fraise_choco_integrale_couvdef-214x300Le mot de l'éditeur : Autobiographie sans fard, confession érotique à la fois crue et tendre, reportage sur la vie contemporaine à travers les continents, regard féminin sur les choses du sexe, mais avant tout bande dessinée d’une fraîcheur et d’un brio éclatants : sur tous ces plans, les deux volumes de Fraise et Chocolat (2006-2007) se sont imposés comme une référence durable. Beaucoup de jeunes et de moins jeunes ont jeté sur leur couple un regard inspiré des dessins et de l’humour d’Aurélia Aurita. Le succès exceptionnel de cette première œuvre d’une grande maîtrise formelle et narrative a transformé Chenda (« Chocolat ») et Frédéric (« Fraise ») en véritables personnages, qu’une nouvelle génération de lecteurs peut maintenant redécouvrir dans cette édition complète et enrichie d’un épilogue inédit de 36 pages.

En 2006, la parution de  la BD Fraise et chocolat, provenant d' une certaine Aurélia Aurita, jeune auteur à l'époque quasi  inconnue du milieu de la BD (elle avait tout juste sorti une BD au tirage plutôt confidentielle, Angora), a produit l'effet d'un électrochoc au sein même de ce microcosme.

Il faut dire que, pour sa première oeuvre, Miss Aurita n'a pas choisi la facilité en faisant le récit de son intimité la plus... intime... En d'autres mots, la jeune fille a décidé de mettre en scène une  femme qui lui ressemble étrangement, et dans des situations très crues

En fait, et c'est l'orginalité du propos, Aurélia appelle un chat un chat (euh on peut mettre cela au féminin si vous voyez ce que je veux dire :o) et nous dévoile sans fausse pudeur, mais non sans une certaine fraicheur et même une vraie  candeur, son histoire sentimentale et charnelle avec son compagnon et son mentor, Frédéric Boilet, auteur de dessin animé, lui plutôt reconnu dans la BDsphère.

Fraise et chocolat, qui  se décline en deux tomes publiés en un an d'intervalle, va  nous décrire par le menu détail, l'intimité de ce couple en s'arretant plus longuement que n'importe quelle BD sur leurs ébats. Dit comme cela, on pourrait penser que cette BD lorgne ouvertement du coté du vulgaire et du graveleux, mais sans doute est ce parce c'est vu par une fille, ce n'est jamais le cas. C'est frontal, certes,  car rien ou presque ne nous est épargné de leur vie sexuelle, mais le ton et le trait est tellement au diapason que les 2 tomes se lisent avec un plaisir énorme. Et le second volet, s'il reste dans la lignée du premier  va encore plus loin dans les confessions intimes, sexuelles ou non (avec notamment un beau passage sur le racisme qu'elle a pu subir en tant que fille d'immigrés cambodgiens).

Bref cette intégrale parru aux Impressions Nouvelles est une belle façon pour ceux qui l'ont raté de découvrir cette oeuvre importante de la BD féminine, même si, reconnaissons le,  l'épilogue inédit de 36 pages est un poil décevant, et ne rajoute pas grand chose à l'oeuvre initiale.