elixir

Éric-Emmanuel Schmitt, je vous en ai parlé plusieurs fois sur ce blog, et j'ai même une petite affection pour lui depuis que j'ai eu la chance d'aller l'interviewer à une époque où j'avais un peu moins l'habitude que maintenant d'aller interroger les personnalités de la culture(bon, j'arrête de me la raconter, j'en interroge quand même pas tous les jours non plus, faut pas déconner).

Depuis cette rencontre, le type n'a pas changé de rythme, il continue de pondre quantités de pièces de théatre, nouvelles, romans et scénarios de film à un rythme qui ravit ses-nombreux- admirateurs et irrite ses détracteurs. Il est vrai qu''Éric-Emmanuel Schmitt,  certainement un peu trop victime de son succès interplanétaire (c'est simplement l'auteur contemporain français le plus lu dans le monde), et de la pression inhérente à son triomphe, et certainement également accaparé par ses multiples activités annexes, donne quand même ce sentiment de bacler  un peu trop ses productions au risque de flirter avec les facilités d'écriture. 

Après avoir lu une de ses dernières oeuvres, Ces deux monsieurs de Bruxelles, je me suis plongé dans son dernier roman en date, L'elixir d'amour, paru chez Albin Michel il ya quelques semaines seulement.

Dans ce livre, Schmitt explore, comme il l'a souvent fait dans des oeuvres précédentes, les sentiments amoureux, à l'aune de la question de l'attirance reliant deux personnages, en se demandant si l'amour est quelque chose que l'on peut ou non provoquer.

Assez jubilatoire dans sa forme, cet échange de courriers éléctroniques entre deux anciens amants, désormais séparés par un océan séduit aussi par son écriture: il faut dire que  l'homme manie toujours aussi bien le sens de la formule et du bon mot.

Un gros regret cependant à la lecture de cet Exilir d'amour : le roman est vraiment trop  vite lu, et se rapproche finalement plus de la nouvelle que du roman ( comme c'est pourtant indiqué sur la couverture). J'ai à peine eu le temps de tremper mes lèvres dans cet elixir d'amour que s'inscrivait déjà la mot fin..

Bref, avec sa nouvelle production, E.E Schmitt ne fait que confirmer le sentiment que j'avais déjà le concernant : celui d'un type terriblement doué avec sa plume, mais qui à force de trop écrire, donne toujours ce sentiment d'expedier un tout petit peu trop vite ses productions littéraires.