A priori, peu de points communs entre le sulfureux auteur américain des années 30, Harry Miller,  dont la correspondance  et la relationavec Anais Nin fut des plus ombrageuses et  la si délicate et tellement british Jane Austen du siècle d'avant Miller... A part sans doute le fait que ce sont deux auteurs majeurs de la littérature anglo saxonne, et surtout que deux de leurs romans viennent d'être l'objet d'une toute nouvelle publication que nous avons eu la chance de découvrir dernièrement.... 

1. Crazy Cock, une belle curiosité de l'immortel et sulfureux Henry Miller

crazy cock

4ème de couverture :
Dans le Greenwich Village interlope des années 1920, la cohabitation tourmentée d'un écrivaillon, de sa femme et de la maîtresse de celle-ci...

Écrit entre 1927 et 1931 sous le titre Lovely Lesbians, ce roman est resté inédit jusqu'en 1991, date de sa première publication chez Belfond. Sulfureux, gorgé de folie et de désespoir, Crazy Cock est une oeuvre de jeunesse audacieuse, mais aussi la clé indispensable pour décrypter l'oeuvre de l'auteur de Tropique du Cancer, Printemps noir ou encore Tropique du Capricorne.

Sulfureux, désespéré, la redécouverte d'un roman de jeunesse largement autobiographique par l'auteur de Tropique du Cancer, publié pour la première fois par Belfond en 1991 et réédité début 201 dans la Collection Belfond Vintage. 

Notreavis :

Grâce à cette excellente collection Belfond Vintage, qui remet au gout du jour des romans cultes mais un peu oublié de la littérature mondiale, Henry Miller, le sulfureux écrivain américains des générations anciennes.  Pour cette histoire, l'auteur s'est inspiré de sa propre vie et a bordé autour d'une histoire de ménage à trois que les personnages ont quelques  difficultés à maitriser. 

Nous retrouvons avec beaucoup de plaisir de lecteur l'athmosphère du New York des intellectuels des années 30, avec un cocktail  l'alcool, la drogue, sous fond de difficultés financières , qui prouve que les problèmes d'argent existaient déjà à l'époque. Harry Miller, écrivain du passé? Peut-être mais un écrivain du passé qui reste plus que jamais  toujours d'actualité.

2. Mansfield Park, du Austen comme on l'aime!!

product_9782070452477_195x320

4ème de couverture :

Fanny Price souffre d'une disgrâce majeure – Jane Austen l'annonce d'emblée – elle est pauvre. Elle n'est en outre ni jolie ni brillante, mais timide et effacée. Recueillie par charité à Mansfield Park, la splendide demeure de sir Thomas Bertram, Fanny y est négligée, voire maltraitée. Mais elle va effectuer une ascension inattendue. Et cette évolution semble reposer sur ses seuls mérites, sa rigueur, son jugement infaillible, son indépendance d'esprit.
On a dit que ce roman était l'une des œuvres majeures de la littérature occidentale, l'une des premières à se pencher sur la personnalité au sens moderne du terme. Jane Austen y excelle à confronter diverses sphères sociales, à peindre des personnages dont les qualités ne sont qu'un vernis, tandis que Fanny, sa discrète héroïne, observe, résiste et ne transige pas.

Notre avis :

Fanny, 10 ans quitte les siens pour aller vivre chez la sœur de sa mère afin de ne plus être une charge pour ses parents. A Mansfield Park, son oncle, sa tante, ses cousines, toute la famille méprisante lui fera comprendre qu’elle n’est pas de son rang. Fanny enfant de la charité, victime désignée, petite fille puis jeune femme passive et résignée,  va observer ce théâtre des vanités qu’est la bonne société anglaise au début du XIXe siècle. Fanny est la vertu faite femme, par sa droiture et sa force morale elle viendra à bout de tous les pièges et de toutes les humiliations et trouvera enfin sa place.

On ne présente plus Jane Austen, disparue en 1817 à 41ans, elle a laissé au moins trois romans majeurs : « Orgueil et préjugés » « Raison et sentiment » et « Mansfield Park » que Folio à la bonne idée de rééditer juste avant l’été.

Ses romans tout en portant un regard amusé sur la littérature sentimentale du XVIIIe siècle destiné à la bonne éducation de la Gentry, critiquent de manière assez habile l’hypocrisie cette société patriarcale. Plutôt moderne dans la description des rapports homme, femme, les fans de Jane Austen (il y en a beaucoup) la considèrent comme la pionnière du roman féministe.

S’il n’a pas l’humour et la fausse légèreté des deux autres illustres romans,  ce « Mansfield Park » reste  incontestablement un formidable instantané de l’aristocratie anglaise de l’époque avec un souffle et un romantisme assumé.