Une petite revue de 3 livres étranger sortis à la rentrée de septembre 2014 .

Et oui, il nous en restait encore un petit nombre à lire,malgré la rentrée de janvier qui est passée par là depuis : heureusement, quelques bienheureux contributeurs sont venus à mon secours) et parmi elles, trois perles de littérature, qui, chacune dans leur genre ont vraiment retenu particulièrement notre attention  :

 1.La mer les emportera de Nick Dybek ( editions presses de la cité)

mer

"Loyalty Island, c'était la puanteur des harengs, de la peinture au nickel, du varech qui pourrissait sur les amarres et les plages".

Jusqu'où peut on aller pour garder son travail et assurer sa survie ?   Cette question se pose aux pêcheurs de Loyalty Island lorsque le propriétaire des bateaux et de tout le matériel meurt,  laissant pour unique héritier son fils,  qui envisage fortement de se débarrasser de tout en vendant à l'étranger.  A quoi vont se résoudre les pêcheurs ?  Au meurtre ?  Peut etre pire encore ?   Le narrateur se trouvera face à un effroyable dilemne que nous ne saurions l'aider à résoudre. 

Voilà un beau romen, juste et sensible qui parvient parfaitement à sonder les liens pouvant se tisser entre des hommes soumis à de certaines conditions, à une certaine tension.

La mer les emportera est un roman passionnant,  il nous prouve une fois de plus que derrière chaque honnete homme peut se cacher un bourreau,  et que la vie change tout etre humain.

 2. L’homme provisoire   ;   Sébastian Barry (ed Joelle Losfeld)

homme provisoire

« J’essayais de comprendre l’histoire de mon mariage. Je l’observais et je tentais de trier et de classer les périodes qui se succédaient. Une cloche se mit à tinter en moi, une cloche au timbre grave, sonnant et revêtant une signification épouvantable en même temps qu’irréfutable. Mai McNulty, sa vie effacée en même temps qu’elle la vivait, une sorte de Vie dans la Mort et de Mort dans la  Vie « entièrement de ta faute, entièrement de ta faute », sonnait la cloche. 

Voyage entre l’Irlande et l’Afrique juste avant la décolonisation. Notre guide est Jack McNutty un homme ordinaire, avec quelques défauts, notamment un sacré penchant pour le whisky. Dans sa maison d’Accra au Ghana, quand ce pays était une colonie britannique et s’appelait encore Côte de L’Or, Jack écrit ses mémoires sous le regard bienveillant de Tom son majordome africain. Evidemment lorsque l’on s’est battu pour l’indépendance de l’Irlande, que l’on a été ingénieur dans les colonies, officier dans l’armée de sa gracieuse majesté, observateur à l’ONU on a beaucoup de chose à raconter et lorsque l’on a épousé la plus joli fille de sa ville natale, forcément à l’heure des bilans on vit très mal de n’avoir pas pu la rendre heureuse.L’alcool est un poison qui désagrège les gens qui s’aiment

Une sacrée belle histoire d’amour d’une infinie tristesse. Sébastien Barry pose un regard profondément humaniste sur ce couple si mal assorti témoin des conflits qui ont enflammé le XXe siècle, colonisation, décolonisation et seconde guerre mondiale. « L’homme provisoire »est un formidable roman modeste et ambitieux, modeste par le style et la narration, jamais le romancier ne se laisse emporter par le « m’as-tu vu quand j’écris » et ambitieux par l’ampleur de la fresque historique. Un roman parfait.

3. Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre; Shani  Boianjiu ( ed Robert Laffont)

qqd'autre

"Elle appelle les autres recrues mes amies. Je déteste ça. Ce sont des soldats. Pas des amies. Même ma mère me l'a dit : Tu ne vas pas à l'armée pour te faire des amies. Ne sois pas dupe".

 Camarades de classe depuis l'école primaire, trois jeunes Israéliennes fantasques cherchent des dérivatifs à leur ennui dans un village près de la frontière ou rien ne se passe, sinon le pire. Sarcastique et autoritaire, Léa donne les règles du jeu, entraînant l'espiègle Yaël et la sombre Avishag. La fin de leur scolarité signe la fin de leur insouciance. Propulsées dès dix-huit ans dans le monde monotone et brutal de l'armée pour effectuer leur service militaire, elles se collettent avec toute la violence d'un pays en état d'alerte permanent.

Léa est postée à un checkpoint en Cisjordanie, Avishag sert dans une unité de combat chargée de surveiller la frontière égyptienne et Yaël entraîne les soldats au maniement des armes. Chacune tente de traverser à sa manière ces terribles années. Portrait implacable d'une génération perturbée, ce roman initiatique met en lumière la difficulté universelle d'être jeune et de forger son identité.

Voilà un livre intéressant à double titre. Ecrit par une jeune auteure israélienne dont c'est le formidable premier roman,  il nous permet de suivre trois jeunes filles au cours de leurs deux années de service militaire obligagtoire, il est aussi un document sur l' armée  d' israel,  ses règles, et son machisme.  

Nous partageons les doutes,  les ambitions et les coups de coeur des trois jeunes filles et leur retour à la vie civile, marqué par leur expérience.       Les guerres que connait le pays,   les crises politiques et les tragédies qu'elles entrainent pour les israéliens et les palestiniens sont évoquées avec subtilité et sans porter de jugement.

Bref, ce livre émouvant et instructif à la fois est un plaisir à la lecture et une source d'enrichissement et de culture.