vinrec_9686_c_laurent_thurin_nalVous avez du le remarquer si vous êtes un fidèle lecteur de ce blog: j'ai de plus en plus de scrupules à dire du mal d'un film que je n'ai pas aimé, et  tandis qu'au début de mon site, je consacrais une rubrique hebdomadaire aux coups de griffe cinéma, désormais,  je réserve un sort différent aux  films qui ne m'ont pas convaincu : soit je n'en parle pas du tout (ainsi, "Sous les Jupes des filles" et "le coeur des hommes 3", de vrais gros nanars, sont passés à la trappe de ma plume), soit j'essaie de trouver pas mal de qualités en compensation, soit je fais une critique pas très positive, mais je la contrebalance avec un lien vers une autre critique plus favorable que la mienne.

J'ai d'autant plus d'états d'âme à lyncher une oeuvre et à être peu tendre avec elle  lorsque le long métrage en question  est ce qu'on "appelle "un petit film", c'est à dire fait avec très peu de moyens et ne bénéficiant pas d'une promotion lui permettant d'avoir un public bien défini au départ.

Bref, tout ce long préambule pour expliquer mon malaise devant la projection en avant première fin janvier,  au Comoedia d'un  premier long métrage "Vincent n’a pas d’écailles" de Thomas Salvador qui était pourtant précédé d'une très flatteuse réputation et qui m'a pourtant laissé assez circonspect pendant toute la projection du film.

C'est un film que j'avais très envie de défendre, j'avais même lancé un jeu concours pour soutenir sa sortie, tant j'étais convaincu que le film, présenté  avec grand succès dans un grand nombre de festivals, avait tout pour me séduire et même m'épater.

Or, si Vincent n'a pas d'écailles part d'une excellente idée, à travers un personnage de super héros qui possède un pouvoir (celui d'avoir des forces décuplées au contacte de l'eau) dont il ne veut rien faire,  malheureusement, le film illustre la démonstration qu'une bonne idée, si elle n'est pas plus développée fait souvent un bon court métrage  mais assurément pas un bon long métrage, et finit souvent par plonger le spectateur dans l'ennui.

Et malheureusement c'est ce qui arrive ici tant Salvador, qui avait jusqu'à présent réalisé un certain nombre de courts métrages qui avaient bien marché, ne semble ne pas savoir quoi faire de sa belle idée de départ, et si le film dure 1 h 18, il m'a semblé trois fois plus long que des films de plus de 2 heures, comme "Mommy" ou bien d'autres...

Le film est cantonné dans un minimalisme tellement flagrant (très peu d'histoire, de dialogues, de rebondissements, d'humour, d'émotion, de situations crédibles), qu'on a pas grand chose à quoi se raccrocher, à part les très beaux paysages de lacs et de montagnes et la  trop courte présence de la sublime Vimala Pons.

"Vincent n'a pas d'écailles" ne dépasse jamais le stade du film concept, et on se retrouve très loin du film qui détournerait les codes du genre du super héros comme j'avais pu le lire ici et là.

Ce peu d’idées dans la mise en place d’une intrigue transparait à l’écran par une répétition de scènes purement accessoires et nous achève dans une longue course poursuite sans dialogues et sans enjeu véritable. J'ai hélas pas mal pensé pendant la projection du film au cinéma d'Alain Guiraudie, un cinéaste énormément encensé par la presse insitutionnalisée, mais qui moi, m'a toujours profondément ennuyé, voire agacé.

Cela dit, concernant "Vincent n'a pas d'écailles" est un film qui m'a finalement rendu plus triste (c'est ça les films français originaux et novateurs que la presse défend becs et ongles??) qu'enervé.

Mais  comme j'ai dit au début de ma chronique que je n'ai pas pour volonté, concernant des films à faible budgets de ne vous laisser qu"avec un seul son de cloche, ainsi, j'ai eu envie de vous laisser le commentaire d'une de mes lectrices, Isabelle, qui m'a laissé un mail, pensant que comme j'avais défendu le film avec ce billet concours, je l'aimais aussi énormément (sauf que hélas non) :

"Je reviens du cinéma et j'ai trouvé le film vraiment attachant et plein de charme et rien que pour ça je trouve qu'il mérite bien la moyenne. On aurait sans doute pu faire mieux, plus, avec cette belle idée et même avec un budget au ras des pâquerettes. Mais j'ai trouvé au film une belle fraîcheur, de la poésie même oserais-je dire et je peux vraiment dire que j'ai passé 1h20 vraiment agréable dans ces paysages que j'ai maintenant furieusement envie d'aller visiter ! Il faut juste y aller sans aucun a priori et ne pas s'attendre à voir un film de super héros au sens où on l'entend habituellement..."

Du coup, merci  beaucoup, Isabelle, pour ce bel enthousiasme autour de ce film qui me donnerait (presque) envie d'y retourner pour voir si je suis toujours aussi ronchon ou si je peux me laisser porter par la poésie de ce film que j'avais eu un peu de mal à trouver, j'avoue...