audience

Quatrième de couverture :

Dans une petite ville du Texas, une jeune enseignante, mère de trois enfants, attend en silence le verdict de son procès.

Qu’a-t-elle fait pour être traînée en justice, et risquer cinq ans de prison ferme ?

Elle a entretenu des rapports sexuels avec quatre de ses élèves, tous majeurs. Un crime passible d’emprisonnement au Texas, depuis 2003.

Mais pourquoi l’accusée, Deborah Aunus, s’obstine-t-elle à se taire ? Pourquoi son mari, combattant en Afghanistan, se montre-t-il si compréhensif ? Pourquoi les déclarations de sa mère l’accablent-elles ?

 Au fil d’un récit implacable, écrit d’une pointe sèche et précise, Oriane Jeancourt Galignani tient le journal de cet ahurissant procès où la vie privée d’une femme est livrée en pâture à la vindicte populaire, et sa liberté sexuelle pointée comme l’ennemie d’une société ultra puritaine. Construit à partir d’un fait divers qui a bouleversé l’Amérique, ce huis-clos haletant donne lieu à un roman aussi cru que dérangeant. 

 Oriane Jeancourt Galignani, pour L’audience, est sélectionnée pour le Prix littéraire du 2ème roman du Festival de Laval 2015 et pour le Prix des Libraires 2015.

Notre avis :

Comme le titre l'indique, ce livre d'Oriane Jeancourt Galignani, journaliste de Transfuge, également (jolie et talentueuse) chroniqueuse littéraire à l'émission le Cercle (lorsque celle ci parlait encore de bouquins), nous relate le compte rendu d'un procès,celui d’une jeune femme qui a commis l’incroyable crime de coucher avec quatre de ses élèves majeurs, un fait divers qui a fait, en 2011, grand bruit dans toute l’Amérique. L’audience est le récit du procès, avec quelques retours sur le passé pour comprendre ce que les jurés ne peuvent percevoir.

L'auteur dissèque ce procès de façon froide presque clinique, et parvient à se focaliser sur les intérêts respectifs des différents acteurs peuvent en tirer aux dépens d’une pauvre femme qui se laisse dévorer par tous les ogres du prétoire, des médias et de la foule des curieux

 Par un style (un peu trop?) sec et précis, l'auteur ne nous cache rien du puritanisme américain, du fonctionnement de la justice avec des hommes de loi dont les perspectives de carrière semblent primer sur l'intérêt des accusés.

 On est certes un peu déçu que le personnage central de Deborah trop passif, trop mutique  (son inertie lors du procès la rend assez opaque), échappe du coup un peu au lecteur, mais  on ne peut que s'incliner devant le talent d' Oriane Jeancourt Galignani à nous plonger dans un univers dans lequel tout semble écrit à l'avance, tant les gens qui y habitent semblent contraints de respecter une norme sociale élaborée  à l'avance par les WASP.

Un roman un peu froid mais intelligent et qui pousse à la réflexion, donc à lire sans hésiter.