BIRD_PEOPLE photo7_Archipel 35Lors de ma chronique de mardi dernier sur le film Black Coal, je vous disais que parfois, j'acceptais volontiers qu'un film ne me donne pas toutes les clés pour l'appréhender du moment que j'étais pris par son univers et sa mise en scène, et que à d'autres moments, ce principe s'appliquait de façon un poil moins rigoureuse.

Avec "Bird People", le nouveau film de Pascale Ferran- une réalisatrice que beaucoup de cinéphiles adorent mais dont le cinéma m'a laissé toujours un peu de marbre, car un peu trop désincarné et trop cérébral, j'avoue me ranger plutôt un peu dans la seconde catégorie.

Voilà en effet une oeuvre profondément poétique et mélancolique dont l'univers m'a souvent ému et touché, mais qui, au final, me laisse un peu sur le carreau car j'ai quand même eu l'impression de ne pas en saisir tous les tenants et aboutissants, et cela s'avère au final plus frustrant que stimulant.

Et pourtant, ca commençait très bien:  tant le début du film possède quelques analogies avec ce Gare du Nord  de Claire Simon, vu récemment et  que j'ai tellement aimé:  le même sentiment d'être dans une fourmillère de personnes anonymes qui sont seulement en transit, et le même sentiment que la cinéaste ausculte cette ville dans la ville où les gens fourmillent et ne font que passer.

BIRD_PEOPLE photo2_CaroleBethuelMais le début du film est trompeur, et d'ailleurs un des mérites du film est de nous amener dans des différentes directions, pour le moins inattendues. En effet, Pascale Ferran ne conserve pas longtemps ce point de vue de l'étude d'un microcosme, pour ne s'intéresser qu'à deux seuls personnages de cette fourmillère; la présentation de ces deux personnages composant d'ailleurs deux parties bien distinctes.

On aura tout d'abord affaire avec Gary, informaticien de la Silicon Valley, sous pression avant d’aller négocier un gros contrat à Dubaï  et dont les crises d'angoisse vont lui faire prendre une décision assez radicale.

Puis nous suivrons, dans une seconde partie, Audrey, une jeune fille qui fait des ménages dans le même hôtel où dort Gary, afin de payer ses études et qui va trouver un moyen pour le mois original de s'évader de ce quotidien peu stimulant.

Un point commun entre ces deux êtres à la dérive : cette même volonté de se libérer durablement de l'aliénation du capitalisme contemporain, deux individus en rupture de ban, qui décrochent chacun, de façon différente d'un coup de cette vie de dingue. L'idée de Pascale Ferran de comparer nos pauvres existences invisibles à la vie de petits moineaux qui luttent pour survivre est une belle idée poétique, et mettre en avant ces décors déshumanisés et pourtant construits par l’homme  est également un point de vue original qui force l'admiration.

Une fois cela dit, un petit problème se pose à la vision de ce "Bird People" :  si le film prend le temps de nous faire comprendre le poids que porte Gary sur ses épaules, on a plus de mal à bien saisir le mal être du personnage d’Anaïs Demoustier, dont la présentation est bien plus succinte.

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Bref, le film  à l'écran parait assez déséquilibré, avec une première partie qui m'a paru bien plus convaincante et passionnante que la seconde, qui m'a fait réprimer plusieurs baillements... Sans déflorer la nature de cette idée surprenante qui arrive après 1h20 de film, idée que je connaissais personnellement déjà mais qu'il vaut mieux ne pas savoir avant de le voir, je trouve qu'elle était vachement casse gueule sur le papier et qu'à l'écran, sans que cela soit ridicule ( ce qui aurait pu etre le cas, vu le budget limité de la production), on verse quand même pas dans les maladresses et les longueurs avec des  scènes qui virent au documentaire animalier peu passionnant.

Et promis je ne spoile pas, mais quand même, quel gachis d'avoir une actrice aussi géniale qu'Anais Demoustier ( comment ca, je me répète) et de la faire remplacer par un....enfin quelque chose qui est dans le titre et qui a des plumes et un bec!!

Ce second  volet, aux  visées plus  oniriques, plus poétiques , bluffant par sa réalisation technique  mais vraiment moins convaincant, laisse d'autant plus amer que la première partie m'avait vraiment paru excellente, grâce à la belle mise en scène de Pascale Ferran et l'incroyable prestation de l'américain Josh Charles ( vu dans in Treatment.  Pendant toute cette première heure, on était vraiment en pleine empathie avec ce cadre sup' d'une grande entreprise américaine qui qui largue toutes les amarres dans ce grand hôtel près de Roissy. Pascale Ferran nous fait alors assister à un véritable jeu de massacre par portables et Skype interposés (magnifique scène de rupture virtuelle), qui confère au film une mélancolie et des accents de vérités très pertinents...

Bref, voilà un film qui donne une impression un peu bancale, avec un incontestable déséquilibre qui entache un peu la bonne impression de départ. Heureusement, la bande son reste impeccable tout du long, en utilisant comme un fil rouge la javanaise de Gainsbourg, et surtout le magnifique ”Space Oddity” de David Bowie  (déjà entendue dans une belle scène de la vie révée de Walter Mitty), qui, en bande sonore d'une scène de survol de l’aéroport fait vraiment dresser les poils sur nos bras.

Au final, une oeuvre ambitieuse et interessante dans ses intentions, mais hélas un peu frustrante et pas complétement aboutie dans son résultat sur grand écran.

Bande annonce : Bird People, de Pascale Ferran

 

Grandeoiseaux

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Bref, une très riche mine d'information, qui convient tout autant aux ornithologues confirmés qu'aux novices qui souhaitent plus connaitre sur les oiseaux.