innocentes

Je sais que j'ai parfois des (mauvais) gouts un peu difficiles à 'assumer et à expliquer mais  que ce soient Angel Eyes,  Message in a Bottle ou When a Man Loves a Woman, trois mélos hollywoodiens objectivement pas très bons cinématographiquement ( et un poil sirupeux) mais qui m'avaient  fait penser un bien bon moment lorsque je les avais vus en salles lors de mes années d'étudiantes. Tous ces films ont en commun d'avoir été réalisé par un cinéaste américain d'origine sud américaine, Luis Mandoki, spécialisé dans les romances.  

Depuis une bonne dizaine d'années, j'avais perdu la trace de ce bon Luis Mandoki, mais heureusement gràce à Cinétrafic et l'opération un DVD contre une chronique, ce cinéaste s'est rappellé à mon bon souvenir avec la sortie depuis le 15 mai dernier chez  Metropolitan Filmexport d'un de ses derniers films en date, pourtant réalisé en 2004, Innocent ( ou aussi appelé Innocents Voices) et qui est un de ces nombreux DTV ( direct to video) qui fleurissent chaque année.

Inspiré par l’histoire vraie du scénariste Oscar Torres, ce film qui a obtenu l'Ours de verre au Berlin International Film Festival 2005,tranche pourtant avec les mélos de commande dont il était le spécialiste,car il est ici dans une veine plus sérieuse, plus intime, sans stars hollywoodienne. Cependant, disons le tout net, paradoxalement, j'avoue avoir eu plus de plaisir à visionner ses films moins personnels.

En suivant l’histoire d’un enfant de 11 ans, Chava, au Salvador dans les années 80, alors que le pays est agité par des tensions internes et les forces armées gouvernementales sont en lutte contre les rebelles du FMLN et que l’armée enrôle dans ses troupes des enfants dès l’âge de 12 ans, on est à la fois dans le récit iniatique et le portrait d'un pays en guerre, mais ni l'un ni l'autre ne m'a semblé bien passionnant à suivre.

Innocent est un film honnête et sincère,  vu à travers les yeux de ce jeune garçon qui va peu à peu perdre ses illusions et acquérir des convictions politiques ( contre le gouvernement et pour les guérillos), mais malheureusement, jamais il ne surprend et va au delà de son programme de départ. Le scénario, manichéen et ultra convenu reste sur les rails,   '

Innocent manque aussi vraiment trop de profondeur, sans jamais à comprendre et analyser les raisons  profondes qui ont entrainé ces 12 années  de guerre civile au Salvador du début des années 1980, une guerre civile que les occidentaux connaissent pourtant bien mal. Plus interessant est les allures de réquisitoire sévère, mais juste de la guerre et de l'implication des États-Unis  dans cette guerre civile, même si cette partie là est également trop superficiellement traitée, à l'image de tout le film.

Innocent (VF)

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