oliver Stone réalisé en 1989, avec un Tom Cruise alors au sommet de son art, que du roman autobiographique de Ron Kovic dont il est tiré.

J'ai vu le film au ciné lorsque j'avais 13 ans et ce fut un grand choc pour moi. En effet, même si je n'avais pas forcément l'âge pour comprendre les tenants et aboutissants de cette dénonciation terrible de la guerre et de l’impérialisme américain, j'avais été terriblement touché par l'histoirede cet idéaliste à la vie détruite par la guerre du Vietnam, et qui de retour de guerre, a choisi d'informer les américains des contre- vérités pronés par le patriotisme terrible. Ron Kovic, au départ jeune insouciant totalement volontaire pour le Vietnam, en revient en effet paraplégique et du coup, remet en question toutes les valeurs qui ont forgées son identité, qu'elles soient d'ordre familiales, conjugales, religieuses et surtout politiques.

Les mémoires de Kovic ont certes été écrites en 1972, mais elles restent terriblement d'actualité. On le voir grâce à sa  nouvelle publication  en France en ce début 2014 -publiée par le récente et excellent maison d'édition 13ème note- agrémenté d'une préface signée par Kovic en 2005 alors que les USA étaient en pleine guerre d'Irak,et d'une post- face d'un spécialiste des USA,Gérald Nicosia.

40 ans après sa première parution j'ai pu constater à quel point Né un 4 Juillet est un titre incontournable sur la guerre du Vietnam, et notamment sur les conséquences de cette guerre sur l'histoire des USA .  Kovic raconte dans un premier chapitre d’une grande intensité comment après s’être engagé, il se retrouve paralysé à vie. Commencent alors de longues périodes de soins et d’humiliations : le séjour dans un hôpital militaire du Bronx insalubre, les relations conflictuelles avec sa mère, la perte d’assurances, l’impuissance par rapport aux femmes, etc.

Après toutes ces épreuves, Kovic possédera le recul nécessaire pour remettre en cause tout le patriotisme Américain de l'époque, inculqué dès le plus jeune âge, et sur les mensonges de son gouvernement, et sur ce patriotisme béta proné par son pas, et qu'il va se charger de combattre sous toutes ses formes, malgré les humiliations et les résistances énormes qu'il va connaitre.

Ce livre- comme  du reste le film de Stone- est donc un excellent garde fou au patriotisme et surtout à l’idéalisme des jeunes américains si mal informés.

On apprécie particulièrement l'écriture simple, directe et sans fioriture de Kovic, permettant à son message anti armée et antipatriotisme primitif de passer très efficacement, sans oublier d'y mettre une bonne touche d'émotion qui point aux détours de pas mal de pages (notamment lors des passages face à son impuissance, encore plus forts que dans le film!).

Bref, voilà une lecture coup de poing qui n'a rien perdu de son impact.

  2 : Edisto de Padgett  Powell: un classique du mal-être adolescent

 edisto

« Mais au cœur de la tempête, qui ressemble à un grand calme, il y a le Centaure. »

La tempête c’est le début de l’adolescence que traverse le jeune héros de douze ans entre des parents divorcés et névrosés, le Centaure c’est un voisin mystérieux qui vient d’emménager dans une cabane tout près de la maison maternelle. Il faut dire que Simon a bien du souci, sa mère docteur à l’université veut faire de lui un grand écrivain et depuis sa naissance le gave de livres, son père juriste bon gars n’a qu’un seul défaut : absent même quand il est là.

Et si c’était le Centaure qui avait réponses à toutes les questions que se pose Simon?? Sauf qu'en fait, la vraie vie est beaucoup plus compliquée.

Dans la lignée des grands romans d’apprentissage qu’affectionnent les Américains, on pense à « Huckleberry finn » de Mark Twain , « Frankie Addams » de Carson Mc Cullers ,et bien sûr au cultissime « l’attrape-cœur »  de Salinger,« Edisto » de Badgett Powell vous accroche immédiatement par sa langue et son écriture vive et directe. Unité de temps, unité, de lieu.

Simon, en à peine quelques semaines, va faire le grand saut, quitter l’enfance pour découvrir que ses parents sont des êtres humains comme les autres, que les adultes font ce qu’ils peuvent, se débattent et se cognent, mais peut-on vivre sans se blesser ?

Belfond a eu la très bonne idée de rééditer ce roman paru en 1983,Padgett Powell possède la langue d’aujourd’hui, trente ans après le livre semble très actuel, et il a l’extrême élégance de remplir sa prose de tendresse et d’optimisme,  ce qui par les temps qui courent ne peut pas faire de mal.

 ( Merci à Michel pour sa nouvelle chronique)