deep winter

 “ Bon Dieu, je déteste cette ville. J’aurais dû partir après le lycée, quand j’en avais l’occasion. Peut-être quand maman ne sera plus là. »

Dans les profondeurs de l’hiver, dans les profondeurs de la nuit, une femme est violemment assassinée le jour de ses quarante ans. C’est Danny, le doux géant qui découvre le corps. Danny dont l’esprit reste à jamais verrouillé par un accident, qui couta la vie à ses parents, survenu alors qu’il n’avait pas sept ans. Danny sait bien que c’est Sokowsky et Carl, son pote de beuverie, qui ont tué Mindy. Mais Danny ne sait pas expliquer, ne sait pas raconter. Il ne comprend pas pourquoi le sheriff le pense coupable, alors il fuit dans la nuit glacée.

Ouf… ! Voila le type de bouquin qu'une fois entamé, on se retrouve dans l'impossibilité totale de le lâcher….Dès que vous aurez fait la connaissance de Danny, Mindy, Sokowsky, Lester, Carl ou Taggart, les protagonistes de cette sombre histoire, vous ne pourrez plus vous arrêtez de tourner les pages.

Sommes-nous dans les années cinquante, Quatre-vingt, ou au tout début du XXe siècle ? Une chose est sûre, nous sommes dans l’Amérique profonde où le temps semble figé, figé comme la vie des antihéros qui peuplent cette minuscule ville de Pennsylvanie.

Frustrations, espoirs déçus, fatalité mais aussi, heureusement, des éclairs d’humanité parcourent ce polar dense, noir et profond comme un tableau de Soulages. Le froid, la peur, la glace et la boue, Il y a une telle  épaisseur dans l’écriture que la lecture devient physique.

Jim Thomson et Charles Bukowski, ont trouvés leur héritier, il ne reste plus qu’aux frères Coen ou à William Friedkin à porter cet opéra tragique à l’écran.

Chronique de Michel D.