le cercle

Dans les sorties cinéma de la semaine prochaine, jetons un oeil sur un film à la sortie confidentielle, mais qui vaut assurément le détour, du film, Le Cercle qui n'est pas que le nom d'une émission sur Canal plus dont je ne rate aucune semaine, mais d'un long métrage suisse  qui fut projeté pour la première fois dans le cadre de la section Panorama du festival de Berlin 2014 où il a remporté à la fois le Teddy Award et le prix du public.

Ce film se passe dans la scène gay zurichoise des années 1950 et 60 et traite du thème de l’émancipation des homosexuels en mêlant documentaire et fiction.

Le Cercle, ce fut d’abord le nom d’un magazine et d’un club underground, fondés au début des années 40 à Zurich. A cette époque, la ville suisse est alors considérée comme une Mecque gay. Une oasis qui, si l’on se réunit toujours incognito dans des locaux discrets, donne la sensation de bénéficier du côté cosmopolite de New York.

Comme pour "la Duchesse de Varsovie", dont j'ai parlé il y a tout juste une semaine , Le Cercle est un film très ambitieux sur le papier, puisqu'il  mélange documentaire et fiction d’une manière bien particulière, montant en parallèle interviews des protagonistes vieillissants et reconstitution en costume des scènes-clés de cette histoire. Ces scènes de  fictions  s’attardent en particulier sur l’amour naissant entre Ernst, timide professeur dans le placard, et la drag-queen Röbi. Ernst Ostertag et Röbi Rapp en fait ont vraiment existé, et  ce sont eux en personne qui racontent face caméra leur rencontre à la fin des années 1950 jusqu'à leur vie d'aujourd’hui, puisque le couple est toujours ensemble. 

cercleErnst, fils de bonne famille zurichoise, travaille comme enseignant dans un collège de jeunes filles et cache son identité sexuelle à la fois aux siens et à ses collègues. Venu d’une pauvre famille allemande émigrée, Röbi, un jeune coiffeur qui aime se chanter et se déguiser en femme fatale au cabaret, est par contre soutenu par sa mère qui lui taille de flamboyant costumes.

Avec pas mal de sensibilité, le réalisateur mélange la fiction, le documentaire et les documents d’archives, au risque de parfois nous perdre entre réalité et fiction et à travers les époques.

Si certaines de ces scènes de fiction ne sonnent pas toujours justes, le film a le mérite de nous décrire, à travers l’histoire de ce cercle, l’attitude d’abord libérale, puis soudainement répressive de la police zurichoise à l’égard des homosexuels.

Original et sensible, le Cercle, de Stephen Haubt, est donc à distinguer parmi les nombreuses sorties cinéma de début mars.


Le Cercle de Stefan Haupt - Bande-Annonce... par Outplay