jane_campion_par_jane_campion_1e_re_de_couverture_light-349adNée en 1954 à Wellington, Jane Campion est bien évidemment connue comme étant l'unique réalisatrice à avoir décroché la Palme d’Or avec “La leçon de piano”, Palme d’Or en 1993, Mais c'est aussi la seule cinéaste de la Croisette - hommes et femmes confondus - à avoir été récompensée à la fois dans la catégorie court et long-métrage.

Personnalité indépendante et anticonformiste, Campion est notamment connue pour avoir plaidé sans cesse la cause du cinéma féminin, et son œuvre a été marquée par une impressionnante galerie de personnages féminins marginaux et déterminés, aux prises avec les carcans de leurs époques.

Si j'ai déjà parlé plusieurs fois de cette cinéaste hors du commun pour plusieurs raisons ( voir ma chronique ici  même de sa série Top of the Lake),  j'ai eu l'occasion d'approfondir encore de façon très très poussée ma connaissance de cette cinéaste grâce au (très) beau livre  paru en mai dernier, à l'occasion du dernier festival de Cannes, Jane Campion par Jane Campion que Michel Ciment est venu présenter le wek end dernier à L'institut Lumière à l'occasion d'une retrospective sur un week end de l'oeuvre de Miss Campion .

Ce livre paru aux éditions du Cahiers du Cinéma (étonnant  alliage vu que Michel Ciment est un le rédacteur en chef historique de la revue concurrente, Poisitf) propose  en effet de poser un regard unique sur le processus créatif de l’un des plus grands metteurs en scène contemporains, à travers une série d’entretiens réalisés de ses débuts à ses projets les plus récents, et l'on s'auperçoit au fil de ces rencontres que Jane Campion reste une brillante théoricienne de son cinéma,  aux thémathiques qui varient peu au fil des années. 

Ce livre est donc la collection complète de ces entretiens, agrémentés d'une analyse très poussée de chacun de ses film, et  en ajoutant une iconographie idoine. Chronologiquement organisés, film par film, les entretiens sont illustrés par des photographies de tournage et de plateau, ainsi que par des scripts annotés, des storyboards et des documents personnels confiés par Jane Campion.

Michel Ciment ne propose que des entretiens menés au moment de la première sortie du film et non rétrospectifs. Ces entretiens couvrent toutes les étapes de la carrière jusqu'à Top of The lake, qui est ici analysée avec une pertinence et une acuité absolument renversante.

Toujours en admiration avec la réalisatrice, le livre pourrait frôler l'hagiographie mais cela pourrait être le cas si les questions de Ciment  n'étaient pas aussi intelligentes et poussées. Des questions qui permettent des éclairages assez vifs sur les raisons de certains choix, qu'ils engagent la direction d'un film dans son entier ou des points de détail.

L'ouvrage est donc une mine de textes et de conversation passionnante, mais évidemment il frappe aussi par la grande qualité des photos .

Jane Campion est effectivement avant tout   une artiste  au fort univers visuel et poétique, d'où plus de 280 photos vraiment triés sur le volet.  Les photos sont de qualité générale assez excellente, avec notamment une fort belle restitution de couleur, même pour les photos tirés de coulisses de tournage.

Au total, un album superbe, qui propose une approche originale et on ne peut plus complète sur une cinéaste qui comptera forcément dans les décennies à venir parmi les grandes cinéastes mondiales, qu'on soit ou non en admiration complète devant son oeuvre!!