fragmentsQuatrième de couverture :

Quand François Bon s’attaque à l’exercice de l’abécédaire, il l’ouvre par un « Abandon » et le signe, du bout de son clavier, d’un « Z ». Entre les deux, il affronte, et déconstruit, et explore les 26 lettres pour délivrer au total 154 entrées. C’est l’avancée par prolifération. La pensée qui, confrontée à chaque nouveau terme, se déploie. Attente, Bord, Cheval, Cri, Double, Escalier, Futur, Je, Koala, Lire, Machines, Musique, Réalité, Roue, Sandwich, Table sont autant d’entrées sur la planète Bon. Les mots apparaissent comme les pièces d’un puzzle tentaculaire : vue plongeante sur le monde enfoui de l’auteur. 

La citation :

« Comme elle fascine, parfois, la vitre brisée qui n’est pas tombée. Ou l’autre, au contraire, là sur le trottoir, brisée. La place du mot dans la phrase bascule la façon dont cela appelle ce qu’ainsi tu portes brisé à l’intérieur de toi ».

 Ce que j'en pense : 

Vingt-six, c’est le titre d’une toute nouvelle collection des éditions Grasset, qui propose à des écrivains contemporains d’élaborer un abécédaire personnel, avec pour seule contrainte l’ordre alphabétique des entrées. Après François Bégaudeau et Yves Michaud, c’est à François Bon, romancier journaliste essayiste dont j'avais lu et adoré  la passionnante biographie des Rolling Stones  de se frotter à l’exercice.
Avec ces Fragments du dedans, François Bon aborde des thèmes qui lui sont chers, et brosse de lui-même un portrait en creux profondément intime .

Comme pour son dernier essai publié il y a deux ans,  Autobiographie des objets (que j’avais chroniqué ici même), le livre s’est d’abord écrit en ligne, sur tierslivre.net, son laboratoire d’écriture depuis 1997.

Certaines entrées, de ville à roman, en passant par lampe ou machines, se résument à quelques lignes, tandis que d’autres occupent plusieurs pages, mais toutes témoignent de ce gout prononcé pour François Bon pour la langue française et  sa belle capacité à jouer avec les mots pour un exercice délicat mais parfaitement réussi.

Bref, on peut dire que sur ce coup là, il a tout bon, François!!! (oui je sais, elle est moyenne celle là :o)